Armahd Streit, op. cit., p. aï
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LE THEATRE EN SUISSE
se donne une série de représentations, le produit de quelques-unes d'entre elles doit être versé pour les pauvres de la cité. Le prix des places est débattu contradictoircment entre les comédiens et les représentants de la ville1. On prohibe les pièces immorales ou politiques ; dans chaque municipalité, il y a un conseil de censure qui se fait remettre les manuscrits, élague certains passages, interdit même certaines pièces2. Après la révocation de l'édit de Nantes, des sociétés bourgeoises de Berne, ville où les huguenots français se sont réfugiés en masse, veulent représenter une comédie dans laquelle la conduite de Louis XIV est vivement censurée. L'ambassadeur de France, Amelot, le sait, et sur ses représentations le conseil de ville défend le spectacle3.
Ces pièces satiriques ou religieuses continuèrent pendant le xvme siècle et ne cessèrent qu'à l'époque de la Révolution française; elles avaient été jusqu'à cette date l'incarnation du théâtre suisse, qui aujourd'hui se rapproche beaucoup du nôtre.