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Et plus loin : « Est etiam fabulosa arteriæ ob respirationem divisura, quam laryngotoniam vocant, et quæ a nullo sit antiquorum tradita, sed caducâ atque temeraria Asclepiadis inventione aflirmata. »
Ce serait un crime de la pratiquer, selon lui, et un crime si grave, qu'il dit: « ne tantum scelus angustâ oratione dammemus ; libris quos de adjutoriis samus scripturi, respondebimus. (Op. cital). »
Arétée exprime ainsi son opinion sur cette opération : « At quicumque strangulationem ab angina verentes, quo laxius spiritus duceretur, arteriam secuerunt, non sane experimento rem comprobasse videntur ; quippe caliditas inflammationis major, ex vulnere efficitur, strangulationem adauget, tussimque commovet; quin etiam si alioqui periculum evaserint, vulneris oræ in unum coalescere nequeunt; ambæ enim cartilaginæ, atque inter se inglutinabiles sunt, » (Aretoi Acutorum morborum, lib, v, cap. vi, p. 96.)
Le premier chirurgien dont on connaisse la méthode d'opérer est Antylus, dont le manuel opératoire a été décrit minutieusement par Paul d'Egine, qui vivait avant le milieu du vu‘ siècle.
« Chirurgicorum optimi hanc quoque manueuum curationem discripserunt. Antylus igitur tradit.…. iniis, qui circa os et mentum inflammationem experiuntur, aut etiam tonsillis, quæ faucium os operiunt, nullâ laborante arteriâ, non alienum est, quo strangulationis periculum evitetur, gutturis incisione uti. Mox quum in opere sumus, infra gutturis aput spatio trium ipsius aut quatuor orbium partem quamdam asperæ ateriæ (tota enim dividi sine periculo nequit) amputabimus. Nam hic locus est accomodus, tum quod excarnis sit, tum quod vasa procul a parte divisà distent. Reflexo itaque in postèriorem partem ægrotantis capite ut guttur
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maniféslius in conspectum véniaf, transversà Jineâ inter duos circulos ipsum incidemus, ‘ut cartilagine intactà membrana tantum cartilagines involvens, discindatur. Quod si quis meticulosior in hoc opere fuerit, in uno is cutem elevatam prius dividet ; postéa sic gultur ipsum agressus, vasis Omnibus, si forte occurant prœterilis, sectionem faciat. Hactenus Antyllus conjectabat autem is gutturis insionem, tum ex spiritus quodam cum murmure eruptione, {um ex vocis interruptione. » Hi
« Pauli Æginctæ. Lib. vi, Cap. xxx, p. 872, » (Ed. 1538.) |
À la chute de l'Empire d'Orient, les sciences passèrent des Grecs aux Arabes. L'opération de la bronchotomie était connue d'eux mais il ne semblent pas l'avoir pratiquée.
Rhazès disait qu'il ne fallait opérer que lorsque le malade était menacé de mort. « Nisi quam mos fuerit, indicata. »
Mesné disait que la cure par ce.moyen lui semblait bien difficile.
Avricenne a dit de même qu'on ne doit inciser que dans les plus violentes esquinancies, quand les médicaments n’ont produit aucun effet et que la mort semble proche. « Quumque ‘synancesus vehementiores fiant et non valent medicinæ, et ‘creditur quod perditio futura sit, illud per quod. speratur evasio est aperlio cannæ, vel epiglottis, supple inter duos annu- “as taliteratites quod possit anhelare dimittendo per tres dies et non ultra ; etex causa quæ dicitur infra donec transierit œgritudinis malitia, et postea suatur et incarnetur. »
Albucasis nous apprend que de son temps et dans son pays nul n'aurait pratiqué la bronchotomie. « Memoraverunt cantrutiqui de hac insisione in Jaryngâ et non novialiquemin ‘regione nostra, qui eam fecerit, ob inexperientiam etinfamiæ inetum. » (De chirürgia, lib. sect. 433) *
Î rapporte un cas de plaie à la gorge heureusement guérie et termine ainsi: « Hine dicamus, quod sectio laryngis est sine periculo si deus voluerit. »
Avenzoar expérimente l'opération sur une chèvre et conclut du succès que ces plaies ne sont point mortelles.
