‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 183 sur 322 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

LE THEATRE A LA COUR

allumée chacune de dix bougies. Derrière chaque caisse il y avait également un guéridon décoré et illuminé comme ceux de devant1.

Pour La représentation du Malade imaginaire, qui eut lieu le troisième jour, on avait dressé le théâtre devant une grotte, servant de décor de fond : « Le frontispice étoit une grande corniche architravée, soutenue aux deux extrémités par deux massifs, avec des ornements

rustiques et semblables à ceux qui paroissoient hors de la grotte

Au-dessus de la corniche il y avoit un fronton dont le tympan estoit rempli des armes du roy\ » Le théâtre avançait un peu au-devant des trois portes de la grotte et était éclairé par sept grands lustres. La grotte elle-même, principal motif de la décoration, était éclairée d'une quantité de girandoles de cristal et d'une infinité d'autres lumières placées, soit sur des guéridons, soit sur les corniches mêmes.

Le lendemain, on joua les Fêtes de l 'Amour et de Bacchus. « La face du théâtre représentoit cette fois un grand morceau d'architecture d'ordre corinthien. Le milieu qui en faisoit l'ouverture étoit orné d'une corniche soutenue des deux côtés par des massifs formés en demy-cercles et dont les extrémités avançoient davantage du côté de l'orchestre3. »

Le dernier jour, on organisa la représentation d'Iphigénie « sur une décoration construite au bout de l'allée qui va à l'Orangerie, figurant une longue avenue de verdure, avec des bassins de fontaine et des grottes rustiques ». Des deux côtés il y avait des orangers et des grenadiers entremêlés de vases de porcelaine.

« Entre chaque arbre, de grands candélabres et des guéridons d'or et d'azur qui portoient des girandoles de cristal allumées de plusieurs bougies, dette allée finissoit par un portique de marbre; les pilastres qui en soutenoient les corniches étoient de lapis et la porte paroissoit toute d'orphèvrerie*. »

Les spectacles se donnent aussi devant la cour lors de ses déplacements dans les châteaux.

En i66ç) et en 1670, le roi va passer l'automne et chasser à Chambord. Chaque fois il fait venir Molière et Lulli. La maison du roi

1. Félibien, les Divertissements de Versailles donnés par le Roi au retour de la conquête de lu Franche-Comté. Paris, it>7i, p. 4"1'-

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