‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 188 sur 322 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES SALLES DE SPECTACLE

Les théâtres du Marais et de l'Hôtel de Bourgogne n'avaient subi aucun changement depuis Louis XIII. Celui du Palais-Royal, au contraire, dont nous avons indiqué la disposition à son origine, avait eu sa scène augmentée lors de la représentation de VOrfeo, en 1647- Mais, malgré les modifications apportées par Mazarin, elle n'était pas disposée pour servir de théâtre public. Il n'y avait d'abord qu'une entrée, qui conduisait directement par une galerie au Palais-Cardinal. Aussi, quand le roi la concéda à Molière, celui-ci n'eut-il rien de plus pressé que de fermer celte communication et d'élever sur la rue un escalier droit dont chaque palier donnait accès à l'un des trois étages de la salle1. Molière eut encore la faculté d'enlever les loges de la salle du Petit-Bourbon, de les apporter au Palais-Royal et de faire toutes « autres choses nécessaires pour le nouvel établissement8 », telles que le remplacement des poutres pourries de la charpente et la réfection de la toiture, qui tombait en ruines.

Lorsque la salle l'ut ouverte au public, elle avait intérieurement trois balcons superposés occupant tout le pourtour des murs. Les deux premiers de ces balcons formaient, au moyeî) de séparations à claire voie, des loges, tandis que le plus élevé ressemblait à une sorte de promenoir où l'on se plaçait à son gré. Le plafond de Lemaire, si admire'1 en [64o, avait été détruit et remplacé par un grand vélum de toile bleue maintenu par des cordages, et qui cachait la fameuse toiture de « charpentes aussi légères que puissantes3 ». Pour la représentation de Psyche\ en 1671, Molière lit refaire un plafond el éleva le niveau de la scène, qui n'avait alors aucun dessous, aménagement indispensable cependant pour

Page 1