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Voir le Mystère de saint Dider, déjà cité, p. a

G. Dans les Mystères de Noël et de V Annonciation, joués à Dieppe au xvc siècle, figurait une statuette de Vierge qui agitait la tête et les bras et dont les yeux se levaient vers le ciel. Charles Magnin, Histoire des Marionnettes au théâtre, déjà citée p. 118; Desmarquets, Mémoires chronologiques pour servira l'histoire de Dieppe, t. I, p. f>8 et suivantes; Edouard Fleury, Origines et développements de fart théâtral dans la province ecclésiastique de Reims, Laon, 1 88 r , in-8, p 61; I,. Vitet, Histoire de Dieppe, éd. Gossclin, p. 35 à (fj .

LES MYSTÈRES DIALOGUES

accouche », — « une légion de diables qui se changent en pourceaux et se jettent en la mer », — « l'homme hydropique, terriblement enflé et qu'en un moment, à la parole du Christ, on perçoit désenflé », — « un figuier couvert de feuilles, qui se dépouillait tout d'un coup et finissait par être sec1 » ; enfin bien d'autres jeux de scène non moins admirés.

Les marionnettes jouent dans certains spectacles un rôle prédominant. Dans les Mitouries de Dieppe, par exemple, Dieu le Père siégeait, comme dans tous les Mystères, au haut d'une tribune dont les portants montaient jusqu'à la voûte de l'église et étaient tendus d'étoffe bleue, parsemée d'étoiles d'or. Autour de lui, des anges marionnettes faisaient des prodiges d'agilité, voltigeant et agitant leurs ailes; la Vierge, autre marionnette, était étendue sur un lit mortuaire, et au commencement de la cérémonie des anges venaient la prendre et la transportaient à côté de Dieu le Père, dans le Paradis. Mais cette assomption était longue, et pendant qu'elle s'exécutait la Vierge levait continuellement les bras au ciel, comme pour représenter le désir qu'elle avait d'y arriver plus tôt.

A Tours, au xve siècle, on représentait tous les ans à la Pentecôte, dans le chœur de la cathédrale, la descente du Saint-Esprit, au moyen d'une colombe empaillée, au moment où l'on entonnait le Veni Creator. Des scènes identiques se renouvelaient dans beaucoup de pays pour cette fête et pour d'autres".

Au commencement du xvie siècle, un prédicateur franciscain qui parcourait l'Est de la Erance se faisait accompagner d'un théâtre de marionnettes qu'il établissait, quand il prêchait, non loin de la chaire, et il joignait à ses discours la démonstration dramatique du jeu de ses poupées. Il vint ainsi prêcher le carême de l'année i5i5 à Metz, et le vendredi saint, faisant le récit de la Passion, il s'arrêtait à certains endroits de son sermon, donnait un signal, et aussitôt on tirait le rideau du théâtre : les fidèles voyaient alors devant eux les événements que l'on venait de leur raconter3.

En Allemagne, on donnait également des représentations de marionnettes, comme celles des Mitouries de Dieppe. A Lubeck, en 14^7, on

1. Au théâtre anglais de Drury-Lane, au milieu du xvie siècle, on voyait « un arbre enchanté qui poussait lentement des feuilles, ensuite des fleurs, ensuite du fruit. Le fruit tombait, les feuilles se desséchaient et l'arbre lui-même était consumé parla foudre. » (Grobert, De l'exécution dramatique considérée dans ses Rapports avec le matériel delà salle et de la scène, Paris, 180g, p. a38.)

■),. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1889, t. VIII, p. ?.3, article de l'abbé M étais, déjà cité.

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