LES MYSTÈRES A LEUR APOGÉE
Vers la fin du xive siècle et au commencement du xve, on représente des Mystères partout. Avec les confréries et les corporations, ils prennent un caractère séculier et deviennent le grand amusement de la fin du moyen âge1.
Ce développement tient à des causes morales particulières : la société civile a progressé depuis saint Louis; elle a produit des savants illustres; l'industrie est alors son apanage, et l'art de penser n'est plus le monopole de l'Eglise. Celle-ci, par suite, n'a plus les influences qu'elle possédait après les invasions barbares; ses cérémonies ne sont plus poulies peuples ni pour les rois d'un intérêt aussi poignant; elle ne tient plus dans sa main les divertissements. Aussi les cherche-t-on ailleurs. Longtemps on en a été privé; il semble qu'avec l'épanouissement du \ve siècle, il ait passé en France comme un souffle irrésistible de plaisir et d'amusement. La guerre de Cent Ans sévit, le peuple meurt de faim, les bandes de soudards se pillent et s'égorgent entre elles et surtout pillent et égorgent le malheureux peuple; cela n'empêche pas de se distraire ou de chercher à s'amuser du haut en bas de l'échelle sociale*. A vingt-deux ans Charles VI est usé par les plaisirs; son fils perd son royaume au milieu des fêtes, et les populations, avides de spectacles scéniques, s'imposent toutes sortes de privations et de travaux pour assister aux représentations.