Au moyen-âge on n'avait point oublié la bronchotomie, mais ce n'était qu'une sorte de souvenir historique.
Guy de Chauliac, qui représente si bien cette époque, ne fait que rappeler ce qu'avaient dit les Arabes (Arirenne, Albucasis et Avenzoar, de la possibilité de l'opération, et c’est d'ailleurs dans son ouvrage. (Chirurgia Guidonis de Cauliaco, Hb. 1, trait. un, doctr. 11, p. 73), 1537, que nous trouvons consignées les opinions ci-dessus énoncées par les Arabes.
Ambroise Paré conseille aussi l'opération dans l’angine avec suffocation, mais il ne l’a jamais pratiquée.
Ch. 1v des glandules et amygdales engrossies et luméfiées.
« Si le malade est en danger de mort, pour ne pouvoir respirer, afin d'éviter tel péril, faut faire incision à la trachée-artère, appelée vulgairement la canne du poulmon, au dessus du nœud de la gorge. Or, on peut faire hardiment l'incision en ce lieu, parce que les veines et artères jugulaires en sont éloignées, joint aussi qu'il y a peu de chair en ce lieu et pour bien faire... son procédé opératoire n'est autre que celui de Paul d'Egine, dont il est le fidèle traduc teur dans ce chapitre. »
A la suite, il ajoute avec étonnement quelques observations de plaie dela trachée et du cou heureusement guéris. «J'ai pansé quelques-uns auxquels grande portion dela tracliée était coupée et mêmement aucuns de ses anneaux cartilagineux, qui ont été guéris, » (Amb. Paré Ed. Malgaigne
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Jacques Houiller, mort en 1562, recommande aussi la trachéotomie dans le cas d’angine suffocante « quod si his artibus nihil proficimus, utimur auxilio Aselépiadis », ( De morbis int. cap. XXII.)
Avec la Renaissance, la trachéotomie apparaît sous un nouveau jour.
Fabricio d'Acquapedente (1), professeur à Padoue, dans un remarquable article sur la question, cite l'opinion des arabes et convient que leurs écrits ont inspiré aux chirurgiens plus modernes, une timidité dont lui-même n'a pas été exempt. « Et moi-même à leur imitation, ne l'ai jamais faite. » Il la recommande chaleureusement. « Entre toutes les opérations de chirurgie, dit-il, j'ai toujours tenu celle-là pour la principale, qui donne une prompte guérison à ceux qui sont sur le point de mourir, ce qui rend le médecin entièrement semblable à un Esculape. Or, de cette sorte est l'ouverture de la trachée-artère, etc. »
Il en précise les indications. « Il faut faire ladite laryngotomie, quand il y a inflammation ou en la bouche ou sous le menton, ou aux amygdales, ou à la luette, ou au gosier, ou au larynx, qui soit si grande qu’elle bouche entièrement e conduit de la trachée-artère, pourvu néanmoins que tous ses bronchies ne soient pas remplis de matière »..… « Il n'y a rien à craindre en l’incision de la trachée-artère, pourvu que celui qui fait l’incision entende bien l'anatomie, parce que sous un tel médecin et ouvrier, tout se fait avec assurance et fort heureux succès. »
Pour le procédé opératoire, il rejette l’incision traversale de Paul d'Egine, car: 1° on risque fort de sectionner quelque veine et d'amener une hémorragie ; 2 la section
. (4) FABRICIO D'ACQUAPÉDENTE. — (Œuvres chirurgicales, part. Il, ch. xLIv, édit. 1666, à
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des muscles peut être suivie d’inflammations et de convulsions, selon Galien ; 3° tandis que la peau est dessus, les trois ou quatre cercles où anneaux de la trachée-artère ne se peuvent discerner »,et conseille l’incision longitudinale pour la peau et les muscles, et transversale pour la trachée.
« Avant donc auparavant situé le malade (1), il faut marquer, avec une plume et de l'encre, un ligne droite selon la longueur et par le milieu de la partie antérieure du col, presque jusqu'à la fossette de la fagoüe..….
« Chercher le lieu membraneux entre le troisième et quatrième espace cartilagineux (lequel se trouve le plus souvent distant du larynx, de la largeur d’un travers de pouce). Le marquer avec de l'encre d’un trait de plume en travers (c'est là que doit être le terme supérieur de l'in- CISiOn).
