‹ Essai sur l'histoire du théâtreChapitre 43 sur 322 · Albert Babeau, op. ci/., p · texte numérisé non relu

Albert Babeau, op. ci/., p

2. Voir Journal d'un bourgeois de Paris, publié par Tuetey, p. \ \\.

LES MYSTÈRES MIMÉS

sentées côte à cote comme un conte de fées sur une image d'Épinal.

Cette pantomime religieuse fut exécutée par les Confrères de la Passion.

Le lendemain, les deux reines entrent à leur tour et sont reçues par les deux rois. La cérémonie est la même; les spectacles identiques se renouvellent : c'est une fête qui dure quarante-huit heures. Ce qui fait dire au sieur de Saint-Remy : « Tout le jour et la nuit couroit vin par les carrefours habondemment par robinets d'airaine et aultre conduit faict par artilice1. »

En 1422, à l'entrée de la reine d'Angleterre, il n'y a pas de Mystère populaire dans la rue, mais on joue durant deux jours le Mystère de la Passion de saint Georges à l'hôtel de Nesle2, devant un auditoire nombreux de seigneurs anglo-français.

Il semble qu'à Paris, celte fois seulement, on donna une représentation théâtrale de longue durée; en province, au contraire, ce fait se reproduit souvent. Ainsi, pour fêter à Bourg l'entrée du duc de Savoie, beau-père de Louis XI, encore dauphin en î 4 5 1 , on représenta devant le château, durant trois journées, le Mystère de la Vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou la Ruine de Jérusalem. Le duc, la duchesse et leurs enfants y assistèrent. Ce Mystère n'avait pas empêché l'organisation d'échafauds sur le parcours du cortège; lors de son entrée en ville, on y avait joué des signa placabilia ad ridenduni ou « bonnes farces et grimaces à signes plaisants ». On avait aussi, a un carrefour, fait figurer une tour avec une jeune fille, « le tout en vue avec feu grégeois5 ».

Lorsque le duc de Beaufort vient à Paris en il\i\, il voit figurer les scènes du Vieux Testament en « imaiges enlevées contre un mur ». C'est le même procédé qu'en j r\-io, et probablement ce sont encore les Confrères de la Passion qui organisent la représentation.

Les années suivantes, on peignit au Charnier des Innocents la Danse macabre, et, le dernier jour du mois d'août 1426, eut lieu le Combat des aveugles et du pourceau1, sorte de parade bouffonne, dans laquelle quatre hommes, les yeux bandes, enfermés dans une lice

r. Mémoires, édition de la Société d'histoire de France, t. II. p. 32.

1. Journal d'un bourgeois de Paris, publié par Tuetey, p. 171, cl Sauvai, Antiquités de Paris, t. III, p. 266.

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