Petit de Jullèville, o/>. cit., t. II, p
4. Ouin-Lacroix, Histoire des anciennes corporations de Rouen, Rouen, i85o, in-8, p. 468.
5. Mémoires de la Société' d'archéologie de Genève, Genève, 1 84 1 1 t. I, p. 1 5 1 et 196. Grenus, Fragments biographiques et historiques extraits des registres du Conseil d'Etat de la république de Genève de 1 53 5 à 1792, Genève, 181 5, f" l3.
6. Registre des délibérations de la cille d'Amiens, t. XIX, f" 63 et suiv., inventaires de 1488, cote 5, f" 26. « Le hourt du déluge, cellui des gens du roy, et aussi cellui de messieurs maieur et eschevins. » (Renseignement communiqué par M. Viguet, archiviste de la ville.) Voir aussi Georges Lecoq, Histoire du théâtre en Picardie, Paris, 1880, p. 36 : « A Amiens, à Abbeyille, et dans tout le reste de la Picardie, les officiers municipaux, les seigneurs, se faisaient apporter à manger sur leur hourds (échafauds); cardes places particulières étaient réservées aux autorités du pays pour qui on construit des échafauds. »
7. Uly sse Chevallier", Mystères des trois Doms, déjà cité, p. 18.
8. « Au jour que 011 fera l'istoire et mistère de la Passion X. S. ès festes de Pentecoustes prochaines, messg" aront un hourt pour voir ledit mistère; disneront ensemble aux dépens de la ville, honnestement et courtoisement et à fraix raisonahles, et leur fera appointier à disner le grand compteur Nicolle de Lulli, le guetteur on autres et se passeront à la mendre despence qu'ils ponont, en les grans affaires de la ville. » (De Calone, op. cit., p. 2a8.)
LA DISPOSITION DU THEATRE
Trechsel1, représentant un théâtre5 : la scène y est, comme de nos jours, bordée de loges entre colonnes, et au-dessus de la loge que nous appellerions aujourd'hui « avant-scène » se lit l'inscription : Ediles; à côté sont les estrades ou galeries pour les assistants riches; elles se prolongent sur tout le pourtour de l'amphithéâtre; en bas est le peuple. L'usage de placer près de la scène, sur le côté de la salle, la. loge du souverain, ou des autorités présidant au spectacle, existait donc déjà au moyen âge, au moins dans l'est de la France et en Allemagne. Dans l'intérieur de la France, l'usage devait être différent; nous verrons plus loin que le personnage qui présidait à la représentation des Mystères dans ces contrées était installé au milieu de l'amphithéâtre, c'est-à-dire à l'endroit où est aujourd'hui placée la loge royale dans les théâtres italiens. La gravure du « Térence » montre aussi qu'en i ./jr)3 les Mystères les plus importants se représentaient sur un véritable théâtre, avec une véritable salle de spectacle, construite en charpentes pour la circonstance.
La représentation terminée, ces constructions étaient mises à l'encan et démolies par les acheteurs, qui les emportaient5. Les théâtres, sauf les salles de Paris, n'étaient pas permanents. Ce fut à Lyon, en i54o, qu'un riche bourgeois, du nom de Neyron, fit construire pour la première fois un théâtre destiné à être conservé. Il renfermait trois rangs de galeries ou de loges; le parterre était garni de bancs. Un toit plafonné couvrait le tout, et sur le plafond des peintures représen-
i. Lyon, in-folio, 1 49^ .
i. Nous devons à l'obligeance de M. Edmond Le Blant, membre de l'Institut, qui a bien voulu examiner l'en-tête du « Térence » de Trechsel, le renseignement suivant, que nous sommes heureux de communiquer à nos lecteurs :
« Au rez-de-chaussée du théâtre figuré sur la gravure du « Térence » de i4°,3 se trouve une série de chambres, au-dessus desquelles est inscrit le mot Fornices. Ces chambres n'étaient autres que des repaires de filles publiques qui se livraient, aux alentours des théâtres antiques, à la prostitution. Les couples que représente la gravure qui nous occupe ne laissent d'ailleurs, par leur attitude, aucun doute sur la nature des conversations qu'ils entretiennent. »
Voici aussi le résumé de la note lue à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en sa séance du ir) décembre 1890, par M. Le IMant, sur la gravure du « Térence » que nous lui avons communiquée : « Terlullien (De. Spectaculis, XVII) recommande aux fidèles de fuir les spectacles en leur rappelant que la prostitution s'y étale au grand jour. La Fie de saint Ouen, comme celle de saint Romain, donne à entendre qu'un amphithéâtre, détruit à Rouen par ce dernier, renfermait un lupanar. Ces faits sont confirmés par l'histoire du martyre de sainte Colombe (Bibliothèque nationale, fonds latin, mss. 5 -465 , 5i6ij, 0280) et l'existence d'un lieu de débauche établi dans l'amphithéâtre même ne peut plus être contestée. »
3. Voir le Registre ont délibérations de la ville d'Amiens, t. XIX, f°" 63 et suiv., Archives municipales il Amiens.
LES MYSTÈRES DIALOGUES
taient le paradis et l'enfer. Ce théâtre, où jouaient des artistes d'occasion, ne dura que huit années. Il disparut avec les Mystères, cédant la place à des troupes de comédiens de métier1.
l. Histoire littéraire de la ville de Lyon, par le P. de Colonia, Lyon, 1728-1730, 2 vol. in-4, t. II, p. 429.
Histoire de la ville de Lyon depuis son origine jusqu'en 184G, par J.-B. Moufalcon, Lyon et Paris, 2 vol., 1847-1852, t I, p. 633.