Puis, ayant fait prendre à un des serviteurs la peau de çà et de là avec ses doigts, nous la couperons tout le long de la ligne auparavant marquée.
Après, nous relirons et écartons la peau de côté et d'autre avec les doigts ou avec le bout large de léprou-
vette, ou un crochet mousse, et nous remarquons une certaine ligne blanche qui sépare les deux muscles couchés sur la trachée. Puis il faut, par une incision faite en long, séparer les muscles de l’autre et reculer lesdits muscles, par le moyen d'un crochet mousse, car, ainsi, le corps de la trachée-artère paraîtra incontinent, lequel paraissant, il faut faire l’incision en travers entre deux anneaux et fourrer le ferrement si profond, qu'il parvienne jusqu'à la cavité de
; (1) La tête fortement renversée en arrière, et un coussin placé sous la nuque, de façon à faire saillir le cou. 4
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la trachée qui est fort proche ce que l’on connaîtra, à ce que le souffle sortira par la plaie avec bruit.
« Gela fait, il faut y mettre une petite canule à proportion du trou et qui ait des ailes pour empêcher qu'elle ne soit tirée et engouffrée en dedans par le souffle, et qu'elle soit courte pour ne pas toucher les parois internes de l'artère autrement cela exciterait la toux et ferait douleur ; et qu'elle soit droite, la figure droite est plus commode que la courbe, car la courbe peut être ébranlée par le mouvement de l'air qui pousse, laquelle il faut tenir jusqu'à ce que le danger de la suffocation soit passé, ce qui arrive ordinairement dans trois ou quatre jours (1). »
Les instruments dont on se servira, sont : ou le scalpel droit (communément appelé lancette}), ou celui qui est fait en faucille mais la lancette vaut mieux.
Casserius, élève de Fabricio, reproduit les idées de son maître, Copie son procédé opératoire qu'il s’attribue, donne les deux premières observations de trachéotomie que l’on connaisse. L'une de Musa Branavola et l’autre de Benivenius, dans lesquelles les deux malades « réduits à fa dernière extrémité par une esquinancie, furent rappelés subitement de la mort à la vie par l'ouverture de la trachée, et recommande contrairement à d'Acquapedente « l'usage d'une canule d'argent plate courbée, percée de plusieurs trous en tous sens, retenue par un fil noué derrière la nuque (2). »
Vers la même époque, Habicot, chirurgien de Paris, pratique quatre fois la trachéotomie avec succès, par des blessures du cou et de la trachée et pour des corps étrangers du pharynx et consigne ses observations dans un im-
(1) Œuvres chirurgicales de FABRIGIO D'ACQUAPEDENTE, part, II, ch. xz1v, éd. 1666.
(2) CasserIuS — De cocis et auditu organo, cap. xx.
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porlant mémoire où il trace avec beaucoup de précision le manuel opératoire tout à fait semblable d'ailleurs à celui de Fabrice d'Aquapedente. La canule est la même que celle de ce chirurgien, quant à la nature de la tente, dit-il, elle sera d'or, d'argent ou de plomb, mais, ajoute-t-il, de telle grandeur qu’elle puisse entrer en la capacilé de la trachée, etc. (1). »
Frédérie Monavius, de Stettin, copie le mémoire d'Habicot et ses observations, sans jamais citer son nom, mais n’apporte aucun fait nouveau.
Seultet d'Ulm, élève de Malavicinini, de Padoue, donne Ja pratique et les procédés de son maitre qu'il fait précéder de cette proposition « Aspera asteria in affectibus laryngis qui suffocationem minantur chirurgo anatomiæ non ignaro, tutissime perforatur (2). »
À Naples aussi, Marc-Aurèle Séverin prône, avec beaucoup d'enthousiasme , cette opération qu'il appelle « une invention divine ». Si elle est inusitée, c’est plutôt par la mollesse des chirurgiens que ‘par celle des malades et il ajoute qu’à moins d’être dépourvu de son bon sens, on ne peut, sans faire une grande faute, négliger l'usage d’un remède approuvé par tant d'auteurs et frustrer d'un si grand secours de misérables malades (3).
