CHAPITRE IV
LE PUBLIC, L'ÉCLAIRAGE, LES INCENDIES
C'est vers le milieu du xvne siècle que s'est formé au théâtre ce qu'on est convenu d'appeler le public. Jusqu'alors, les pièces, à cause de leur grossièreté, n'attiraient que des spectateurs de la plus vile espèce, et l'aménagement intérieur laissait tous les assistants dans une telle promiscuité qu'il était difficile à des personnes de condition de pénétrer dans les salles, qui ressemblaient plutôt à des cavernes de brigands qu'à des centres de distraction noble et relevée.
Certes, sous Louis XIV, le parterre est encore bruyant; les laquais et les pages s'y livrent encore à des rixes, et en plein théâtre on assiste souvent à des bagarres suivies de mort d'hommes'.
Aussi les règlements de police se multiplient-ils, et à la fin du siècle force reste à l'autorité5. On ne pénètre plus en armes au théâtre, les perturbateurs sont impitoyablement expulsés, et au contraire les loges sont occupées par les personnages les plus marquants et les bourgeois les plus riches. La critique assiste aux premières représentations, et pourtant le goût du public est encore peu raffiné, puisque, quand il y a exécution à la Grève, l'attrait de ce spectacle, même lorsqu'on donne une première de Racine, enlève au théâtre ses auditeurs et que la salle demeure presque vide5.
La disposition des salles de spectacle est différente dans la seconde moitié du xvn° siècle de ce qu'elle était sous Henri IV et sous Louis XIII. Alors, tout le public était mélangé; il n'y avait pas de places réservées. Sous Louis XIV, au contraire, des galeries, des loges et des amphithéâtres