‹ Essai sur l'histoire du vers françaisChapitre 10 sur 48 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Comparaison entre la langue française et d autres langues

a) Avec le grec et le latin

L'on a commencé à comparer la langue française avec les autres langues, particulièrement le latin et le grec, dès que les lettrés français se sont aperçus de Tétroitesse de leur vers, ce qui s'est produit au fur cl à mesure qu'ils se sont familiarisés avec le système de versification des Grecs. L'étude de la langue les a naturellement amenés à comparer les deux langues, leurs systèmes de versification et plus tard, à l'opocpie de la Renaissance, leur civilisation même. Flus l'étude de la culture étrangère se répandit, plus la littérature et l'art étrangers se généralisèrent en France et plus aussi l'on s'imagina (jue tout ce qui était français était inférieur et que par consécjuent la littérature française devait adopter et imiter les modèles grecs et latins. La simplicité, la tlarté, la logi(jue et la correction qui caractérisent la culture grecque devinrent le but uni{[ue des Français. Toutefois la question de savoir jus(ju*à (juol point ils devaient aller dans ra(lo[)lion d'un modèle étranger devint le sujet de nombreuses et violentes discussions. Le monde littéraire se divisa immédiatement en deux camps. Le xvi« siècle fut la période préparatoire, le xvif résolut delinitivemont la question du vers en même temps (ju'il tixa toutes les branches

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de Tactivité intellectuelle, et le xviii' se mit à défaire l'œuvre du siècle précédent.

Les arguments pour ou contre l'introduction du système classique ont une importance essentielle pour les questions de la rime et du rythme, bref pour les principes mêmes de la structure du vers français et sont particulièrement intéressantes en ce qu'ils révèlent l'attitude de chaque génération successive vis-à-vis de la culture classique de même que la tendance actuelle qui n'est guère qu'un retour aux révoltes passées contre la discipline et la rigidité des règles. L'on verra que la question de la culture classique qui a pénétré tout le système de l'éducation avait la versification pour point de départ. Ses origines remontent aux efforts de quelques poètes pour écrire des vers sans rimes. En 1555 Peletier s'oppose déjà à ces tentatives et en 1578 Jacques de la Taille publie une étude assez complète sur les quantités des voyelles françaises en comparaison des latines dans laquelle il prouve que le français peut allonger ou raccourcir des voyelles de la même manière que le grec et le latin et de plus emprunter des mots à la vieille langue en les rénovant de même qu^'introduire un grand nombre de mots grecs et latins en leur donnant une forme française. 11 pensait que, s'il n'était pas facile de mesurer le vers français, ce n'était pas impossible et qu'en dépit des critiques le temps pourrait démontrer qu'avec quelques changements la langue et la syntaxe s'y prêteraient. L'on peut voir par ce témoignage et par d'autres du temps que la langue française qui était encore plus ou moins en voie de formation était plus susceptible de s'adapter à ces efforts en faveur de la quantité qu'elle ne le fut aux siècles suivants. 11 est absolument indispensable de ne pas perdre cet objet de vue, quand on considère la question du rythme et les essais modernes de vers libres. C'est ce qui constitue l'origine de la querelle, capitale par la suite, des Anciens et des ^lodernes. En 1584

Bèze pose neuf rùj^des déterminant les syllabes longues et brèves en français. Il les emprunte au latin et il compare continuellement le français avec le grec et le latin, surtout en ce qui concerne les accents, les voyelles et les consonnes. Eu 1694, La Croix ouvre une nouvelle phase par son chapitre sur la prononciation dans lequel il expose les raisons d'être de la rime et de la réserve en montrant les ditîérences qu'il y a dans leur nature entre le français et le latin. Fénelon, 1714, dans ses attaques contre la rime soutient que les règles sont plus difficiles et plus complexes que toutes les règles grec([ues et latines ; celles-ci n'étaient pas sans de nombreuses tolérances et les Grecs allaient même jusqu'à se réclamer des dialectes, alors que les poètes français ont autant de mal avec une seule syllabe qu'avec la pensée elle-même. Le latin jouit d'unegrande quantité d'inversions qu'il propose pour le français. Ce sujet a été traité plus complètement encore par Du Bos, 1711), qui mentionne les avantages suivants du latin : plus de facilités, plus de sonorités, plus de transpositions dans la syntaxe, plus de commodité dans le maniement des règles de versitication, plus de clarté dans la structure du vers. Les Français n'ont étudié ni les combinaisons des syllabes, ni ragencemont de mots susceptibles de produire certains etTots, ni lo rythme résultant de la composition des phrases.

Les beautés qui découlent de la simple observation des règles de la poésie latine sont plus grandes que colles qui résultent de l'observation des règles de la poésie française. La raison en est ([ue le latin a des règles délinios au sujet des longues et dos brèves, de leur position dans le vers et qu'il présente une succession déterminée qui est toujours musicale. En français au contraire il n'y a aucune espèce de lois, il j^eut se présenter une série de longues ou de brèves, ce qui est la destruction du rythme. L'on rencontre souvent deux alexandrins de longueur inégale, i{uoi({ue soumis aux mêmes règles.

