Jules Bonnassies, op. cit., p
5. On employait moins volontiers les cierges, parce que la chaleur île la salle les laisait foudre trop vile et que la cire tombait sur les assistants.
LE THEATRE AU XVIIe SIÈCLE.
Voici en outre, autant que nous avons pu le relever dans les comptes du garde-meuble, le détail de l'éclairage pour les représentations royales données à la fin du xvn* et au commencement du xviii'; siècle, à Paris et à Versailles.
Pour la représentation de Britannicus au château de Versailles, le 5 juillet 1695, la salle du château où se donne le spectacle est éclairée par 8 lustres à 8 bougies chacun, plus 4° bougies sur les bas côtés de la scène, 70 pour la rampe et 18 pour les hautes galeries. Toutes ces bougies sont de cinq à la livre et en cire blanche. Celles des coulisses et des dessous du théâtre sont en cire jaune1.
Par suite d'une de ces volontés de satrape fréquentes de la part de Louis XIV, il confia l'administration des théâtres à sa belle-fille, la grande dauphine. Celle-ci ne s'en occupait que nominativement; mais les grâces et les règlements concernant les spectacles devaient être contresignés et promulgués par elle. Aussi les comédiens cherchaient-ils par tous les moyens possibles à se faire bien voir de leur haute protectrice et de son mari. Quant au dauphin, le lourd et insignifiant fils de Louis XIV, il paraissait s'intéresser fort peu au théâtre. Lorsque la Comédie-Française s'installa dans le nouveau local qu'elle avait fait construire rue des Fossés-Saint-Germain, elle députa un certain nombre de ses membres pour l'inviter à une représentation somptueuse; le prince promit de s'y rendre, mais il n'en fit rien, et l'invitation plusieurs fois renouvelée fut plusieurs fois acceptée sans que jamais le dauphin donnât suite à son projet. Ce ne fut qu'en février 169G que Monseigneur se rendit à la représentation de Polyxène. On comprend si les comédiens — qui dans celte occasion recevaient une subvention de la cour — firent luxueusement les choses. L'éclairage surtout avait été soigné pour la circonstance. Il y avait it\ lustres de bougies qui firent remarquer les peintures et briller les ornements. Le prince et sa suite dirent en rentrant à Versailles que la représentation et l'aspect de la salle avaient été fort beaux2.
Pour la comédie de Psyché, représentée encore devant Monseigneur à Paris, au même théâtre, le 10 juillet 1708, l'éclairage est somptueux' :