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A Blois, où se tenaient les Etats généraux

5. « Le 19 may, dit Pierre de Lesloile, ils commencèrent leurs comédies en l'hôtel de Bourbon, à Paris. Ils prenoient quatre sols par tête de tous les François, et y avoit tel concours que les quatre meilleurs prédicateurs de Paris n'en avoient pas, tous ensemble, autant quand ils preschoient. »

6. Flaruinius Scala, chef de la troupe des Gelosi, a soin d'indiquer en tête de chaque pièce les accessoires qui sont nécessaires pour la représenter. Il inscrit par exemple dans la liste des « robbe per la comuiedia », « des bâtons pour bàtonner, beaucoup de lanternes, une chatte

LE THEATRE A L'ÉTRANGER

Sous Henri IV, les comédiens italiens reviennent en plus grand nombre; aussitôt les guerres religieuses terminées et la paix rétablie, le roi les fait paraître devant lui comme faisaient ses prédécesseurs. De toutes les troupes italiennes, la cour de France préfère celle des comédiens de M. de Mantoue, et c'est à ce prince qu'on s'adresse pour obtenir L'envoi des meilleurs Arlequins et des meilleurs Scaramouches1. Aussi, à partir de i 5o,5, le théâtre italien, malgré le renouvellement continuel des sujets, est-il une institution permanente à Paris; même, à un certain moment, il prend, sous la conduite d'une comédienne illustre, par sa tenue, sa beauté et son talent, Isabelle Andreini, une situation prépondérante.

Il est probable que les troupes italiennes s'établissaient d'ordinaire à l'Hôtel de Rourgogne, où leurs représentations alternaient a\ec celles de Gautier Garguille et des comédiens royaux; elles venaient aussi accidentellement chez le souverain au Louvre et en province, dans les châteaux, où elles séjournaient à la suite du roi.

Ces bandes ne jouaient pour ainsi dire que la comédie dell' arte, celle d'improvisation. C'est sous Henri IV et Louis XIII que ce genre parvint à son apogée et donna ainsi les formules de la comédie moderne, telles que Molière devait les prendre pour y introduire ses caractères et ses types. Le canevas de chacune des pièces, que les acteurs amplifiaient à volonté, roulait sur les fantaisies et les exagérations d'un caractère déterminé. Tantôt c'était le capitaine Fracasse, enfonceur de portes ouvertes, qui faisait les frais d'une pièce de théâtre, rappelant ainsi le « Miles gloriosus » de Plaute; tantôt c'était le Docteur ou Pédant; puis le Scaramouehe ou le Mezzetin, popularisé en France par Molière sous le nom de Sganarelle ou de Scapin. Dans ces pièces, le même costume se retrouve toujours : le Docteur a celui des maîtres de l'université de Bologne; le capitaine Fracasse, celui de quelque brave de Rrescia; le; Pantalon, type du vieillard grotesque et vicieux, la robe des sénateurs de Venise2; les autres ont des costumes populaires en Italie, qui ont fait leur apparition en France dès la lin du xviu siècle : d'une part,

vivante et un coq vivant, quatre chiens de chasse, un pot de nuit avec du vin blanc dedans,

des costumes de notaires, de pèlerins, de voyageurs, une lune simulée qui se lève » Voir

Louis Moland, Molière et la comédie italienne. Paris, 1867, in-8, p. 64.

1. Armand Baschet, les Comédiens italiens à la cour de France. Paris, 1882, p. io5, 108 et 1,34.

2. Voir Robert Boissart de Valenciennes, Mascarades recueillies cl mises en taille-douce, année 1507. Bibliothèque nationale, cab. des Estampes, Pd 6y.

LE THEATRE EN ITALIE

Robert Boissard de Valeneiennes grave en 1^97, sous le nom de Mascarades recueillies et mises en taille-douce, une série d'acteurs italiens dans l'exercice de leurs fonctions et revêtus de leurs costumes de théâtre; un peu plus tard, un peintre, dont le nom est aujourd'hui perdu, représente la gracieuse Isabelle Andreini sur une scène bordée de rideaux flottants1.

Tandis que les comédies dell' arte se multipliaient en deçà comme au delà des monts, l'opéra, arrêté subitement en France, continuait à se développer en Italie.

Durant les trente premières années du xvne siècle, les cours italiennes mirent en pratique ce que Catherine de Médicis avait inauguré avec la représentation du Ballet de la Reine1. C'étaient des poèmes dialogues, dont différentes parties d'abord, et ensuite la totalité, étaient chantées sur des accompagnements, avec une décoration du genre de celles que nous avons déjà vues se créer au xvie siècle.

Chaque cour, chaque grand seigneur s'adonnait ainsi au théâtre, multipliant les représentations et propageant le genre lyrique, qu'aucun autre pays ne cultivait alors; car Marie de Médicis, quoique Italienne, pendant tout le temps qu'elle est avec les Concini, maîtresse absolue du pouvoir, s'entête dans sa balourdise étroite, ne montrant aucun goût, pas même pour les divertissements en faveur dans son pays d'origine. Il semble qu'elle n'ait aucun désir; en tous cas, elle n'aime pas la musique, et le Ballet de la Reine reste sans lendemain à la cour de France. C'est Mazarin qui, ayant vu dans sa jeunesse les représentations des petites cours du nord de l'Italie, introduira les drames lyriques en France.

ï. Voir dans le Bulletin des musées, publié par MM. Benedit et Garnier, l'article de M. Cousin, bibliothécaire de la Ville de Paris, à propos du tableau du musée Carnavalet. Voir aussi, dans la Chronique des Arts, année 1876, p. l f\0, une note sur le médaillon d'Isabelle Andreini, par Benj. Filon.

2. Parmi les ouvrages dramatiques dans lesquels la musique fut introduite, on peut citer, au commencement du xvnc siècle : 1C08, VOrfeo de Monteverde, et dans les années suivantes : V Andromeda de Ferrari, il Pastore tPÀnfriso de Corradi, Deidamia de Scipione Erico, il Porno di Vcnere de Basso, la Proserpina rapita de Monteverde (i63o), le Nozze de Teti et di Pelio de Cavalli, etc.

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