Dans le chapitre 37 il essaie même de démontrer que les sons latins font une impression moindre sur une oreille française que les sons français, encore que ceux qui savent le latin soient plus frappés par le vers latin que par le vers français, ce qui prouve la supériorité du vers latin. Les étrangers qui savent le français aussi bien que les Français eux-mêmes et les Français qui connaissent bien le latin déclarent que le vers latin est supérieur et procure plus de plaisir que le vers français. Comme cet argument pourrait être aujourd'hui renversé en faveur du français I Depuis que la France a acquis son ascendant en Europe, la langue française semble d'une sonorité plus parfaite, plus rythmique que les autres. Ce point est essentiel pour l'étude des analyses qu'ont données les étrangers du rythme français ou des principes du vers français. Sont-ils compétents pour en juger? Incontestablement ils savent le français aussi bien que les Français du xvir et du xviïf siècle savaient le latin ; cependant leurs analyses du rythme semblent marquer la même partialité en faveur des principes de leur propre langue que Ton trouve en faveur du latin et du grec dans les arguments des critiques qui étaient pour la plupart des prêtres nourris et saturés de latin. A quelque point de vue qu'on se range, ces premiers arguments sont intéressants et essentiels pour l'étude des questions modernes.

RoUin, 1726, est le premier à admettre que ce qui est un délice pour l'oreille dans une langue, comme la rime en français, peut discorder en grec et en latin et que la quantité qui est le principe du vers grec choque les Français. Pour compenser le manque total de la délicatesse et de l'harmonieuse variété des pieds métriques du grec et du latin avec leur douceur et leur agrément la langue française peut oiîrir « l'assortiment uniforme d'un certain nombre de syllabes d'une mesure égale pour composer ses vers. Il a donc fallu, pour arriver à son but

qui est de flatter l'oreille, chereher d'autres grâces et d'autres charmes et suppléer à ce qui lui manquait d'ailleurs par la justesse, la cadence et la richesse des rimes, ce qui fait la principale beauté de la versification française », p. 2()7. Beaucoup considèrent comme un grand défaut que le français soit privé de la liberté presque absolue dans l'agencement des mots qui caractérise le latin et le grec, mais Du Cerceau, 1730, démontre que c'est le contraire qui est vrai. La clarté, dit-il, est une qualité, car Ton parle pour se faire comprendre et le français a sur le latin l'avantage de la clarté. Dans la « liaison des phrases, dans le tissu du discours et dans l'ordre naturel et aisé avec lequel elle développe un raisonnement ou un narré, et en assortit toutes les parties, la langue latine est supérieure, mais pour la régularité et la netteté de la construction elle cède à la nôtre ». Le chapitre Xll sur l'autorité de Tusage dans la langue est particulièrement suggestif. Il montre que chaque langue a divers points de supériorité qu'une autre n'a pas et ne peut pas avoir et qu'on ne peut arguer que si une langue a une propriété ou un avantage, une autre peut l'avoir ou l'adopter, idée très suggestive pour les théoriciens étrangers modernes. La question de savoir s'il y a en français des accents comme en grec et en latin est posée pour la première fois par Olivet, 1730, et tranchée dans le sens de la négative, quoi(|u*il y ait des syllabes longues et brèves dont cependant on n«" peut se servir comme en grec et en latin. Les Français ne doivent pa«* imiter la prosodie classiqui» car leur langue ne s'y prête pas et l'ordre des mots et la structure des phra.ses y sont contraires. Kn français les longues et les brèves ont un autro but (pii est d'exprimer certains états, etc. Les traits ri h»s avantages du vers classique sur lo vers français sont fort bien résumés par Longue, 1737, qui y j«>int, à propos de la rime, le jugement que la rime est à peu près le même obstacle et le même inconvénient dans le vers français que le système des longues et des brèves dans

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le vers classique. Il montre que les poètes français peuvent construire des vers d'après des modèles latins et supprimer peu à peu la rime. Il va même jusqu'à prédire que les générations à venir écriront des vers sans rime ou avec une quantité indéfinie de syllabes et la rime, et il fournit un splendide déploiement d'exemples qui diffèrent peu du vers symboliste moderne.

La relation entre le système de la quantité et le système moderne de l'accent par rapport au style est développée par Marmontel, 1763. L'harmonie du style chez les anciens, dit-il, est basée sur le mélange des sons aigus et des sons graves, celle des modernes sur le mélange des sons plus lents ou plus rapides. Tous nos tems syllabiques sont réduits à la valeur de la longue et de la brève qui donnent une mesure exacte et des nombres réguliers ». Dans ses exemples et son argumentation il fait voir que les langues modernes diffèrent des langues anciennes en ce qui pour celles-ci l'harmonie appartenait à la langue même, tandis que les langues modernes ont eu à la développer au moyen de règles et d'une sensibilité délicate Le système ancien est le seul qui permette la variation des syllabes sans changer ou détruire le rythme.

