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PRÉFACE

matiques, apparut tout à coup la fameuse unité de lieu, et comment, dans l'esprit de ceux qui l'imposèrent, elle était un progrès vers la vraisemblance au Théâtre, nous dirions aujourd'hui un pas eu avant dans le réalisme.

Nous sommes heureux de le constater, et nous le disons, animés à la fois par un profond sentiment de satisfaction patriotique el par une sincère conviction, à laquelle nous ont conduit non seulement cette étude, mais encore toutes celles que nous avons faites sur l'histoire des différentes branches de l'art et de l'industrie : la France a, par le goût naturel de ses enfants, par ses qualités innées d'application et de persévérance, une supériorité incontestable sur les autres pays en tout, ce qui concerne les arts, aussi bien au théâtre qu'en sculpture, en peinture et en architecture.

Ce n'est pas qu'à bien des moments les autres pays n'aient eu des œuvres et des hommes plus éminents, mais dans son ensemble l'œuvre de la France a été une, et ses défaillances n'ont jamais été que de courte durée. De plus, l'esprit français est ainsi fait qu'il s'assimile avec une extrême facilité les inventions cl les découvertes qui constituent la supériorité passagère des autres nations. Mais ce n'est jamais pour les appliquer brutalement : il les transforme, il les perfectionne, il leur donne un caractère nouveau, et il crée en quelque sorte une œuvre personnelle.

Ce livre tout entier sera, nous l'espérons, la confirmation de cette théorie.

C'est le vœu le plus ardent de celui qui l'a écrit.

Paris, septembre r8o3.

Outre les remerciements que nous avons adressés dans le cours de cet ouvrage aux différentes personnes qui ont bien voulu nous aider de leurs lumières et nous fournir des renseignements, nous exprimons ici notre gratitude toute particulière à M. Victorien Sardou, à M. Nuitter, archiviste de l'Opéra, à M. Monval, archiviste de la Comédie-Française, à M. Bouchot, conservateur du Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale, à MM. Boyer, archiviste du Cher, Vinet, archiviste de la Somme, à M. Guibertde Limoges, à MM. Moynet, Ronsin, Lormier, Halle, dont nous avons mis maintes fois l'obligeance à contribution. Nous remercions également MM. Didot, qui, avec leur amabilité habituelle, ont mis à notre disposition une grande partie des clichés de gravures extraites de leurs magnifiques publications sur le Moyen Age, le xvne et le xviue siècle, et qui sont reproduites dans notre texte. MM. Rigal, professeur à la Faculté d'Aix, et Decaux, directeur de la Librairie illustrée, ont bien voulu aussi nous prêter, l'un le cliché du décor de Cornélie, l'autre celui du Théâtre de la Cour aux Tuileries sous l'Empire, dont le lecteur appréciera l'intérêt.

Enfin, M. Paul Lippmann, qui depuis trois ans s'est occupé avec nous du dépouillement des nombreux documents imprimés ou manuscrits que nous avons consultés, qui a principalement dirigé ses recherches du côté des ouvrages étrangers et qui a consacré ses soins à la confection des tables, à la correction et à l'impression de ce volume, a droit aussi à nos meilleurs remerciements, que nous sommes heureux de lui adresser ici publiquement.

Cet ouvrage est divisé en trois parties :

La première est relative au Théâtre primitif du Moyen Age;

La deuxième comprend les origines du Théâtre moderne;

La troisième étudie le Théâtre à son apogée et dans les temps modernes.

Chacune de ces parties se divise en livres :

Dans la période du Moyen Age, le premier livre est consacré aux pièces dialoguées tant religieuses que profanes; le deuxième livre traite des spectacles mimés, principalement ceux des entrées de souverains dans leurs bonnes villes.

Pendant la Renaissance, les genres se multipliant, nous avons cru devoir consacrer le premier livre aux débuts de la tragédie et de la comédie françaises, le deuxième au théâtre lyrique, opéra et ballets, le troisième aux commencements des théâtres étrangers, qu'il était indispensable d'étudier pour saisir leur influence sur le Théâtre en France et les rapports qu'il a avec eux.

Pour la période moderne, les livres correspondent aux grandes époques du siècle de Louis XIV, du xvm° siècle et des temps contemporains.

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