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Adfith'ence stricte aux règles

La question d'une réforme dans la versification française s'est élevée de très bonne heure dans les Arts Poétiques. Lorsque les règles eurent été définitivement établies et que leur stricte observance eut été rendue obligatoire pour les poètes du xvir siècle, la question d'une réforme prit l'apparence d'une révolte. On en trouve les premiers symptcNmos dans les discussions sur l'objet et le but de la poésie. Lamy, KiliS, déclare que le but de la poésie est de plaire et résume cet art en quatre principes : la poésie est agréable, elle imite la vérité, elle flatte nos inclinations et soulève nos passions.

i{apin, 1()70, soutient (jue son but est de plaire et d'être utile. Kilo plaît par les nombres, Iharmonie, les imagos, les ligures, les expressions, etc. ; « elle profite on corrigeant les mœurs (|u*olle purifie et ce n'est que pour profiler qu'elle plaît et elle ne peut plairo (juo par les règles. » Il justifie ainsi les

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règles strictes et rigides. Voltaire, 1731, comme on l'a déjà vu, déplore que le poète français soit l'esclave de la rime, etc., mais reconnaît que « nous ne pourrons jamais secouer le joug de la rime, elle est essentielle à la poésie française... C'est à cette contrainte de la rime et à cette sévérité extrême de notre versification que nous devons ces excellents ouvrages que nous avons dans notre langue ». Saint-Mard, 1734, a à peu près les mêmes vues sur la rime. Les Français, dit-il, sont habitués au retour de la rime, ils sont fâchés, quand on y manque. Tout est sacrifié pour la rime, mais il y a une compensation : « Une idée qui est belle, au milieu des chaînes qu'on lui a mises, nous en paraît encore plus belle ; nous l'aimons mieux de ce que la contrainte où on Ta réduite, ne lui a rien fait perdre de ses grâces. » Une idée qui n'est pas admirable en elle-même ou qui est difficile à exprimer devient satisfaisante en vers. Olivet, 1736, donne l'une des raisons de la sévérité des règles : Si l'on considère comme une petitesse le compte ou l'examen des syllabes, souvenons-nous que chaque science et chaque art ont leurs minuties pour justifier leur existence. Racine, 1747,aapporté la défense la plus solide du xvm® siècle aux règles strictes de la versification. Elles ne sont pas pour le simple amour de la difficulté, mais pour celui de Tart, non pour le caprice, mais parce que « Tart ne fait que suivre les intentions de la nature ». Les règles sont venues du plaisir qu'elles causent aux poètes en conformant leur pensée à une certaine forme, qui les prive de la liberté de la prose, mais qui ajoute un élément d'art et de beauté qui compense le travail. « L'harmonie du discours consiste donc en deux choses : dans Tarrangement des mots, ce que j'appellerai l'harmonie mécanique ; et dans le rapport de cet arrangement avec les pensée, ce que j'appellerai l'harmonie imitative. L'unique but des règles de la versification dans toutes les langues a été la réunion de ces deux harmonies pour contenter à la fois

l'oreille et l'âme. » Louis Racine démontre très clairement pourquoi la langue française a établi la structure mécanique de son vers telle qu'elle est. Marmontel, 1703, fait ressortir le besoin des ditîérentes règles et les elTets qu'elles produisent. Pour ainsi dire chaque livre ou chaque article au xvm* siècle, qu'il soit pour ou contre la rime, insiste plus ou moins sur la nécessité des règles strictes et rigides ou le besoin de les abolir. L'on trouvera toujours deux groupes : celui qui préconise l'adhérence aux règles et celui qui réclame des réformes ; les classiques et les novateurs. Toute la controverse littéraire soulevée par les Réflexion^ de Sully Prudhomme qui ont été attaquées par Vannoz, Doschot, Beaunier, etc., est également fructueuse à consulter.

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