L'incapacité du français à reproduire le vers latin est habihment démontrée par Clément, 1771. Il s'efforce de faire ressortir par des exemples l'immense infériorité du vers français par rapport au vers latin dont la construction est si variée, «dont les enjambements lui donnent toutes les tournures, toutes les attitudes dont il a besoin. Enfin un vers latin se peut placer à côté de tout autre, sans aucun embarras ; il fera bien partout si le sens l'y permet. Le vers français a une construction bien bornée, point d'enjambement, il ne peut marcher seul, le joug de la rime l'enchaîne nécessairement avec un autre, et pour surcroît il faut quelquefois faire quatre vers pour en amener un ». On trouve à peu près la même chose dans La Harpe, 1799, qui, après avoir énuméré les avantages

du lalin et les désavantages du français, s'exprime ainsi ; « Notre harmonie n'est pas un don de la langue, elle est l'ouvrage du talent : elle ne peut naître que d'une grande habileté de choix et l'arrangement d'un certain nombre de mots, et dans l'exclusion judicieuse donnée au plus grand nombre. Nous avons beaucoup moins de matériaux pour élever l'édifice et ils sont bien moins heureux ; l'honneur en est plus grand pour Tarchitecte. » Avec des désavantages comme l'absence de déclinaisons, des conjugaisons incomplètes ou défectives, des constructions pleines de verbes auxiliaires, de particules, d'articles et de pronoms, peu de prosodie et peu de rythme, un usage très borné de l'inversion, point de mots combinés, la versification n'est essentiellement caractérisée que par la rime. Il conclut que la victoire avec de pareilles armes est une grande victoire pour les génies de la France.

Cet ouvrage est du petit nombre de ceux qui, tout en faisant remarcjuer la grande supériorité du système classique, ne discréditent pas le français. La raison pour lacjuelle la langue française n'a ni quantité, ni accent tels qu'on eu trouve dans les langues anciennes et dans quelques langues modernes est bien exposée par Daru, iS13. C'est une langue dérivée d'où il suit que « la syllabe forte est ordinairement la dernière syllabe masculine du mot. Dans les langues originales la syllabe radicale est plus importante »\ faire entendre que dans les langues dérivées ». Dans les langues h inflexions l'accent et la longueur alTectent généralement la première syllabe qui n'est pas la radicale, tandis que dans les langues sans inflexions comme le français l'on appuie généralement sur la dernière. La langue française s'est édifié un système de versification <|ui est en harmonie avec sa nature. Une autre raison pour la(juelle les anciens ont adopté la quantité est le climat et les facilités (|U*apportait leur genre de vie h la conversation en plein air. Les langues modernes ne présentaient pas cet avantage et par

conséquent elles ont négligé la quantité. En français Taccent n'est déterminé que parla passion et par conséquent ne pouvait pas servir de base à un système. En français les dernières syllabes sont longues, chez les anciens elles sont brèves pour la plupart, tandis que les premières sont longues, ce qui a naturellement fait adopter les deux systèmes de pieds différents. En essayant d'imiter le vers antique, les Français ne pouvaient pas compter les syllabes, mais seulement les pieds. Dans l'hexamètre il y avait six pieds dont chacun valait deux temps, d'où ils ont conclu que dans ce vers il y avait douze temps et ils croyaient les imiter en composant des vers de douze pieds, mais comme en français les syllabes n'avaient pas de valeur déterminée, ils les ont toutes supposées d'une égale longueur et n'ont compté que les syllabes. Pour accentuer la cadence ils les ont coupées en deux ; d'où la césure. Ils ont aussi remarqué que tous les vers se terminaient avec la même cadence, mais, incapables d'imiter cela, ils ont jugé préférable de répéter le même son; d'où la rime. Comme les poètes ont toutes les libertés du monde dans l'emploi des longues et des brèves en vue de l'effet, que gagneraient-ils à supprimer la rime et à la remplacer soit par des règles fixes de quantité, une place déterminée pour un spondée, etc., soit par une répartition définie et régulière d'accents ou de repos? Ils ne s'en trouveraient pas mieux et iraient seulement contre le génie de la langue. Il n'est pas plus puéril de terminer des vers par le même son, lequel varie toutes les deux lignes, que de terminer 10.000 vers par deux pieds semblables. « Est-ce qu'il y a quelque chose de beaucoup plus grave à combiner des syllabes longues et brèves que des voyelles ? Et de quel droit vient-on nous dire qu'il est plus noble de considérer dans les syllabes la durée que le son? » Si d'autres nations ont écarté la rime, c'est parce qu'elle avait cessé d'être un agrément, mais en français « grâce à son heureuse variété, elle plaît, elle flatte Toreille,

eAe aide la mémoire et elle oblige l'écrivain î des efforts qui sont souvent couronnés par d'heureux succès. »