À Montpellier, Ranchin préconise également cette opération dans l’esquinancie, lorsque, malgré les autres moyens, les malades sont en danger de suffocation et il conseille
(1) Hagicor. — Question chirurgicale par laquelle il est démontré que le chirurgien doit assurément pratiquer l’opération de la bronchotomie, vulgo dicte laryngotomie, ou perforation de la fiûte ou tuyau des poumons.
(2) ScucrET. — Armamenta chirurgica, tab.:xvxiv,
(8) MaRG-AURÈLE SÉVERIN. — De efficacia medicina. Chir. effic. pers. TI, Cap. XL.
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d'opérer de bonne heure. « Non bonum est in talibus retardare (1) ».
Dans la même ville et à la même époque, Lazare Rivière, doyen de la faculté, se montre plus réservé et ne parle, à la fin de son chapitre sur l’esquinancie, de la trachéotomie, que par manière d'acquit. « On la pratique peu, dit-il, par crainte du blâme, si elle venait à ne pas réussir ».
Bartholin connaissait une femme opérée par Spigelius, néanmoins il émet des doutes sur l'opportunité de l’opération. « Abeû (laryngis sectione) non abhorruit nostro avo Spigelius ut superstes adhuc muliercula amicorum hospitio Patavii cognita fidem facit (2) ».
René Moreau, son élève, pratique deux fois l'opération d’après les procédés de Casserius, qu’il adopte complètement, et ses écrits ne tardent pas à persuader son maître Bartholin (3) et à le convaincre. Le premier, il conseille de corriger l'air extérieur par une chaleur douce et légèrement humide, et rejette, après la soustraction de la canule, la suture de la plaie.
« La position inclinée de la têle sur la poitrine suffit à elle seule pour la réunion. Labra vulneris inter se junguntur perpeluâ capitis versus sternum inclinatione ac depressione, quæ instar vinculi est et sutura ».
Enfin, en 1695, Dekkers, pour simplifier l'opération propose de la faire avec un petit trois-quart, armé de sa canule et de percer du même coup et la peau et la trachée (4).
Cette idée de Dekkers n’était pas nouvelle, paraît-il. Car Pauli, dans ses notes sur Van Horne, l’attribue à Sanctorius,
(1) RANCHIN. — Questions françaises sur toute la chirurgie de Guy de Chaulac.
(2) BARTHOLIN. — Epist. méd., cent. I, épist. LXXx. (3) BARTHOLIN. — Hist. nat. et méd., II° cenr., obs. 89. (4) DERkRERS. — Exercitationes practivæ, p. 342. Lugd. Batav.
qui aurait recommandé de faire cette opération avec le inême instrument qu'il avait proposé pour le paracentèse du bas ventre. (N'ayant pu trouver l'original) Sanctorius in Malavicini (util. coll. med. phys.) (Venise), nous n'avons pu contrôler cette assertion.
Au dix-huitième siècle, la plupart des auteurs paraissent au-dessous du niveau des connaissances acquises par leurs prédécesseurs.
Lanzoni (1) de Ferrare, un des plus illustres médecins italiens de cette époque, demande si la trachéotomie convient dans la cure de l'esquinancie. « An laryngotomia conveniat in curatione Anginæ? » Il le croit, d’après ce qu’en ont dit de bons auteurs, et d’après l'opération pratiquée avec succès par Brassavola, et ne la recommande que comme un remède douteux dans l’esquinancie désespérée.
Dionis (2) dans son cours d'opérations après avoir discuté sur l’opportunité de l'opération, se prononce pour l’affirmative, mais seulement, dans le cas d’esquinancie où l’on est certain que l’'empêchement de la respiration est au larynx, lorsque les malades sont prêts d’étouffer, et après qu’on aura inutilement épuisé toutes les autres ressources de l’art. » Il décrit le procédé opératoire de Casserius et donne une autre manière d'opérer, qu'il appelle: bonne pratique de quelques-uns, elle consiste à « exécuter l'opération par une ponction seule et qu'avec le bronchotomiste ou la lancette, on ouvre la peau et l’entre-deux des cartilages bronchiques, et qu'on ne tire point l'instrument entré dans la trachée-artère, avant que d'y avoir mis un stylet pour y conduire le canule; de cette manière, l'opération est plutôt accomplie, moins cruelle, et plus aisée à guérir. »
(1) LAnzonI. — Opera, t. 11, animadv. cxv.
