‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 19 sur 322 · Paulin Paris, Leçon au Collège de France, du 7 mai i · texte numérisé non relu

Paulin Paris, Leçon au Collège de France, du 7 mai i

/j Moue, Schauspiele des Mitlelalters, Manheim, i852. Karl Hase (Das geistliche Schauspiel, p. 35) a discuté sa théorie.

5. Celte multitude d'acteurs, comme aussi l'alïluence des spectateurs et la longue durée des pièces, donnèrent naissance en Allemagne à des habitudes d'intempérance et d'ivrognerie carac-

LA SCÈNE

s'adonnaient surtout au théâtre. Au xvi° siècle, les bouchers, à Fribourgen-brisgau, jouaient tous les sept ans le Mystère de la Passion, comme les habitants d'Oberammergau la jouent actuellement tous les dix ans.

Concluons donc qu'en Allemagne le théâtre liturgique possède une mise en scène identique à celle qu'il a en France, et que, dans les deux pays, les errements sont les mêmes.

téristiques. « Comme les représentations duraient de nombreux jours, quelquefois même de nombreuses semaines, naturellement ni le public ni les acteurs ne pouvaient rester aussi longtemps le gosier sec. Il fallait festiner, et avant tout, suivant la louable habitude allemande, il fallait boire quelque chose, et quelque chose de réconfortant; aussi des repas, des banquets, des bacchanales, venaient-ils s'ajouter aux représentations liturgiques. Et nous savons que plus d'une fois la pièce n'a pu être jouée jusqu'au bout parce que le saint Abraham s'est cassé le

cou, étant ivre, ou bien parce que Chérubin et Séraphin se sont battus et mis la (igure en sang »

(Prutz, F'o^lesungen tiber die G es chichi e des deustschen Thealers, Berlin, 1817, p. 18.)

Page 1