‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 28 sur 322 · Ch. Ahel, op. cit., préface, passim · texte numérisé non relu

Ch. Ahel, op. cit., préface, passim

COSTUMES ET JEUX DE MISE EN SCÈNE

jouait V Annonciation. Au centre de l'église se trouvait un trône sur lequel Dieu le Père était assis, tenant dans sa main gauche L'Evangile; en bas, on voyait un lit et sur ce lit un enfant en habit de fdle, que présentait la Vierge Marie

La représentation se terminait par des éclats de tonnerre et l'embrasement général de l'église, au moyen d'effets pyrotechniques'.

A partir du xvne siècle, les marionnettes servirent dans beaucoup d'endroits à représenter les scènes religieuses que les évèques défendaient de jouer sur des échafauds.

Les Mystères, entre autres celui du Vieil Testament, embrassent quelquefois plusieurs siècles; les personnages y figurent à différents âges, d'abord comme jeunes enfants, et quelques instants après comme hommes mûrs ou vieillards. Alors le rôle est joué par plusieurs acteurs; ainsi David est d'abord figuré par un enfant, et, quand il est roi, par un homme. La Vierge paraît aussi en petite fille et ensuite à l'âge où elle est mère du Christ. Le libretto indique le changement du rôle : « Icy finist le petit David et commence le grant David » ; ou bien : « Icy commence la grant Nostre-Dame ». Du reste la convention n'est-elle pas encore la base du théâtre, même le plus moderne!

On faisait précéder la représentation du Mystère de ce que l'on appelait une monstre ou grande promenade à travers la ville, dans laquelle chacun montrait, en paradant, le costume qu'il devait porter dans la représentation. Jacques Tliiboust2 a laissé une description de la fameuse monstre du Mystère des Actes des Apôtres qui eut lieu à Jiourges en i53G. Puis on commençait la représentation par la lecture d'un prologue. A en croire la miniature des Actes des Apôtres"\ c'aurait été un prêtre en surplis qui serait venu lire le prologue sur un vaste lutrin, comme il aurait lu l'Evangile, et, aussitôt après, la représentation avait lieu. Pendant les intermèdes, les diables ou les fous viennent amuser les spectateurs : leurs jeux répondent assez à nos clowneries modernes. Ces bouffons devaient être des comédiens de profession, car l'exécution de leurs tours et de leurs farces demandait une agilité et une adresse peu communes, que des gens adonnés à ce genre d'exercices peuvent seuls avoir.

1. Alexis Wesselofsky, Deutsche Einfltisse ouf das aile russische Tlicaler, Prag, 1876, p. 5.

2. Jacques Tliiboust, Relation de l'ordre de la triomphale et magnifique monstre du Mystère des Actes des Apôtres, imprimée chez Manceron à Bourges, i83G, in-8, et Hippolytc Boyer, Un Ménage littéraire à Bourges au xvi" siècle (Jacques Tliiboust et sa femme Jeanne de la Fons), Bourges, 1859, in-8.

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