‹ Essai sur l'histoire des angines au cours du XIXe siècleChapitre 5 sur 8 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les personnalités

qui ont hâté l'évolution des idées médicales

en matière d’angines dans les deux premiers tiers du XIXe siècle

Nous allons rapidement passer en revue les quelques noms qui ont marqué, par leurs études originales, dans l’histoire des différentes sortes d’angi-

nés.

Dans l’angine aiguë simple, nous trouvons Rilliet et Barthez qui divisent cliniquement les angines en bénignes et malignes, en primaires et en secondaires, Lasègue, qui distingue les isthmit.es des pharyngites, Broussais qui indiqua l’existence d’une angine érythémateuse très rouge et non pénétrante.

Au point de vue de l’angine phlegmoneuse, il faut citer les cas de LeDentu, Guéniot, la thèse de Jac-

quemart, la péritonsilli te de Ghassaignac, les éludes de Mondières, de Gillette (ganglions rétropharyngiens de Gillette).

L’angine herpétique doit beaucoup à Willan, à son élève Batéman, à Bretonneau, surtout à Gu- BEER et à Lasègue; enfin Par rot, développant une idée qui était déjà en germe chez Gu ruer et Lasègue, considère l’herpés comme une perturbation de l’économie tout entière — avec détermination possible sur les amygdales.

L’angine rhumatismale a été bien vue et étudiée par Franck, qauis par Boulllaud, Monneret, Vallein, Blache et G homel. Trousseau comprit les rapports de l’angine et du rhumatisme et l’antériorité de celle-là.

Pour l’angine érysipélateuse, nous trouvons les noms de Bayer, Gubler, Gull, Goupil, Labre, Trousseau et surtout Lasègue, qui lui consacre un chapitre de son traité des angines.

Avant Bretonneau, on faisait jouer un grand rôle

au sphacèle guttural; avec l’école de Tours, l’angine * gangréneuse subit une véritable éclipse ; mais Gubler rétablit ce type morbide dans le cadre de la pathologie pharyngée.

L’angine diphtérique, presque passée sous silence avant le XIXe siècle, a fait l’objet de retentissantes communications de Billier et Barthez (traité des maladies des enfants), de Bretonneau, qui eut l’honneur d'établir sa nature clinique, de Trous-

seau, qui décrivit la forme maligne foudroyante etqui insista sur certains points très importants au point de vue clinique et thérapeutique ; en dehors d’eux, il faut rappeler les noms de Lasègue, Monneret, Bourgeois, Peter, Wade, Bergeron, Chomel, Sédillot, Labadie- Lagrave, Morisseau, Orillard, Empis, Gubler, Vulpian, etc.

L’angine chronique (scrofuleuse) a fait l’objet des travaux de Bazin, Izambert, l’angine granuleuse doit beaucoup à Chomel et Peter et l’amygdalite a été étudiée par Lasègue, ainsi que l’angine chronique catarrhale.

L’angine de la rougeole a été notée par Girard, Charrier, Menière, Lasègue ; l’angine de la scarlatine a été observée par Trousseau, Billiet et Barthez, Jaccoud, Andral, Lasègue.

Citons pour mémoire les déterminations pharyngées de la fièvre typhoïde, de la goutte, des intoxications et arrivons à l’angine du muguet que l’on tend à rejeter aujourd’hui et qui a hit l’objet des travaux nombreux dus à Berg, Gruby, Bobin, Gubler, Jules Lemoine, Parrot, Quinquaud, etc.

Les déterminations pharyngées de la stomatite ulcéro-membraneuse ont été connues grâce à Bergeron, celles de la stomatite aphteuse, grâce à Bamberger et Dugès.

Hunter, Bell, Babington, Devergie, Cazenave, Bonnier, Gubler, Lasègue et surtout Bicord observent la syphilis des amygdales et du pharynx ;

de même Ricord, Cornil, Trélat recherchent la tuberculose aigue du pharynx que décrit Isambert (maladie d’Isambert). lu lupus de la gorge est étudié par Tardieu, TIamilton, Bazin, Fournier, IIérard, tandis qu’OuuviER, puis Graves et Eollinger observent la morve delà gorge et que Fournier, Cazenave, Hardy et Labarraque s'intéressent aux déterminations pharyngées de la lèpre.

Puis Pasteur apparaît et apporte avec lui la notion de contagion par la connaissance du microbe : il va bouleverser la pathologie pharyngée.

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