L'on n'a jamais présenté d'arguments meilleurs ni plus convaincants en faveur du vers français classique et les théoriciens modernes, de SuUy-Prudhomme à Wullf et Saran, ont ajouté peu de choses h ces raisons logiques. Dans son splendide ouvrage Mablin, 1815, discute cette question tout au long à propos de la rime. Chaque langue a son système et doit s'en contenter, parce qu'il s'est développé en conformité avec sa nature. Dans la seconde partie il trace une comparaison entre les deux systèmes dans laquelle un point est à remarquer particulièrement. Dans le vers grec il y a deux sortes d'harmonies, une de quantité et une d'accent, harmonies qui peuvent varier à l'infini, comme elles n'ont rien à faire avec les lois de la versification. Nous pouvons prendre un vers grec, en changer les accents et les rendre agréables à notre oreille, mais nous ne sentons pas ce que les Grecs sentaient, parce que leur harmonie dépendait totalement des elTets de la quantité. La grande faute des modernes a été de croire que toute syllabe accentuée était longue et que toute syllabe non accentuée était brève.

L'ouvrage do Dubroca,lSi4,est un apport distinct à la dis" cussion des deux systèmes au point de vuo (K^ la prononciation et de la prosodie en général. La ([uestion do la possibilité des accents prosodiques sur les syllabos est traitée à pond. 11 donne un aperçu des moyens par loscjuols les mots latins étaient raccourcis ainsi (jiio d»' l'olfot qui on résultait pour la versification ; de ce (jue la quantité désigne exactement dans la prosodie française et enfin il poursuit la preuve de la possibiliti' d'établir un rythme régulier.

Lurin, ISrSO, lente de donnera la poésie française un rvthmc musical comparable h celui des Grecs et des !{oniains. Si un musicien dispose de deux valeurs ou de deux tons, il formera un grand nombre de combinaisons d'un rvthmo clair et

régulier, comme dans la versification classique. S'il n'a que deux notes égales avec le privilège d'y mêler des pauses et de modifier sa composition du temps sans en altérer la durée, il composera des mesures correctes et naturelles comme dans la versification française. Au point de vue musical le vers français a un pied de quatre syllabes plutôt que de deux comme dans le mètre classique. En raison de la nature du développement de la langue qui place l'accent sur la dernière syllabe le rythme produit doit être plus vague, plus délicat et moins uniforme que dans le vers strictement classique. L'on emploie à volonté les pieds égaux et inégaux et dans un ordre quelconque, ce qui rend la rime nécessaire. La versification classique a un rythme régulier, « moins retentissant parce qu'elle repousse la rime, mais elle ne trouble et ne déconcerte jamais Toreille. Le français d'une allure plus libre et plus facile, emploie indifféremment les pieds égaux et inégaux, ne mesurant rien avec précision, fixant notre attention par des consonnances dont Tattrait est certain, etc. La versification mesurée est plus pure, plus difficile et exige quelques études spéciales des premiers principes du rythme ; la versification rimée n'a presque pas de règles et s'apprend surtout par la lecture. Elle manque de variété.» L'on peut aussi consulter avec profit la dispute entre Jullien, 1854, et Quicherat, 1855. Benloew, 1862, discute tout au long les éléments ou les principes des vers français et latin, de même que l'origine et les causes du rythme ascendant et descendant qui implique l'accent. « Le vers des anciens est composé d'éléments matériellement appréciables qui portent leur harmonie en euxmêmes. Cette harmonie est partout, dans chaque détail du vers. Les Français se sont rendu compte que la seule chose qu'ils pouvaient imiter des Latins avec fruit était l'élégance du ton, la rondeur de la forme, la propriété du style, ce qu'ils ont fait mieux que n'importe quelle autre nation. Qu'ont-ils en

commun : 1' Le temps fort, le frappé ; dans l'ancien il tombe sur la longue, dans le moderne il tombe sur la syllabe accentuée ; 2° La césure qui n'est qu'un arrêt de la voix après le mot qui réunit dans la même syllabe la longue et le temps fort ; 3" L'horreur de l'hiatus. En quoi diffèrent-ils : 1° Dans remploi et la nature de la quantité prosodique qui dans l'ancien vers est mathématiquement appréciable ; 2^ Dans l'emploi et la nature de l'accent qui dans l'ancien vers était musical et indépendant de la valeur prosodique des syllabes et qui n'est à peu près pour rien dans la marche du rythme ; 3° Dans la numération des syllabes ; 4° Dans la rime. » En montrant la différence entre les systèmes grec et français, Jullien, 187(), réplique que les césures françaises ne sont pas des pieds comme en grec, mais servent i\ marquer des sections analogues aux mesures musicales. « Le vers français forme donc un système si nettement arrêté qu'il domine en quelque façon tout le discours, tandis que les vers anciens n'étaient que des divisions particulières dans un discours rythmé. » En 18S4Guyau insiste particulièrotnent sur les dilTérences rythmiques cnivc les deux systèmes et démontre comnK^nt, bien (jui' la langue grec(jue fût plus rythmique et chantante, l'on a du attribuer aux syllabes des valeurs artiliciclles, ce qui a produit un conflit continuel entre l'accent toni((ue et la (juantité, et comment tout ce système d' versification a été dans un écjuilibre continuellement instable. Le système syllabi(jue français est l'opposé. Il établit une sorte de moyenne dans la (juantité des douze syllabes longues et brèves de l'alexandrin. A la longue elles se compensent et se corrigent l'une l'autre et, comme on les récite, les unes rapidement, les autres lentement, elles laissent l'impression de douze individualitt^^ distinctes.

