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LE THEATRE CONTEMPORAIN. LES GENRES NOUVEAUX L'OPÉRETTE ET LA FÉERIE

L'opérette apparaît pour la première fois au moment de la Révolution de 1848. Parisien d'origine et de nature, ce genre se répand bientôt dans le monde entier, et les scènes de la province et de l'étranger s'en emparent peu à peu, tout autant que celles de Paris. Ses débuts sont simples : fille des premiers opéras-comiques et des vaudevilles du commencement du xviii6 siècle, l'opérette ou opéra-bouffe consiste en une série de bouffonneries, sans intrigue appréciable, dans lesquelles l'esprit le plus fin côtoie souvent les plaisanteries les plus faciles et du goût le moins relevé. Le tout est agrémenté d'une musique vive et entraînante, souvent aussi bizarre que le livret qu'elle accompagne. Quelques années après sa naissance seulement, l'opérette atteint son apogée avec Orphée aux Enfers et prend alors les mêmes formules que l'opéra-comique moderne, c'est-à-dire qu'elle se compose de dialogues mêlés de chants, solis, duos, quatuors et chœurs.

L'opérette paraît pour la première fois en 1848, au théâtre des Folies-Nouvelles que vient de fonder Hervé, à l'emplacement actuel du théâtre Déjazet. Ce compositeur emprunte à la mythologie et aux épopées de la Grèce héroïque des sujets que Jules Moineaux travestit en libretti comiques. D'autres compositeurs s'engagent à la suite d'Hervé : Offenbach et Léo Delibes, — depuis membre de l'Institut, — pour ne citer que les plus célèbres, écrivent de scintillantes partitions, que, malgré leurs trente années d'existence, le publie accueille toujours avec le même enthousiasme lorsqu'on les remet au théâtre.

En i854, en vertu de son privilège, Hervé n'avait l'autorisation que de faire paraître deux personnages sur la scène. Voulant un jour introduire un chœur de soldats, il fit peindre par Cham, le caricaturiste,

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