Ibidem
\. Germain Brice, loce citât o.
5. Outre les plans reproduits dans Y Encyclopédie, dans Dumont, dans la topographie de Paris à la Bibliothèque nationale (cabinet des Estampes), on pouvait voir en 1878 et en 1889, à l'Exposition des Théâtres, la restitution en ronde bosse de celte salle, exécutée sous la direction de M. Nuitter.
LES SALLES DE SPECTACLE
abaissent le plancher du parterre, chargé quelquefois de plus de vingt personnes. Quand il est à la hauteur qui convient, six chevrettes fou lâchées, couchées dessous entre les solives de ce plancher, se dressent et se soutiennent avec quatre branches en fer, attachées aux deux côtés qui reçoivent les battants1. »
En réunissant ces renseignements sur les salles de spectacle, nous avons constaté que les comédiens, au moins les principaux d'entre eux, avaient chacun une loge, tandis qu'au commencement du xvnc siècle une salle commune leur suffisait. Nous ignorons comment étaient ces loges. Y avait-il aussi une salle de réunion pour les acteurs, qui correspondait au foyer des théâtres modernes? Comment étaient les escaliers de communication des divers étages et les dégagements pour le public? Autant de questions que nous considérons comme insolubles. La seule chose que nous puissions affirmer, c'est qu'à la fin du xvue siècle aucune salle française n'avait encore la forme d'un cercle coupé aux trois quarts par la scène, disposition particulière inventée â Venise en [G372 et que nous ne verrons dans notre pays qu'au milieu du xviii6 siècle. On s'en était tenu au rectangle arrondi à une de ses extrémités ou à l'ellipse tronquée par son milieu.
Les dégagements' et les moyens d'accéder aux places dans les salles primitives sont intéressants à étudier. Nous savons que, pour pénétrer dans les deux balcons superposés qui bordaient les murs opposés à la scène de la salle du Petit-Bourbon, il fallait entrer d'abord dans la salle, aux angles de laquelle on trouvait des escaliers intérieurs en spirale par où l'on montait.
Cette disposition fut forcement continuée dans les jeux de paume transformés en salles de théâtre par ce seul fait qu'il n'y avait pas de corridor extérieur, permettant d'entrer de plain pied dans les balcons par des portes de derrière. Lorsque Richelieu construisit la salle du Palais-Royal dans son palais, il fit mettre des corridors extérieurs d'où l'on pénétrait dans les loges en galerie; mais à l'Hôtel de Bourgogne il n'en était encore rien.
Au théâtre de la rue Mazarine (successivement occupé par l'Opéra et la Comédie-Française), il devait y avoir des entrées extérieures au
1. Histoire journalière de Paris, par Dubois de Saint-Gelais, Paris, édition des Bibliophiles, 1 885 , p. 4a, et Charles Bourgoing, Traité de la Perspective affranchie, Paris, r66l.
■2. Voir le théâtre de San Cassiano dans Contant et Filippi, Parallèle des prïncipaiu théâtres modernes de l'Europe et des machines théâtrales . Paris, i 860.
LE THÉÂTRE AU KVIP SÏÈCXE
premier rang de loges, tandis qu'on n'accédait aux autres rangs que par l'intérieur'. La salle des machines aux Tuileries et celle du Théâtre- Français de 1689 (rue de L'Ancienne-Comédie) avaient au contraire des corridors extérieurs' à chaque étage de loges, et à partir de la fin du siècle tous les théâtres construits en France auront des dégagements ou corridors à chacun de leurs étages.
Dans les anciens jeux de paume, comme au Petit-Bourbon, comme au vieil Hôtel de Bourgogne, on entrait par une porte unique placée au fond de la salle. D'où la nécessité du parterre debout.
Richelieu inaugura les deux entrées latérales près de la scène, disposition qui fut continuée depuis, dans la salle de la rue Mazarine et dans les autres théâtres.
Nous en concluons qu'en matière de constructions théâtrales, il faut distinguer les théâtres spécialement construits dans le but d'y donner des représentations, et ceux installés dans une salle quelconque, dans une cour couverte ou dans des jeux de paume appropriés par occasion.
Les théâtres élevés sur des plans conçus pour satisfaire à toutes les nécessités des acteurs et des spectateurs présentent, à partir de cette époque, tous les agencements encore en usage de nos jours et sont impropres à nous faire connaître ce qu'étaient les salles de jeux de paume, théâtres improvisés par le hasard. Mais si, parcourant la capitale, nous examinons certains cafés-concerts établis dans une cour couverte ou dans une grande salle, nous retrouverons les dispositions identiques à celles de l'Hôtel de Bourgogne, du théâtre du Marais et de l'Illustre Théâtre. Pour mieux préciser, nous pouvons signaler, comme représentant le plus exactement les théâtres du xvn1 siècle, la salle du Goncert- Parisien, qui jouit en ce moment d'une vogue de circonstance.
i Voir l'ancien état des constructions d'après les plans de MM. Barbier et Vasserot publié par Nuitter et Thoinan, les Origines de l'Opéra français. Paris, 188G, p. i/|G. Dans la coupe des bâtiments existant vers 1840 on voit une grande haie au premier étage qui laisse supposer <ju'il y avait communication entre le corridor extérieur et celle des lignes de loges placées à cette hauteur.