('ette assimilation des syllabes est analogue au tempérament en musi(|ue. Le système syllabi(jue possède autant de qualités ryllinu(jues que le système quantitatif. Les ditîércnces

entre ces qualités sont très justement décrites par Boisjoslin, 1881. Le système classique, dit-il, est un art de peintres, une sonorité toute extérieure, semblable à une gamme de couleurs, tandis que le moderne est un art de musiciens, l'harmonie en est plus sourde et FeiTet général plus terne, les vers y sont poussés par l'élan intérieur ; c'est un art plus intellectuel, né d'une civilisation plus réfléchie. Il donne de plus des comparaisons très suggestives entre les césures classique et moderne, les langues, etc. D'autres ouvrages comme ceux de Dumur, 1890, Vernier, 1894. Savarit (p), 1910, contiennent des comparaisons, mais n'apportent pas d'éléments nouveaux.

b) Avec l'italien

Dans les discussions au sujet des vers sans rime et des règles rigides de la rime aussi bien que des vers mesurés les critiques s'en rapportent souvent aux vers italien et espagnol qui peuvent avoir ou ne pas avoir de rime. Dès loGO Pasquiers soutient que le français est aussi susceptible de vers mesurés et de langage poétique que l'italien. Estienne, 157 9, soutient également que le français est égal à l'italien à bien des égards. A propos du genre épique Marolles dit en 16G2 que les strictes exigences de la versification française ennoblissent ce vers et le facilitent davantage que l'italien. Perron, 16G9, affirme que le français convient mieux au genre épique avec ses terminaisons masculines et féminines, tandis que l'italien où il ne s'en trouve que de féminines s'est tourné vers un genre de poésie plus léger et s'est perfectionné en grâce plutôt qu'en énergie. Cependant c'est Scoppa, 1803 et 1811, qui est le premier à tracer une comparaison complète des qualités des deux langues dans son chapitre sur les éléments qui composent les langues italienne et française. Une comparaison très intéressante entre

les systèmes allemand et roman se trouve dans Schuchart, 188G, dans ses chapitres sur la rime, Taccent et la numération des syllabes. Il avance que le système allemand dénombre aussi exactement que le français non pas les syllabes mais les Hehungen. En général il avoue que la forme dans l'espagnol et dans Titalien, particulièrement dans le latin, est de beaucoup plus belle et d'une qualité supérieure qu'en allemand. Les vers allemands sont comme « gut gedrillte Soldaten die stramm einhermarschieren, einer wie der andere ; daneben erscheinen die Italienischen Verse \\'ie gewandto T<Tnzcrinnen von denen jede nach eigenem Gutdenken dahinzAigaukeln scheint, in der That aber nur Variationen einer und derselben Grundfigur ausfûhrt », page 231.

En 18'i7 et en 10G2 Benloew a traité splendidement le système classique de la fjuantité et les systèmes modernes de l'accent et des svllabes.

c) Avec l'allemand

Les Allemands ayant été particulièrement actifs dans le domaine de la versilication romane, il est tout naturel ([u'il y ait dans leur langue un plus grand nombre d'ouvrages contenant une comparaison entre les deux systèmes. L'un dos premiers est celui de VieliolT, 1S.*>'.). Dans le traité de Weigand, 18(i3, il y a un chapitre intéressant sur l'accent où il expose comment il s'est développé dans les deux langues d'une manière ditTérente et quel a été son elTot sous la forme du vers. Le chapitre sur le Hythme où il traite de la dilTérence entre le vers grec et le vers latin, le vers allemand et le vers français est d'un intérêt particulier. Une habile discussion du rapport cju'il y a entre les versifications allemande et française se trouve

dans Zarnke, 18G5 et Texamen qu'en fait G. Paris dans la Revue Critique, I, page 205-211.