(2) Dronis. — Cours d'opérations. Art. Bronchot.
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Verduc (1) comme Dionis, adopte le procédé de Dekkers. « L'opération est bien plutôt faite, dit-il, et avec moins de douleurs et d'appareils en faisant une simple paracentèse entre les anneaux » et modilie la position à donner au malade. « Il y a à craindre, dit-il, qu'en faisant pencher la tête en arrière, on n’augmente la suffucation. J’ajouterai qu'on pincerait difficilement la peau de la partie antérieure du cou, à un homme qui a la tête renversée. Un chirurgien anatomiste laissera le malade dans la position où il peut respirer avec le moins d’incommodité, etil s’accomodera à cette situation pour l'opérer; un peu plus ou un peu de moins de gêne pour le chirurgien, n'empêche pas l'effet de son habileté ».
Pauli (notes sur Van Horne) approuve le conseil de Verduc sur la situation du malade,
En 1714, Detharding (2) conseille de se servir de la trachéotomie pour les noyés. « Car, dit-il, ils périssent sulffoqués faute d'air et de respiration, et pendant la submersion l’épiglotte se colle exactement sur la glotte. ». C’est d’ailleurs un moyen très simple. « Sola culis est quæ inciditur et tantillum membranulæ cultello dividitur nullus metus vel ab imperitiori sectione adest ».
Garengeot (3) rapporte que Petit et Arnaud, considérant que l'incision longitudinale des téguments, la séparation des muscles bronchiques et la section de la glande thyroidienne, recommandée par quelques auteurs, rendaient l'opération souvent infructueuse, parce que les vaisseaux qu’il faut nécessairement couper, laissent échapper du sang qui
(1) Verpuc. — Traité d'opérations, 3 édit., p. 495.
(2) DETHARDING. + De methodo subveniendi submersis per laryngotomiam, in Haller, disput. chirurg. selectæ, t. II, p. 429,
(3) GARENGEOT. — Op. de Chirurgie, t. IL, p. 447.
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tombe dans la cavité de la trachée-artère, « conseillaient de toucher l'entre-deux du troisième et du quatrième cartilage, de faire en cet endroit une marque à la peau avec l’ongle et d'y enfoncer transversalement une lancette armée, c’est-àdire, dont la lame est fixée par une bandelette ».
« La canule doit avoir 6 lignes de longueur, être plate, large de 2 lignes et 1/2 à l'endroit du pavillon, un peu courbe par l’autre extrémité où elle a une ligne d'ouverture et après l'opération on doit la recouvrir d’une gaze légère sur l'orifice extérieur, pour que l'air puisse s’y introduire sans mélange d’ordures ».
Junker de Halle (1) précise avec beaucoup plus d'ordre et de méthode que ses prédécesseurs, les cas qui nécessitent la trachéotomie. Il les range en trois classes qui sont:
le La vraie esquinancie qui empêche la respiration;
2° Les corps étrangers introduits dans la trachée.
3° La submersion.
Dans le premier et le troisième cas, il vaut mieux se servir du trois-quart que de la lancette armée. Dans le deuxième, le procédé ancien ou de Fabrice d'Acquapedente, avec une incision longitudinale, non seulement de la peau, mai- aussi de la trachée convient seul. Ce cas exclut l'usage de la canule.
Heister (2) admet les trois indications de Junker, insiste sur la deuxième et décrit avec beaucoup de précision le manuel opératoire. Il mérite d'être cilé, car nous verrons plus loin que c’est celui que Trousseau emplovyait.
« Quando igitur hæc operatio instituenda, locus ad ape-
(1) JUNKER. — Conspectus chirurgicæ, lib. XCIV. (2) HeISTER.— Institut. chirurgicæ. pars. IT, sect, 11, cap 11, h. 674 (19).
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commodissimus in trachea is plerisque videtur, qui secundumi inter et tertiumannulum ejus carlilagineum est positus, tantum paulo inferius etiam fieri absque periculo vulnus ejusmodi queat.
