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Mémoires du duc de Luynes, édition Soulié, t. IX, p

3. Ibidem t. VIII, p. î56. A l'une de ces représentations, Mme de Pompadour, comme l'avait fait Mme Favart à la veille de la bataille de Fontenoy, au camp du maréchal de Saxe, s'avança sur la scène et récita elle-même ces vers qui consacraient la victoire de Raucoux :

Sanglants théâtres des batailles, Fontenoy, Laufeldt et Raucoux, Fières tours, superbes murailles.

Monuments d'un juste courroux, Vojcz. la discorde insensée, Sous nos coups cent fois terrassée.

A de nouveaux périls voler.

() monstre <|ue la haine inspire.

De Paris respecte l'empire, Du son glaire va l'immoler.

LE THÉÂTRE DE SOCIÉTÉ

inscrits sur la liste : les heureux élus pénétraient immédiatement clans les petits appartements, et les autres se retiraient la tète basse1.

Lorsque Mme de Pompadour fait construire le château de Bellevue, elle y établit encore un théâtre, dont la décoration, de style chinois5, est due à Boucher, Nelson, Gavau, Jenson, Oudry, Brunetli, Dubois et Martin le vernisseur, pour la peinture; à Coustou, Verbrecht et Rousseau pour la sculpture. Caffieri en fait les dorures, et La Marlinière les parties émaillées. Cette petite bonbonnière coûte à Louis XV la bagatelle de deux cent vingt-six mille francs!3

Mme de Pompadour, durant les séjours qu'elle fait à Bellevue, y donne des représentations auxquelles assiste Louis XV.

Lorsqu'elle est dégoûtée de Bellevue, elle revend ce château, d'une valeur de plusieurs millions, pour deux cent mille francs, à son roya amant4. Par l'ordre de ce dernier, on enlève la salle de spectacle, on en transporte les pièces à Paris, et on la remonte dans l'hôtel des Menus, situé rue Bergère, là oû est actuellement le Conservatoire de Musique, et, quand elle est réinstallée, le maréchal de Richelieu, premier gentilhomme de la Chambre, y fait donner des spectacles à sa guise : Dieu sait ce que, sous la direction de l'homme le plus galant du siècle, pouvaient être ces spectacles !

A la fin du règne de Louis XV, Marie-Antoinette et ses deux bellessœurs, les comtesses de Provence et d'Artois, presque enfants encore, cherchent à s'amuser dans le gigantesque château que Louis XV, comme son bisaïeul8, remplit de son ennui. Elles imaginent d'organiser, dans un petit cabinet ignoré de tous, un théâtre dont les représentations ne sortent pas de leur cercle. Mais, de crainte d'indiscrétions, ces exercices cessent bientôt. Lorsqu'elle est reine, Marie-Antoinette, qui toute jeune a joué la comédie ou des ballets en Autriche, profite de sa situation de souveraine pour s'adonner de nouveau aux planches. Elle fait construire dans une galerie du Grand Trianon un

I. Mémoires inédits de Mme de AT..., reproduits par Gaston Maugras : le Duc de Lauzun et la cour intime de Louis XV, Paris, 1893, p. lo3.

1. Mémoires de d'Jrgenson, publiés par Rathery, t. VII, p. 85.

3. État des dépenses de Mme de Pompadour, publié par M. Le Roy, bibliothécaire h Versailles.

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