Mercure de France, mars 1728, p. 5()o et suivantes
2. Ibidem, janvier l73o, p. 147; et les frères Parfait, Histoire de l'Académie de Musique, Bibliothèque nationale, ms. fonds fr. 12355.
LA DECORATION ET LES DECORATEURS
cultes dans l'exécution matérielle du décor. Jusqu'alors, les châssis réguliers, mus par des mécaniques, se plaçaient symétriquement, sans exiger aucun effort intellectuel de celui qui les construisait et de ceux qui les montaient. Leur plantation cessant d'être régulière, il fallut combiner les modèles ou maquettes de telle façon qu'elles fussent maniables sur la scène; et la disposition des diverses parties du décor devait être agencée en vue de laisser des espaces suffisants au passage des figurants, et en même temps de présenter dans toutes leurs parties un point de vue complet pour les spectateurs placés dans divers endroits de la salle.
Servandoni résolut tous ces problèmes : les maquettes qu'il fit purent toujours être exécutées par les peintres placés sous ses ordres, et les machinistes surent en faire l'emploi tant à l'avantage des jeux de scène qu'à celui de la vue des spectateurs.
Successivement Servandoni fait pendant
dix-huit années plus de soixante décorations remarquables pour l'Opéra, parmi lesquelles le palais de INinive, le temple de Minerve, le palais du Soleil et le palais de Scanderberg.
Tandis qu'il travaille aux décorations de l'Opéra, le roi lui concède la salle des machines, aux Tuileries, pour son usage personnel. Il y expose des dioramas dont les sujets sont religieux ou historiques. « La musique accompagnait les transformations, qui s'opéraient aux veux des spectateurs au moyen de machines. Les seuls acteurs qui parurent dans ces pièces étaient des mimes, qui n'avaient qu'à compléter l'effet des tableaux1. »
Le premier qu'il exposa représentait l'église Saint-Pierre de Rome2. L'année suivante, il donne Y Histoire de Pandore, dont il rend les