‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 101 sur 322 · Ove'n, op. cit., passlm · texte numérisé non relu

Ove'n, op. cit., passlm

\. W. Crei/.enach, op. cit., passlm.

LE THEATRE EN ALLEMAGNE

Les troupes prennent l'habitude, lors de leur passage dans une Aille, de s'installer toujours dans la même auberge, qui devient exclusivement le quartier général des comédiens. C'est là qu'ils logent, c'est là aussi que le plus souvent ils montent leurs tréteaux et donnent des représentations. Hambourg possède au xvie et au xvne siècle une hôtellerie, à l'enseigne de <( la cour de Hollande », qui constitue un véritable théâtre permanent, dont les acteurs se renouvellent1.

En matière de mise en scène, le réalisme de Shakespeare est importe'" en Allemagne par ses compatriotes; il frappe vivement l'esprit des chroniqueurs allemands, qui nous parlent sans cesse de vessies remplies de liqueur rouge : lors d'un assassinat ou d'une bataille sur la scène, on les crève à coups de sabre, et il en sort des flots de sang, aux applaudissements de la foule2.

Il n'est pas encore question de décors : les troupes les plus riches tendent quelques tapisseries; les autres jouent sur le fond du mur entièrement nu. Un simple écriteau indique les changements de scène. Dans une pièce en vogue, jouée en io3o, et dont le titre est Suzanne, l'auteur, en indiquant que la scène représente un jardin magnifique, recommande aux spectateurs de mettre des lunettes merveilleusement bonnes, s'ils veulent v voir les arbres et les fleurs3.

D'après les historiens allemands, l'usage de tendre des tapisseries aurait été apporté par les troupes anglaises; ils vantent la commodité de ce nouveau dispositif, qui permet aux acteurs d'entrer à volonté sur la scène et d'en sortir, et qui donne à leur jeu une vraisemblance qu'il ne pouvait avoir auparavant. Il est pourtant probable que Hans Sachs et les autres écrivains allemands n'avaient, pas plus que les auteurs français du xvie siècle, attendu l'apparition de Shakespeare pour se servir du procédé si simple qui consiste à tendre les murs de la scène avec des étoffes. Mais le dire des écrivains allemands prouve combien leur théâtre national était rudimentaire et combien aussi il était tributaire de l'étranger pour toutes ses innovations''.

Ici, pas plus qu'en Angleterre, les femmes ne montent sur les planches. En iG5i, à Bâle, un imprésario du nom de Jollifous, qui parait être Français, demande l'autorisation de produire sa troupe, et

i. W. Creizcnach, op. cit., préface, passim. ■i. Kmlolpli (lenée, op. cit., p. 19.

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