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LES FEMMES SUR LE THEATRE

Au xiv8 siècle et au commencement du xve, les femmes ne figuraient jamais sur la scène; leurs rôles, tels que ceux de la Vierge, de Marie- Madeleine, de Marthe et de sa sœur, etc., étaient joués par des hommes1.

Les prêtres et les laïques jouaient indifféremment les rôles de femmes. Ce fut seulement en i4(38, à Metz, dans le Mystère de sainte Catherine, que les femmes parurent pour la première fois sur la scène. Les Chroniques de Metz* nous racontent que « le personnaige de sainte Catherine étoit porté par une joune fillette aigée de environ dix huict ans, laquelle estoit fille à Dédiet le vairier et fist merveilleusement bien son debvoir au gré et plaisir d'ung chascun ».

Il a été généralement admis que les femmes n'avaient paru qu'exceptionnellement sur la scène des Mystères parlés, et toutefois jamais avant la deuxième moitié du xve siècle, tandis qu'on les avait vues figurer dans toutes les représentations mimées.

Nous croyons cette opinion trop absolue; les femmes devaient jouer, dans les Mystères de l'un et l'autre genre, les rôles que leur constitution,

i . On pourrait mentionner une quantité de faits à l'appui. Bornons-nous à rappeler qu'au Mystère de sainte Barbe, représenté à Metz en 1 485, un jeune barbier nommé Lyonard, ressemblant à une belle « joune fille, fist le personnaige de sainte Barbe si preudemment et si dévotement que plusieurs personnes pleuroient de compassion ; car il tenoit si bonne faconde et manière à ebascun agréable que n'estoit possible de mieulx faire ». (Cité par Petit de Julleville, op. cit., t. II, p. 48, d'après la Chronique de Jacomin Husson, édit. Micbelant, p. i3o.)

A Angers, au Mystère de la Passion de saint Maurice, en i486, Laurent, chapelain de l'église Saint-Maurice, joua le rôle de la Vierge, et Nicolas Pietaut celui de la Madeleine. Voir Petit de Julleville, op. cit., t. II, p. 5i.

D'ailleurs, s'il faut en croire les historiens allemands, le même usage existait en Allemagne, où les rôles de femmes étaient joués par de jeunes hommes ou des petits garçons couverts de masques. Voir Karl Hase, Das geistliche Schauspiel, Leipzig, 1 858, p. 3g.

1. Huguenin, Chroniques de Metz; Jacomin Husson, Chronique publiée par Michelant, p. io3; Journal d'Juhrion, publié par Larehey, p. ag.

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