« Operandi ratio: ante omnia vel in lecto, vel in sellâ quâdam, si fieri potest, resupinari hominem ægrum oportel. Ejusque caput à ministro quodam qui a tergo ægri stet probe firmari ; mox partem binos circitor digitos infra cartilaginem thyroideum sive scutiformem seu pomum Adami positam priciüs utrinque acute anteriori colli, in medio tracheæ secundum longitudinem ad sternum usque per cutem, pinguedinem et musculos aperiri, atque ita quidem ut binos vel tres circiter digitos aut etiam quatuor in proceris corporibus, vulneris longitudo adæquet. Tum vulneris hujus oræ per injectos hamulos vel digitos graviter a ministro quodam debent diduci, abstersoque per spongiam vel linteolum cruore ut aspera arteria conspici queat, tres quartuorve spiralis hujus fistuli secundum lineam concidi, et corpus extraneum quam solertissime per immissam volsellam sive specillum aut hamulum extrahi. »
Dans les cas d’angine, il conseille seulement l'incision de la trachée entre deux anneaux « (inter binos tracheæ annulos, aut sic etiam quod perinde mihi videtur ut unicum ejus annulum simul concidit; sic commodius inferi fistula vel tubulus aliquis argenteus, vel plumbeus teres aut planus poteril).
« Ante lamen quam scalpellum immisum chirurgus retrahat. Specillum quoddam conveniens elatere scalpelli inseri simul in plagam istam debet, quo scillicet hujus ope commodius postea tubulus immitti queat…….
« Ne quà autem ab externo frigore vel sordibus pulmones infeslantur spongiam in vino calido frequentissime
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tinctam, rursusque super tubulum imponere convenit, vel eliam, ut Garengeot docet, linteum rarum ac tenue et postea emplastrum perforatum. »
Pour arrêter l’hémorrhagie, il vante beaucoup l'éponge trempée dans de l'esprit de vin chauffé et rectifié.
Dans les cas très urgents, le procédé suivant lui semble préférable : « Scalpullum aliquod anceps ad superiùs designatam mediam juguli partem admovetur, provideque per cutem simul atque pinguedinem et musculos in ipsam tracheam demittitur. Mox tubulo apto vulnus instruitur solertissime, ut antea dictum est et deligatur. — Sic enim non celerius tantum operatio sed minor quoque cicatrix efficitur ; sed fistula difficilius per vulnusculum hoc in asperam artinam demittitur. »
Il n’approuve pas le trois-quart de Dekker, son maitre, et recommande d'opérer de bonne heure. « Operatio mature instituenda dum adhuc et vires et spes sunt. Ubi nam minis jam infirmati ægri sunt el quasi in agone versantur, frustra ut plurimum ferrum jugulo admovetur. »
Sharp (1) n'ayant jamais trouvé à l’autopsie de ceux qui sont morts d'esquinancie, de constriction empêchant le passage de l'air, met en doute l'utilité de l'opération. « Néanmoins si on veul la faire, on emploiera le procédé ancien. »
Le Dran (2) revient aussi au procédé ancien, mais avec une incision longitudinale extérieure très étendue.
Lazare Meyssonnier, de Lyon (3), rejette dans le procédé ancien l'emploi de la canule : « J'ai sauvé la vie, dit-il, à trois personnes, usant de l'opération d'Antylus, mais Je ne mettais pas de tente en plomb dans la plaie, seulement
(1) Sxare. — Traité des op. de chirurgie, % édit. angl., trad. 1741. (2) Lx Draw. — Traité des opérations de chirurgie, 1742. (8) Lazare MæissONNIER. — Cours de médecine en françois, p. 166.
de la charpie sec dessus, et un emplâtre de diapalme dissout en huile rosat ; et ne recousais la plaie, mais la laissais se refermer par l'œuvre de la nature et pas un desdits trois n’est mort, mas par grâce spéciale de Dieu sont en vie. »
Georges Martin, chirurgien anglais (1730) (1), trouvant insuffisante la longueur donnée à la canule, depuis Garengeot, fit construire « sur l'idée ingénieuse, qu'on lui en avait donnée, une canule formée de deux tuyaux de diamêtre inégal, pour être engagés l’un dans l’autre : celui-là pourra être retiré, nettoyé et replacé sans difficulté, et la respiration ne sera pas empêchée, quelque matière qui s'insinue dans la canule intérieure. » Il l'a employée dans un cas, et le quatrième jour après l'opération il la supprimait.
