Recueil de Mahelot déjà cité
Voir aussi les gravures représentant les pièces de Molière et Corneille, en tête des éditions originales.
4. Voir Higal, Alexandre Hardy et le Théâtre français, déjà cité, p. 169 et suivantes.
et plus lard pour Y Andromède. Le Cid, joué au théâtre du Marais, n'eut qu'un seul décor. « Tout s'y passe dans Séville, il est vrai, et gaule mie espèce d'unité de lieu, mais le lieu particulier change de scène en scène, et tantôt c'est le palais du roi, l'appartement de l'infante, la chambre de Chimène, une rue ou une place publique1. » Ainsi s'exprime Corneille lui-même. On aurait pu, suivant le principe du décor simultané, représenter, comme Voltaire l'a fait remarquer du reste, « une scène où le décor eût figuré à la fois une ville, un palais, des rues, une place2 », mais le décor ne représentait qu'une chambre à quatre portes, avec un fauteuil pour le rois. Aussi, Scudéry ne manqua pas, à l'apparition de la pièce, de l'attaquer, en disant : « Le théâtre en est si mal entendu, qu'un même lieu représente l'appartement du roi, celui de l'infante, la maison de Chimène et la rue, presque sans changer de face, et que le spectateur ne sait, le plus souvent, où en sont les acteurs1. »
De nos jours, la Comédie-Française, pour marquer le lieu précis de chaque partie de l'action, fait un certain nombre de changements et rétablit ainsi une vraisemblance nécessaire.
Si l'on examine les notes du machiniste Mahelot, on verra que, pour les Horaces, pour Cinna, pour Polyeucte, l'Hôtel de Bourgogne disposait d'un palais à volonté. Les anciennes pièces de Théophile, Mairet, Rotrou, Du Ryer et Hardy avaient au contraire les décors simultanés. Avec la fin du siècle, les principes de l'unité de lieu prévalant, les pièces de Racine, de Molière et d'autres auteurs moins célèbres n'ont besoin que d'un seul décor à sujet unique : un salon, une place publique ou un palais suffisent pour tout le répertoire.
Les pièces à machines demandaient bien d'autres préparatifs; elles débutent au Marais, en 1642, avec l'Orphée, pour se continuer jusqu'à nos jours; mais, pour connaître leur histoire, il faut reprendre l'étude des ballets depuis le règne de Henri IV.