Rudolpl) Gênée, op. cit., p
LE THEATRE A L'ÉTRANGER
bourg, qui donna, de 1 587 à [589, ('e brillants spectacles à Berlin1.
Le premier souverain qui érigea un bâtiment spécialement aménagé pour des représentations dramatiques fut le landgrave Maurice de Hesse-Cassel*. Son théâtre, construit d'après les principes de l'architecte Palladio, était en forme de cirque, avec des gradins et un plafond orné de peintures décoratives3. Ce théâtre prit le nom d'OUonium*. Soit qu'il fût en bois, soit pour tout autre motif, il ne subsista pas longtemps, car8 il avait disparu au milieu du xvnc siècle, non sans avoir provoqué de nombreuses imitations. C'est ainsi qu'en 161 3 Ratisbonne avait deux théâtres, l'un lyrique, dont nous ne savons rien, l'autre, installé dans une salle d'escrime, consacré à la comédie et au drame. En 1G28, ce fut le tour de Nuremberg de posséder une scène publique. La salle, en forme de jeu de paume, avait trois galeries de balcons circulaires et pouvait contenir trois mille personnes6. On y jouait la comédie un jour par semaine; le reste du temps était consacré à des combats d'animaux et â des exercices de cirque7.
Tandis que le théâtre comique et tragique se développait, l'opéra s'introduisait également en Allemagne. Les comédiens anglais avaient amené avec eux des musiciens qui jouaient pendant les entr'actes ou qui accompagnaient de leurs instruments certains passages, et Jacob Ayrer, à leur imitation, avait composé un certain nombre de pièces dans lesquelles la musique et le chant tenaient une place importante. Mais jusqu'au milieu du xvrie siècle le drame lyrique ne fut point en vogue. Il apparut vers io5o, apportant avec lui pour ce genre spécial les mœurs italiennes. On voit partout alors, en Allemagne, construire des théâtres de comédie et de tragédie dans lesquels le répertoire est interprété suivant la mode française, tandis que dans la même ville les scènes lyriques, construites d'après les principes de Palladio, suivent les errements de l'Italie. Le librettiste Opitz et le maître de chapelle de Dresde Henri Schutz traduisent les plus célèbres opéras italiens et en organisent les représentations8. Quant aux ballets,