L'INFLUENCE DE LA LIGUE SUR LE THEATRE
Soit que le gouvernement de la Ligue supprimât le théâtre et empêchât toute publicité par la déclamation seénique, soit que les habitudes se fussent modifiées et qu'on fût déjà sur le point de connaître la presse, la fin du \vie siècle ne voit plus éclore, sous forme dramatique, les critiques et les controverses si nombreuses du siècle précédent. Libelles et pamphlets volent alors de leurs ailes propres, sans passer par le théâtre; imprimés par milliers, ils se répandent de la main à la main, par voie de colportage. Ainsi parait le plus célèbre d'entre eux, la Satire Mènippce, mise au jour sous forme de livre.
Le théâtre n'abandonne pas cependant les sujets d'actualité; mais les pièces qui en traitent n'ont plus ce caractère de propagande, de polémique ou de controverse qui domine dans les pièces religieuses et politiques du \vic siècle et leur donne le rôle du journal quotidien.
A partir du règne de Henri IV, si l'on retrouve au théâtre quelques exposés critiques, on voit qu'ils n'ont d'autre raison d'être que de contribuer au succès de la pièce. Loin d'être des œuvres de propagande, les pièces d'actualité n'ont alors qu'un seul but, celui d'attirer le monde et de procurer de fortes recettes aux entrepreneurs, aux acteurs et aux auteurs. Si les pièces historiques sont un moment arrêtées après la Ligue, elles reparaissent bien vite sur les planches à la morl de Coneini.
\ucim événement durant le xvnc siècle n'a peut-être (ait couler autanl de Ilots d'encre. On trouve en quantité des brochures et des livres sur le diame peu glorieux qui valut à Yilry le bâton de maréchal.
On ne s'étonnera point que ce fait ait autant servi â défrayer les publicistes cl les dramaturges du commencement du xvne siècle, si on le considère à son point de vue essentiel. La France, avec Marie de Ylcdicis et le gouvernement de son favori, était tombée, sans conquête