L'on trouve également dans Mùller, 1882, une comparaison entre le vers français et le vers allemand dans laquelle il montre qu'en allemand Taccent sur les mots est assez fort pour permettre des combinaisons métriques, tandis qu'en français il est si faible que l'inflexion logique la laisse tout à fait dans l'ombre et le rend secondaire dans le vers, mais qu'en répétant l'accent dans le vers à une place déterminée on le met en évidence. Toutefois cette pratique est contraire au goût français en raison de son caractère trop voulu et trop mécanique. Les Français sont rebelles au rythme métrique. L'unité de la syntaxe et du rythme est intacte dans la poésie populaire primitive et dans le drame du xvii* siècle, mais elle est rompue au xvi* siècle à cause de l'influence de la Renaissance et de l'imitation de l'art classique et au xix* en raison du mouvement réaliste. L'horizon élargi de la culture moderne ne tolère plus la monotonie du vers classique, comme l'impulsion et l'association complexes de la pensée, du sentiment, du désir et de la passion exigent uuq forme poétique plus compliquée. Le vers allemand et le vers anglais ayant leur plan tout tracé, aucun changement n'est nécessaire, ni possible. Ils n'ont donc rien ajouté à la forme qui est restée stationnaire depuis l'adoption du système. Les Français et en général les Latins chez lesquels l'inflexion dans les mots est si faible font au contraire des innovations constantes ; la qualité des voyelles, l'harmonie des tons et des rythmes logiques sont réglés chez eux par l'oreille et par conséquent sont liés à l'harmonie musicale. Les Français surtout ont recherché les moyens de renforcer la qualité musicale par la rime et d'autres restrictions dans la technique des vers et de la strophe particulièrement dans l'hiatus dont les règles ont une délicatesse que les Allemands et les Anglais ne peuvent apprécier. Le vers français demande

de la douceur, de la légèreté, de la limpidité et de l'harmonie dans les sons et l'oreille des Français est beaucoup plus sensible à la dureté des consonnes et des voyelles que celle des Allemands dans le système desquels l'accent si prononcé sur les mots emporte toute la dureté des consonnes ou des voyelles. En français l'harmonie phonétique est égale à une mesure musicale, ce qui lui donne un caractère plutôt déclamatoire et rhétorique que rythmi(|ue et rapsodique.

En Allemagne la coutume générale a été de scander et de lire la poésie française comme la poésie allemande. C'est ce (jue discute Traîger, 188U, qui déclare (jue cette méthode est absolument contraire au principe français d'accentuation et montre la dilîérence entre V Uiigehuiidenheit (liberté) française et la Stra/fkeit (raideur) allemande. Ebert, 18ot), avait déjà dit (jue « Kcine Sprache kann den franzœsischen Alexandriner widergeben ; ein dcutschcr vollends verh.elt sich zum franzœsischen wie ein Ilolzschnitt zu einem Kupherstich ». Minor, 181)3, est utile pour la comparaison entre le français et l'allemand et l'étude des métriques comparées. En 18U5 Simon a publié un article sur les métri(jues jmglaise et allemande dans lequel il a tAché de prouver que la langue française contenait dos iambes,des anapestes, des dactyles, etc., mais il a été plus loin (jue les Allemands et les Anglais en mettant (juatre et même cinq syllabes jiar |)ied. Il a joint à titre d'exemples des traductions de l'allemand et di» Marlu'th. Les articles de Valeiitin 18')7, 181)8, font voir rintUience do la versification française sur la versification allemande et démontrent (jue le Knittelvers tel (jiie l'.i prati(jue Ilans Sachs est français par la forme. Les divers articles écrits par Saran sont résumés dans son grand ouvrage de lUOi dans lequel il dévelopjH» son princij)e d'alternance et trace de nombreuses comparaisons avec les autres svstèmcs.

d) Avec l'anglais

Voltaire est incontestablement le premier à comparer le vers anglais et le vers français dans ses discussions sur le drame et la rime. En 1731, après avoir passé deux ans en Angleterre et commencé à penser en anglais, après avoir été jusqu\^ écrire le premier acte de Brutus en anglais, il déclare que, lorsqu'il se remet à écrire en français, il remarque le manque de cette spontanéité de paroles et d'idées qu'il avait précédemment et par-dessus tout il constate « la sévérité de notre poésie et l'esclavage de la rime. Je regrettais cette heureuse liberté que vous avez d'écrire vos tragédies en vers non rimes, d'allonger et surtout d'accourcir presque tous vos mots, de faire enjamber les vers les uns sur les autres, et de créer dans le besoin des termes nouveaux, qui sont toujours adoptés chez vous lorsqu'ils sontsonores, intelligibles et nécessaires. Un poète anglais est un homme libre qui asservit sa langue à son génie ; le Français est un esclave de la rime, obligé quelquefois de faire quatre vers pour exprimer une pensée qu'un Anglais peut rendre en une seule ligne. L'Anglais dit tout ce qu'il veut ; le Français ne dit que ce qu'il peut ».

