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Tallemant, déjà cité, t. Vit, p

LE THÉÂTRE AU XVIe SIÈCLE.

attirer le public, de même qu'à la fin on amusait les spectateurs par quelques couplets comiques, qui tenaient lieu de la farce du xvie siècle.

Le soin de faire ce discours d'ouverture incomba, à l'Hôtel de Bourgogne, à Gautier Garguille durant toute sa vie; il n'y manqua jamais, et même il acquit dans ce genre d'éloquence une réputation telle, que beaucoup de spectateurs ne venaient qu'à la fin du spectacle pour entendre la chanson de cet acteur, encore célèbre de nos jours.

Les malheureux comédiens de province, qui traînaient leurs guêtres de ville en ville, n'étaient pour la plupart que des pitres de foire, dont le talent principal était de faire rire la populace, ce qu'ils obtenaient facilement par leur habileté à s'enfariner la figure à certains moments, comme le raconte Pierre Leloyer1 :

Il savait

Ores sa face enfariner Et puis quelque farce tonner, Ores sous aucune farine Monstrer une troigne badine.

Sous Louis XIII, l'Hôtel de Bourgogne semble abandonner la farce pour se consacrer aux pièces littéraires, principalement à celles inspirées de l'Histoire et de la Fable. Comme la recherche et le soin ne font pas partie du programme, c'est par quelques vêtements de fantaisie à l'antique, tels qu'ils sont représentés dans les peintures du musée de Fontainebleau, que l'on figurait Alexandre ou César. Le même costume, cheveux tombants, cuirasse collant au corps, avec tonnelets, brodequins et casque à panache, sert à tous les rôles historiques, depuis David et Salomon jusqu'à Charles V.

Nous verrons que, sous Louis XIV, ces pièces de l'Histoire et de la Fable sont jouées en perruque et pourpoint. Mais, sous Louis XIII, l'exactitude du costume n'allait pas plus loin que de mettre des turbans aux Turcs.

Alors les comédiens de Paris ou des provinces n'étaient guère considérés. Tallemant les appelle presque tous filous. C'étaient, à coup sûr, des gens peu scrupuleux, et les pièces qu'ils jouaient n'étaient qu'un tissu d'ordures qu'aucune femme de la société ne pouvait entendre. Le chef de la troupe était souvent le concierge du théâtre et faisait la recette à la porte; il n'y avait que peu ou point d'affiches pour annoncer le spectacle : un boniment accompagné de tambour et de flûte en tenait

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