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de la gorge, menace de suffoquer. Mais, à partir du milieu du XVII siècle, ces maladies sont mieux étudiées. Les nombreuses épidémies de croup que l'on voit survenir à ce moment, donnent lieu aux travaux remarquables de Starr (1749), de Ghisi de Cremone (1747 et 48), d'Arnaud d'Orléans (1747) et de Marteau de Granvilliers, etc.
Dans un mémoire célèbre, paru en 1765, Hôme d'Edimbourg (1), reconnaît l'affection pseudo-membraneuse du larynx, quil décrit de main de maitre, et symptômes, marche, pronostic et traitement, y compris la trachéotomie, rien
n'échappe à sa sagacité. Voici d’ailleurs son opinion à ce
sujet:
« Lorsque la fausse membrane est complètement formée et qu'elle à acquis un certain degré de consistance, il me parait impossible qu'aucun médicament, tant interne qu'exierne, puisse la résoudre et l’expulser des voies aériennes. Le seul moyen que nous ayons alors de sauver la vie au malade, est de tenter l'extraction de la fausse membrane, en faisant une incision à la trachée-artère..…. et l'on aurait d'autant plus lieu d'espérer un heureux succès, que la membrane étant libre, il paraît facile d'en assurer l’extrac- Lion. »
L'ouvrage de Hôme donna une impulsion considérable à science, des travaux nombreux sur le croup et les autres affections du larynx paraissent successivement, quant à la trachéotomie dans le croup, malgré le conseil de Hôme, elle est timidement acceptée par les uns, rejetée par le plus grand nombre et il nous faudra arriver à Bretonneau, en 1824, pour la voir entrer définitivement dans la pratique.
(1) Home. — An snquisity into the nature, cause and ihe cure of the cruop, traduit en] français par Beutte, Paris, 1809. in-8°,
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Crawford (1) adopte les idées de Hôme, mais ne conseille la trachéotomie que, quand les autres moyens (médicaux) seraient infructueux.
Michaœlis (2) place en elle le salut des malades dans la plupart des circonstances ; il propose de la pratiquer à la trachec-artère au commencement de la deuxième période lorsqu'un ou deux vomitifs ont été inutilement employés.
En 1872, un chirurgien de Londres, Jonh Andrée, fit la première opération de croup que l’on connaisse. Elle est ainsi rapportée dans Borsini: (3)
« Tracheotomiæ feliciter institutæ in puero hœc anginæ specie periclitante exemplum mecum communicavit per litteras Londino ad me datas Jacobus Locatellius, medicus magna expectationis qui eam vidit à celebri Londinum chirurgo Andrea dexterrime adhibitam in hune modum.
» Primum sectione longitudinali à glandulo thyroïde versus sterni apicem producta et tres circiter digitos latos longa integumenta divisit.
» Tracheà deinde solerter detectà, transversim inter secundum et terlium ejus annulum vectentem membranam disseceuil et securiter aliam incisionem inter quartum et quintum annulum fecit sic ut duo annuli inter utramque incisionem transversalem comprehenderentur. Ex his, qua anterius spectant duabus als lateralibus sectionibus frustulum quadrangulare exemit. Quo factum est ut hiatus satis idoneus tum aeri inspirando ant expirando, tum concretioni memmembranæ quœæ suffocationem instabait, expellendæ paratus esset. Ex hoc hiatus continuo prodiit non exigua puris
(1) CRAWFORD. — Dissertatio de synanche stridula. 1171.
(2) MicaæLis. — Diss. de angina polyposa sen membranacea. 1718.
(3) BorsicRI.-— Institutes angina trachealis, t. IV. — Voir aussi ?n BRETONNEAU.
vis, nulla vero membranæ concretionis pars... Puer autem intra quindecim dies perfecte convaluit. »
Mais Jonh Andrée, dans un lettre adressée à Valentin, 1813, infirme l'exactitude de la relalion: « Il n'a pas enlevé de morceau quadrangulaire de la trachée, il a opéré suivant le procédé ancien. »
Peu importe, nous ajouterons, que beaucoup d'auteurs ont vu dans cette observation plutôt un cas d’œdème de la glotte ou de laryngite phlegmoneuse, qu'un cas de croup.
En 1798, Desault et Bichat (1) étudient la trachéotomie exclusivement au point de vue chirurgical, reconnaissent deux classes de cas où il peut être nécessaire d'y avoir recours {a). Dans la première sont rangés (ceux où la seule indication est de donner passage à l'air (b). Dans la deuxième ceux où à celte indication se joint celle d'extraire un corps quelconque de la trachée et du larynx, ou seulement d'en découvrir les parois.
