LE THEATRE DE LA COUR SOUS L'EMPIRE
Avec le Consulat et l'Empire, les pièces politiques et d'actualité disparaissent : la censure cl la police ne les autorisent plus, et un décret impérial de 1807 réduit à huit le nombre des théâtres.
Le Théâtre-Français n'a guère d'éclat, par suite de la pénurie de poètes et de dramaturges. Les Templiers, de Ravnouard, sont la seule pièce à succès de l'époque, et cependant quelle magnifique pléiade d'acteurs! Talma, Fleury, Raptisle, Mlles Duchesnois, Georges, Raucourt, Mars, qui maintiennent au premier rang l'art de la déclamation. Jamais, à aucune époque, le répertoire de Corneille, de Racine et de Molière n'a eu de meilleurs interprètes.
A l'encontre de la comédie et de la tragédie, la musique brille d'un certain éclat. Méhul, Cherubini, Spontini, Lesueur, produisent continuellement des œuvres fort intéressantes, et qu'on admire encore.
Dans les premières années du siècle, le théâtre Feydeau est de tous le plus fréquenté. Le talent charmant d'Elleviou y attire le monde élégant. Dans une des loges de cette salle, Madame Mère, avec quelques-uns des membres de sa famille, attendra, durant la représentation, le résultat de la journée du 18 Brumaire.
La mise en scène y est, du reste, plus soignée qu'ailleurs, puisque, en dehors de l'Opéra, c'est le premier théâtre où l'on signale des décors exécutés avec goùl et dont on nomme les auteurs. En 1797, le journal le Miroir'1 vante les décorations de l'opéra de Medée, des frères Degolli, qui méritent l'approbation générale des connaisseurs.
Dans la salle, il y a des arrière-loges séparées des loges par un rideau. On ferme quelquefois ce rideau, et dans le fond on tient