Van Swieten (2) s'élève contre l'emploi du trois-quart. « Cet instrument ne peut entrer, dit-il, qu'avec beaucoup de difficulté, surtout à cause de la grande mobilité de la trachée. J’ai quelquefois fait des tentatives sur les cadavres et sur des animaux vivants, cette méthode m'a paru fort diffificile, et l’on a lieu de craindre la déviation de l’instrument. C’est pourquoi la première méthode, quoique plus embarrassante, me parait préférable. »
Bauchot, chirurgien de la marine, à Cadix (3), reconnaît en principe l'utilité et la grande facilité de l'opération par le trois-quart ou la lancette. Mais la lancette d'une part, quoique affermie par une bandelette, ne lui parait pas un instrument assez commode; d'autre part, la mobilité de la trachée, comme il a pu le remarquer dans ces expériences sur le cadavre, a toujours rendu l'opération difficile et in-
(1) Transactions philosoph. 1130, num. 416 (Lettre de George Martin à Guillaume Græwe.
(2) VAN SWRETEN. — Comment. in Aph. Boerhaav, $ 813.
(3) Mémoires de l'Académie de chirurgie, t. I, p. 12.
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certaine; aussi propose-{t-il pour opérer avec sûürelé el facilité, lesinstruments suivants: (a) « Une lame tranchante est montée solidement sur un manche ; à cette lame, il fait adapter une châpe ou canule plate dont l'ouverture a un rebord garni de deux petits anneaux. Avec cet instrument, dit-il, on pénètre plus facilement dans la trachée qu'avec le trois-quart, (b) un instrument en forme de croissant embrassant la trachée entre deux branches, l'empêche de vaciller et sert en même temps de guide et de conducteur au bronchotome. »
« Chez les sujets trop gras ou dont le cou serait gonflé par l'effet de la maladie, la lame du bronchotome paraitrait peut-être un peu trop courte. Dans ce cas il faudrait auparavant faire une petite incision, afin de s'approcher de la trachée-artère autant qu'il le faudra. »
Süreté et facilité, tels sont les avantages de ce procédé opératoire que l’auteur a mis en pratique deux fois. Les résultats sont consignés dans les Mémoires de l’Académie de chirurgie (t: UI, p. 12, Hist.).
Dans les mêmes Mémoires de l'Académie de chirurgie (t. I, p. 431), nous trouvous relatée une observation importante de trachéotomie, faite par Virgih, chirurgien-major de la marine, à Caaix, et que nous retrouvons mentionnée dans les ouvrages de tous les grands chirurgiens du commencement de ce siècle, vu l'utilité d’un petit détail opératoire.
Virgili, en effet, fit sur un soldat atteint d’esquinancie suffocante, la trachéotomie d’après le procédé ancien ou de Casserius (incision longitudinale des téguments et des muscles et transversale de la trachée entre le deuxième et le troisième anneau. Mais à peine la trachée fut elle ouverte, que le sang s'y engouffra, et l’asphyxie fut plus grande qu'avent l'opération. Ce que voyant, Virgili fendit hardiment la trachée en long jusqu’au sixième anneau. Dès lors
le sang cessa de couler dans la trachée et le’ malade assis sur son lit put respirer à son aise (1720).
En 1768, les Mémoires de l'Académie de chirurgie (1), renferment le remarquable article de Louis, le secrétaire perpétuel de cette société, sur la bronchotomie, mémoire le plus complet qui ait jamais été fait sur la question, tant au point de vue historique qu’au point de vue clinique, et auquel nous avons fait quelques emprunts, quand nous n'avons pu consulter les originaux. Partisan enthousiaste de l’opération, il semble préférer au procédé ancien, la ponction aux trois-quart ou avec la lancette dans les cas d’esquinancie et surtout le procédé de Bauchot, avec la modification suivante :
« Il serait peut-être plus avantageux, dit-il, de faire la ponction en long dans l’interstice des muscles. L’incision de quelques anneaux cartilagineux doit avoir moins d’inconvénients que la section en travers des fibres musculaires longitudinales. La réunion de la plaie des cartilages se fait d’ailleurs très bien. »
Il rapporte vingt-huit observations de corps étrangers tombés dans la trachée et où l'opération conseillée par quelques chirurgiens et lui surtout, fut repoussée comme inutile et dangereuse par presque tous les autres. « Il n’existe que trois cas de guérison jusqu’à ce moment, dit-il, la timidité des chirurgiens a été cause de l'issue funeste dans les autres
Et il termine eu ajoutant : « Nous espérons que nos travaux préviendront à l'avenir de pareils malheurs, et que les chirurgiens et les médecins, instruits par l'expérience qu'on leur présente, n’argumenteront plus contre un secours dont l'utilité et la nécessité sont également incontestables. »
(1) Mémoires de l'Académie de chirurgie, t. IV, p. 455-512,
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En effet, à partir de ce moment, l'attention des chirurgiens est attirée de ce côté et des travaux importants ne tardent pas à perfectionner cette opération et à la vulgariser.
