‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 194 sur 322 · Mercure français, ifilS, t. IV, p. y · texte numérisé non relu

Mercure français, ifilS, t. IV, p. y

j. K. Despois, /(• Théâtre en 1'' rame sens Louis XII'. Paris, i88d, p. I i )

LE PUBLIC, L'ÉCLAIRAGE, LES INCENDIES

plus tardive, et à la fin du règne de Louis XIV elles commencèrent vers cinq heures et se terminèrent avant sept heures.

Ainsi, le jour ou Molière mourut, la représentation du Malade imaginaire avait commencé à quatre heures et demie et fini à six heures; mais il est à noter, qu'étant soufïVant, Molière avait joué plus tôt qu'à l'ordinaire. D'autre part, Boursaull, rendant compte de la première représentation de Britannicus, nous dit que tout était fini à sept heures1.

En 1 7 1 3, l'opéra commençait encore à cinq heures et demie, mais, que ce fût en été ou en hiver, les salles où on le jouait et particulièrement celle de la rue Mazarine étaient assez sombres pour qu'on dût les éclairer.

Dès 1640, à l'Hôtel de Bourgogne et au théâtre du Marais, on commença à avoir des luminaires. On eut d'abord recours à quelques chandelles placées au fond du décor. Les acteurs, recevant la lumière par derrière, ne présentaient qu'une silhouette noire, et l'on croyait assister à une exhibition d'ombres chinoises. On mit ensuite des candélabres faits de lattes en bois grossier sur le devant du théâtre. Ce fut le principe de la rampe. Enfin, vers 1600, apparurent les lustres en cristal découpé pendant devant la scène; ils descendaient et remontaient à volonté2, comme on peut le voir dans la gravure de Charles Coypel représentant la scène et le rideau du Théâtre-Français de la rue de l'Ancienne-Comédie vers 172G.

A l'Hôtel de Bourgogne, il y avait, vers 1600, environ 6 lustres en cristal sur la scène, et sur le devant des lattes supportant de petits lampions espacés formaient la rampe'. Au Palais-Koyal, Molière avait sur la scène 12 lustres à 10 chandelles chacun, et la rampe se composait de 48 chandelles*. Pour les lustres, on employait des chandelles de six à la livre; pour la rampe, elles étaient de huit à la livre. On remplaça souvent les chandelles par des lampions en biscuit composés de graisse, auxquels on substituait des bougies quand le roi venait. Ainsi est représentée, vers 1660, la scène de la troupe des comédiens royaux sur le tableau conservé au foyer des artistes de la Comédie-Française*.

I. Boursaull, Artémise et Polianthc. Paris, Guignard, 1670, p. 1-16.

a. E. Despois, le Théâtre en France sous Louis XIV. Paris, i88(>, p. 126.

3. Ed. Thierry, Documents sur le Malade imaginaire. Paris. 1880, p l5o.

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