Cela donna naissance à un grand nombre d'articles dont aucun, cependant, ne touche au sujet de la comparaison entre les deux langues. En 188G Mothéré essaie de prouver que le vers héroïque anglais vient du vers décasyllabique français. Dans son étude il montre l'analogie entre le vers français et le vers anglais et il résume en six points la comparaison entre les deux svstèmes : 1» Le procédé de numération ; 2° l'élimination de svllabes surnuméraires de même nature et en des places comparables ; 3° un système d'élisions facultatives qui élimine des voyelles placées semblablement; 4" l'emploi delà césure ou son assimilation à une pause ; 5° la disposition gêné-

raie des accents ; 0** la rime. C'est l'ouvrage le plus complet qui existe sur cette matière, quoiqu'au point de vue des métriques comparées celui de Verrier, lUGU-lDil ait plus de valeur. On peut aussi consulter avec profit l'ouvrage de Lewis, 1898, et Texamen qu'en donne Legouis. Pour l'analyse et la discussion des principales théories avancées sur les systèmes de versification français et anglais, la nature de la quantité, de l'accent, etc., dans les deux langues c'est à l'ouvrage de Rudmose-Brown, 1905, qu'il faut recourir. II tire de ses recherches la conclusion qu'il y a en français et en anglais des longues et des brèves tout aussi marquées qu'en grec et en latin, mais que ces derniers leur accordaient une valeur absolue, ce qui n'est pas le cas chez les modernes. La quantité de la syllabe dépend de sa position dans la phrase au point de vue de l'accent, « et le temps d'une phrase est la somme de la quantité des syllabes qui la composent plus la somme des pauses entre les syllabes. Il y a autant de gradation de quantité qu'il y en a de relief accentuel, et les rapports entre les longues et les brèves ne sont pas plus exacts et plus fixes que ceux entre les divers degrés de relief. Il s'agit de déterminer les règles de l'accentuation et de la position et durée des pauses. » Il procède ensuite à l'établissement de ces lois et compare l'accentuation en anglais et en français. En français les pauses sont toujours entre des groupes grammaticaux, en anglais elles sont à peu près n'importe où : en français elles sont toujours précédées d'un accent princijîal, ce qui n'a pas lieu on anglais ; en français enfin « un mot n'est jamais partagé entre deux groupes accentuels ». Il y a encore une comparaison intéressante entre l'alexandrin et le vers blanc en tant que types des deux systèmes.

Les résumés précédents montreront aisément sous combien de points do vue «lilTérents et dans quelles ciroon««tances Ton a envisagé la question de la versification française, et quelle

a été rattitude des critiques dans ses dilîérentes périodes de rhistoire. L'un des objets les plus intéressants et les plus suggestifs de cette étude consiste à remarquer combien chaque sujet étend ses limites à mesure qu^'on approche de la Révolution, et comment au début du xix' siècle l'on a abordé les mêmes sujets à des points de vue ditrérents et avec une attitude entièrement nouvelle. Cela est dû sans aucun doute à l'atmosphère : alors la critique pouvait aborder n'importe quel sujet avec beaucoup plus de liberté et d'indépendance. Les discussions sont beaucoup moins personnelles et beaucoup moins amères qu'au xviii' siècle. L'on espère que cet aperçu de comparaisons pourra servir d'assises à une étude plus étendue de l'esprit de la versification française, qui est si rarement goûtée des étrangers qui ne s'en soucient guère parce qu'ils ne sont certainement pas familiarisés avec la technique de la structure du vers.

e) Querelle des anciens et des modernes

La querelle des Anciens et des Modernes qui de tous les sujets a le plus passionné les écrivains du xvii' siècle et du xviii' siècle tient étroitement à la comparaison entre la langue et le vers français et ceux des autres nations, surtout des Grecs et des Romains. Elle était déjà soulevée au xvi' siècle, mais n'avait pas encore revêtu les caractères de malice, d'amertume, de sarcasme et d'attaques personnelles qu'elle présenta plus tard. L'on peut considérer Rapin, 1670, comme celui qui ouvrit véritablement le feu, en prenant parti pour les anciens et en les présentant comme les seuls guides et les seuls modèles à suivre pour la diction et la versification, en particulier Aristote, Horace et Homère. 11 faut consulter les arguments employés par Ménage, 1672-1074, et Bouhours, 1674, dans leur dispute personnelle, les Remarques de Vavasseur, 1675,

qui sont la critique de Rapin, la Défense àa Desmarets, KiTo, la Fureur Portique de Petit, 1083, Perrault, 1088-101)7, Fontenelle, 1088, Boileau, 1094.

Presque tous les travaux de critique : réflexions, dissertations, discours, essais touchent au sujet et il y en a un grand nombre. Le monde littéraire tout entier était divisé en deux camps. Chaque génération apportait de nouveaux objets de discussion. L'on débattit ainsi les sujets qui concernaient directement la versification, comme la plupart des points de comparaison entre les deux systèmes de vers, ou bien ceux qui empiétaient sur le domaine de la philosophie, comme la nature du genre épique, etc. Plus tard on discuta la rime et la nature et la structure du drame. Les plus intéressants de ces ouvrages sont ceux de Fénelon, 1714, Du Dos, 17P.), Du Cerceau, 1730, La Motte, 1730, Saint-Mard, 1734, Nicolas, 1734, Racine, \1\1 . etc. L'on trouvera une analvse commode de toute la question dans les deux \o\umcsàe Quere/ies Liftrraires, 1701, et dans Rigault, lSj(), qui montre le rôle que l'art poétique ou les règles de la versification ont joué dans la lutte générale entre le classicisme et le modernisme. L'on devra consulter égalenuMil le livre de Lanson sur Boileau, 181)i, et, si l'on veut pousser plus loin cette étude, l'on s'apercevra que le proi)lèmo qui se pose aujourd'hui dans notre système d'éducation, au sujet de l'utilité du grec et du latin et de leur valeur pour la formation vn l;mt (juc discipline n'est guère ([u'une autre phase de la (jucstion (|ui a pris naissance de très bonne heure dans l'histoire de la littérature fran«;aise.