Richter, en 1770 (1), dans ses observations chirurgicales, étudie avec beaucoup de soin la trachéotomie.
Il commence par réprouver le procédé ancien. « Quû si uteris methodô, nunquam tuto et facilie operationem perages.» On ne s’est pas assez préoccupé de la présence du corps thyroïde qui, dit-il, « incisà cute, cultelli aciei occurit ». Les auteurs qui ont parlé de l'hémorrhagie qui suit la section de cette glande, ont pensé que, quoique abondante et dangereuse, elle était néanmoins salutaire en égard à l’inflammation « imo forsan, si vicinam inflammationem respicis, salutaris »; pour lui, il n’est pas de cet avis, il préfère ne pas toucher à la glande, «illam removes, separas blandie etpropie inferiorem illius marginem instrumentum in tracheam dimittas »,
Voici le procédé opératoire qu’il conseille: « Bene vero, me judice, ages si musculos sterno-hyoeideos et thiroideos qui tracheæ incumbunt, pinguedinem et tetlam cellulosam et quidquid tegit locum .arteriæ perforandum accuratie prius separas, et ad utrumque latus reprimis, ut locus ille denudatus penitus appareat. Ita enim accuratius cognoscis cuinam loco lanceolam immitere debes ; neque ita moram inferie operationi objicies, eum dexteritas magis quam celeritatis ratio habenda semper sit et laxa satis hic tela celtulosa sit, quæ facile separatur ».....
Voici son opinion sur les procédés rapides : « Mali methodo utuntur, qui tracheam lanceolâ perforant atque justa illius laminam specillum tenue et super illud extracta lanclolà, trubulum in vulnus tracheæ immitunt ».
(1) RICHTER, — Observ., chirurgicæ, fase. IT, cap. 1, De bronchontomià.
Errant eliam qui hane operationem ope instrumentis cujusdam quod-trois-quart vocantur peragunt. »
Il rejette l'emploi de la canule droite. « Recti quem plerique chirvurgi adhibent, tubuli usum varia comitantur incomoda. »
Et propose un instrument nouveau pour perforer la trachée dès qu’elle est découverte :
« Instrumentum mihi comparavi, quo qui utitur, tuto, nisi fallor, facile et celeriter operationem peragit.
» Est lanceola in vaginulâ suâ latens incurva cum ipsâ suâ vaginulâ, acuta et anceps.
» Insigni tubulus gaudet longitudine, neque itaque facile elabitur tracheæ, vero posteriorem partem non tangit, eum incurvus sit, inde etiam orilicium illus inferius deorsum spectat, aerisque irruentis reum dorsum dirigit.
» Les cas dans lesquels on doit opérer, sont les suivants : « In quocumque casu, ubi obstaculum aliquod quod tolli eito. nequit, in faucibus vel larynge hœrens, respirationem difficilem reddit vel penitus intercipit. »
Ce procédé a été employé maintes fois sur le cadavre, les chiens vivants et une fois sur l’homme.
En 1776 (1), dans les mémoires de la Société royale de médecine, nous trouvons cette courte mention: « M. Vicq d'Azir a communiqué à la Société ses réflexions sur la possibilité de pratiquer la laryngotomie entre le cartilage thyroide et le cricoïde. Dans l'intervalle qui les sépare, antérieurement, il y a un espace triangulaire qu’il est toujours facile de trouver quelque gonflement qu'il y ait dans la région du col. Il ne serait pas nécessaire de faire une grande incision à la peau pour y parvenir; le brochotome pourrait d'ailleurs servir dans celle opération comme dans celle que
(1) Mémoires de la Société royale de médecine. AÆrst., p. 811.
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