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LA FÉERIE

que jamais sur chacune de ces scènes, alternant avec des drames, parmi lesquels il faut signaler Michel Strogo/f, qui eut un succès inouï grâce à ses décorations, ses costumes et sa machinerie, et le Tour du Monde en quatre-vingts jours, dont les décors, dus aux artistes bordelais Diosse, Arthus et Lorial, et les costumes, dessinés par Manne, excitèrent l'admiration générale.

Quant au théâtre réaliste, dont l'existence remonte aussi à la période du second Empire, il ne marqua pas, au point de vue de la mise en scène, une évolution complète. Bien que déjà, en 1 865, Henriette Maréchal, de MM. de Concourt, eût donné lieu par ses audaces à un véritable scandale, ce n'est guère qu'avec Germinie Lacerteux, montée il y a quelques années par Porel à l'Odéon, que le réalisme en matière de mise en scène prit un caractère artistique. Le dernier tableau de cette pièce, représentant le cimetière Montmartre un soir d'hiver, par un temps de neige, était d'un aspect saisissant. Le décor avait été exécuté par MM. Rubé et Chaperon d'après une esquisse faite sur nature par M. Edmond de Concourt en 1 856.

Le théâtre réaliste, ou plutôt le Théâtre-Libre, sous la direction de M. Antoine, a fait dans ces derniers temps de notables progrès en matière de mise en scène. Sans cesse appliqué à procurer par tous les moyens possibles au public les émotions qu'il doit ressentir par suite même du développement du drame, il a trouvé, grâce à des procédés encore inconnus, le moyen de faire mieux que tout ce qui avait été tenté jusqu'à présent. Du reste, nous avons eu déjà et nous aurons encore l'occasion de parler des innovations de M. Antoine, auxquelles dès à présent nous ne pouvons qu'applaudir.

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