/) Métriques comparées

La (jneslion dc^ mètri(|ues comparées a déjà été abondamment traitée dans le chapitre : Conqiaraison entre la Inngucfran- <;aise et d'aulre*^ hnigues. I^lle est relativement moderne copon-

dant, puisqu'elle ne commence qu'avec Touvrage marquant de Du Méril, 1841. Il va tracé d'une manière admirable le développement de Taccent, de la quantité, de la numération des syllabes avec ses raisons et celles de la différence entre l'allemand, l'anglais et le français ; la nécessité de la rime, de la césure et de la numération des syllabes en français et non en espagnol ou en italien. En ce qui concerne les principes, il fait ressortir pourquoi tout système de versification doit avoir quelque principe pour Tunion des syllabes et alors il analyse les différentes manières dont ce principe a été développé par diverses nations. L^on a déjà fait allusion aux ouvrages de Mothéré et de Schuchart, 1886. Un livre très important, mais assez peu connu, est VEssai comparatif de Kawczynski dans lequel il place l'origine de tout rythme, celui de la sculpture, de l'architecture, de la peinture aussi bien que celui de la danse, de la musique et du mouvement en général dans l'égalisation de leurs parties respectives. Il développe non seulement le côté mécanique de ce principe, mais encore ses côtés psychologique et physiologique. L'on peut examiner dans ce travail une comparaison suggestive entre la rythmique et la métrique des types de vers latins sur lesquels la poésie française s'est basée, ainsi qu'un grand nombre d'autres pointsutiles. Il y a dans Westphal, 1892, d'intéressants chapitres sur la versification des peuples primitifs, son Die sylbenzaehlenden Verse der Indogermanen, Die accentuierenden Verse der Germanen, der Franzosen, der Italiener und Spanier et son Die Rhythmische Prosodie der franzœsischen Verse. L'on pourra aussi trouver toutes sortes de points intéressants dans le livre de Minor, 1893, sur la nature du rythme et de différents systèmes de versification, en particulier les systèmes classique, allemand et roman. L'étude de Lewis, 1898, insiste sur le fait qu'en latin le vers accentuel et le vers syllabique existaient tous deux et que le vers syllabique a été fixé dès le vi' siècle.

que le vers français, dérivé du latin, a été d'abord accentuel, mais est devenu syllabique en raison des exigences de la langue. Le vers octosyllabique primitif était sous l'influence de l'octosyllabique latin et, quand les Français ont abandonné l'accent à la quatrième syllabe, il est devenu purement syllabique. Il faut aussi consulter l'article de Legouis, 1808, sur cet ouvrage. Samson-Himmelstjerna, 1904, s'efforce de prouver que ce sont les mêmes principes d'accentuation qui régissent à la fois le vers espagnol et le vers français et (jue dans le principe rythmique ou accentuation poétique il y a une correspondance absolue entre l'espagnol, le français et l'allemand. L'on a déjà mentionné Saran, Thomas, Rudmose-Brown, l'J05, Verrier, IDOU-lîJll.

Polti(p), 1U0(), a ouvert un nouveau domaine à la question des métriques comparées. « 11 y a, dit-il, trois grands systèmes de vers : 1» le parallélisme; 2° la métrique des longues et des brèves ; 3° notre versification. Ils se combinent : c'est ainsi que la poésie liturgique a synthétisé tous les systèmes. Le parallélisme demeure tout proche de la rhétoricpie et de la logique. » 11 démontre comment ils se combinent et comment ils se rattachent à l'élément logi(|ue ou rhétoricjue de tout le poème, comme dans VllUnle. Ceci ne paraît être que le début d'une étude nouvelle qui embrasserait non seulement la structure du vers en elle-même, mais ses rapports avec les éléments logi(jues du poème et les concordances existant entre dilTérentes langues. Le côté le plus mécanique de l'étude des métriques comparées (jui a rapport à l'origine de tel type de vers ou de tel système de vers tout entier est exposé dans des ouvrages comme ceux dt' Thomas, 190i, Strong, 1907, elo.

L'on peut voir par ces (|uel(|ucs références que la ligne de démarcation entre une simple comparaison entre dilTeronls systèmes de vers et l'étude des métriques séparées ne saurait être exactement définie. Ces deux sujets empiètent l'un sur l'autre et par consécjuent doivent être étudiés ensemble.

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