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Godefroy, le Cérémonial français, t. I, p

LES MYSTÈRES MIMÉS AU MOYEN AGE

la chose comme une des plus extraordinaires de ces fêtes. Mais ils avaient compté sans les archives des municipalités qui nous ont dévoilé le secret de la cage1.

Les souhaits que la Ville de Paris avait faits à Ysabeau lorsqu'elle était venue en cette cité après son sacre ne devaient pas être exaucés, car le traité de Troyes, signé par la reine, livrait quelque temps après la France et Paris à l'étranger.

Alors, avec la domination anglaise, qui s'étend sur Paris et tout le nord de la France, commence pour les spectacles de tous genres une époque privilégiée.

Le pays est dans la plus atroce misère; les loups entrent dans la capitale et dévorent les enfants; plus de la moitié des maisons sont vides de leurs habitants; il semble que l'Anglais qui occupe Paris ne règne que sur un monceau de ruines, résultat de la guerre, de la peste et de toutes sortes de maladies. Le duc de Bedford, régent du royaume, veut à toute force ramener la vie dans cette nécropole; il veut aussi se créer des partisans, et comme il ne peut atténuer la misère, il cherche à rendre la faim moins cruelle en multipliant les plaisirs. Jamais, à aucune époque du moyen âge, croyons-nous, les spectacles n'ont été aussi fréquents à Paris que durant son gouvernement. Cette débauche de plaisirs populaires est une des caractéristiques des époques troublées. Le travail cessant, l'artisan ne sait que faire; il faut l'occuper : les mascarades plus ou moins grotesques des processions de fous n'auront pas d'autre but.

Sous la Fronde, et de nos jours, au printemps de l'année 187 1, les mêmes faits se sont renouvelés, différents de forme mais identiques dans le fond.

Le gouvernement anglais débute, en 1 4 20, par l'entrée simultanée de Charles VI et de Henri V à Paris, qui consacre la signature du traité de Troyes. Le régent inaugure, pour recevoir les deux souverains, un nouveau genre de décorations2.

On dresse, rue de la Calandre, devant le Palais, un échafaud de cent pas de long sur lequel est figurée une suite de bas-reliefs de figures vivantes reproduisant la Passion de Jésus-Christ, telle qu'elle était et est encore sur les pourtours en pierre du chœur de Psotre-Dame de Paris. Les scènes n'étaient donc plus sur des échafauds séparés, mais repré-

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