Voici ce que dil Loret en parlant de cette actrice
De la lin Parc rien je ne dis, Oui rendait les gens esbaudis, Par ses appas, par sa prestance lit par ses beaux pas et sa danse.
(Muse historique. Lettre du 2 février iG<>j.)
4. Loiseleur, les Points obscurs de la fie de Molière. Paris, 187O, p. 289.
5. Registre de la Grange, publié par Ed. Thierry, préface, p. x\n.
LE COSTUME
lurent toutes en avoir un pareil1. Ce n'est donc pas de nos jours seulement que les actrices donnent Le ton aux toilettes des femmes du monde.
Les comédies de Molière se jouent dans les costumes à la mode du jour; on y ajoutait, quand les rôles le comportaient, quelques-uns des vêtements de la comédie italienne, tels que ceux de Sganarelle, de Mascarille, de Scapin, ou plus tard de Crispin. Les acteurs revêtaient alors les habits introduits en France par les Italiens et qui chez eux étaient traditionnels depuis un demi-siècle.
L'inventaire après décès de Molière donne le détail précis de ses habits, qui sont ceux de ses contemporains, variant suivant la mode de l'époque où il les a composés et suivant le personnage qu'il joue. Celui d'Amphitryon est des plus curieux. Il se compose d'un « tonnelet (petit jupon) de taffetas vert avec une dentelle d'argent fin, une chemisette de même taffetas, deux cuissards de satin rouge, une paire de souliers lacés d'un galon d'argent, avec un bas de soie céladon, les festons, la ceinture, un jupon et un bonnet brodé or et argent fin2 ». Celui de Don Juan donne une idée de la façon dont s'habillaient les élégants de l'époque : « un jupon de satin aurore, une camisole de toile à parements d'or, un pourpoint de satin à fleurs3 ».
Le costume de sa femme pour la pièce de Psyché montre qu'avec deux ou trois rangs de dentelle d'argent formant baldaquin sur la robe on obtenait la réalisation de costumes mythologiques à la façon de la cour de Versailles, que nous voyons si souvent reproduits par la gravure. Cet habit consistait en « une jupe de toile d'or, garnie de trois dentelles d'argent, avec un corps en broderie garni d'un tonnelet et manches d'or et d'argent fin; une autre jupe de toile d'argent, dont le devant était orné de plusieurs dentelles d'argent fin, avec une mante de crêpe garnie de pareille dentelle et une autre jupe de moire vert et argent, garnie de dentelle fausse, avec le corps en broderie, le tonnelet et les manches garnis d'or et d'argent fin; une troisième jupe de taffetas d'Angleterre bleu, garnie de quatre dentelles d'argent fin4 ».
Gomme la comédie, la tragédie se jouait avec les costumes de