Journal officiel, ?.3 juin 18G
LA MISE EN SCENE
sements où les indigènes s'abrutissent en fumant de l'opium. Ce décor n'occupait que le premier plan de la scène. Tout à coup le fond s'ouvrait, et le spectateur apercevait au deuxième plan le rêve d'un fumeur endormi sur le premier plan. On voyait d'abord un lac limpide bordé de montagnes,
avec
des
végétation
îlots d'une puissante.
Des plantes marines et des fleurs couvraient la surface des lacs représentée par de grandes glaces, placées selon un plan légèrement incliné vers le spectateur; les joints étaient habilement dissimulés par des plantes aquatiques. La réfraction des glaces reproduisait la décoration en la renversant; des groupes de femmes émergeaient de l'eau, portées par des coraux1.
Cette réfraction donnait au spectacle une apparence d'immensité à laquelle une lumière éblouissante ajoutait un éclat prèsque surnaturel.
A Drury-Lane, pour la représentation d'un Manfred quelconque, on se servait également d'une glace immense pour simuler un torrent; sur la largeur totale de cette glace placée presque verticalement, on faisait couler de l'eau. Cette chute ressemblait à une cascade réelle. A un certain moment apparaissait derrière la glace une actrice costumée
Equipe d'un vaisseau sur la scène.