La première classe comprend: 1° La submersion, « mais comme les recherches modernes ont montré que les noyés ne périssaient pas par abaissement de l'épiglotte sur la glotte) il n’y a plus à s’en occuper ; 2° Les angines que Bichat subdivise en laryngée et gutturale sans donner plus de développements sur la nature de l’angine, comme s'il ignorait les remarquables travaux des auteurs anglais sur le croup.
Pour lui, l’angine quelle qu'elle soit, n’exige pas la trachéotomie. « On peut remédier, dit-il, à la suffocation au moyen d'une sonde en gomme introduite dans le larynx soit par le nez soit par la bouche », et il cite plusieurs oLservaüons de Desault à l'appui,. Inutile de dire qu'il ne s'agissait pas ici du croup.
(2) DESAULT. — Œuv, chir., publiées par Bichat, t, Il, p. 236.
La deuxième classe comprend, avons-nous dit, les corps élrngers introduits soit dans le larynx, soit dans la trachée. C'est la partie la plas importante de cel article.
Après avoir rapidement énuméré les accidents qu'ils amènent, il aborde le traitement à employer : « C'est à la bronchotomie seule qu'on doit avoir recours. »
Cette opération se pratique en deux endroits : ou sur le larynx ou sur la trachée. La deuxième ou trachéotomie est l'opéralion classique décrite par tous les auteurs.
La première ou Laryngotomie comprend deux procédés ;
l° Suivant que l'incision portera sur le cartilage thyroïde, thyrotomie, c’est le procédé de Desault son maître. % Où sur la membrane crico-thyroïdienne (oubliant de eiter Vicq d'Azyr et Foureroy), il s’attribue leur procédé et décrit ainsi le manuel opératoire :
Laryngotomie. Manuel opératoire :
l° Situation du malade. Le malade doit être dans une situation intermédiaire entre la situation horizontale et la verticale ;
2% Appareil instrumental. Un bistouri, une sonde cannelée, une pince à anneau droite, une autre recourbée composent l'appareil des instruments.
Tout étant disposé :
1° Le chirurgien, placé devant le malade assujettit le larynx avec le pouce et le doigt du milieu latéralement placés, et l'index de la main gauche placé à la partie supérieure du cartilage thyroïde, tend les téguments qu'il incise au même temps que le tissu cellulaire, depuis la partie supérieure du thyroïde jusqu'à la base du cricoïde ;
% Les bords de l’incision étant écartés avec le pouce et le doigt du milieu, il cherche avec l'indicateur la membrane crico-thyroïdienne, place transversalement l'ongle qui sert
de conducteur au bistouri, lequel, tenu comme une plume à écrire, sert à ouvrir cette membrane ; F
3 À travers l'ouverture qu'alors il est inutile d'agrandir, la sonde cannelée est introduite, de manière que la crénelure réponde antérieurement et que son extrémité soit poussée jusqu’à la partie supérieure du larynx ;
4° Tandis qu'un aide écarte les bords dela division portée le long de la cannelure, le bistouri fendra le cartilage dans toute son étendue, le long de l'angle saillant qu'il forme antérieurement;
»° Entre ses bords divisés, le chirurgien porte la pince à anneau droite, afin de les écarter. »
Comme ce procédé ne s'applique qu'aux cas de corps étrangers, l'opérateur, après avoir retiré celui-ei avec des pinces s’il ne sort pas spontanément, réunira la plaie immédiatement.
Il donne en outre le conseil, si le corps étranger est trop enfoncé dans la trachée, de fendre le cartillage cricoïde, au moyen de la sonde cannelée et du bistouri; section nullement dangereuse et qui suffit toujours au but qu'on se propose — dit-il. — Cette modification est importante, car elle sera l’origine d’un procédé qui, comme nous le verrons plus tard, porte de nom de Boyer.
« Si on avait à opérer un vieillard dontles cartilages sont ossifiés, au lieu d’un bistouri ordinaire, on se servirait avec avantage du bistouri qui, dans les amputations, sert à couper le périoste. »
Ge procédé est avantageux, dit Bichat, la pratique de Desault en fait foi (Observ. précédentes) ; en outre, il n'y a pas à craindre la non réunion des cartilages, car ils se consolident, sinon aussi promptement tout aussi bien que les autres organes.