‹ Essai sur l'histoire du vers françaisChapitre 2 sur 48 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

élé frappé de vous voir vous refuser à séparer la versification de la vie pour la considérer abslrailemenl / Au contraire, vous insistez pour que Von ne perde jamais de vue le rapport qui unit les formes successives du vers français à tous les états de civilisation que nous avons traversés, et vous montrez comment nos révolutions métriques et rythmiques se lient aux changements de notre goût^ aux acquisitions de notre sensibilité, et même à nos transformations politiques et sociales. Vue philosophique et féconde qu'on n était guère habitué à trouver dans les manuels de versification.

Je tiens aussi à signaler un jugement que vous avez porté, et auquel votre haute compétence donne un poids singulier. Nous sommes toujours gênés, nous autres Français^ pour déclarer aux étrangers confiants dans leur savoir et leur jugement quil g a certaines choses dans la langue et la littérature françaises qu'un Français seul perçoit et qu'il a seul qualité pour apprécier. Nous faisons par politesse bien des concessions aux opinions et aux décisions exotiques. Aussi est-ce avec un vif plaisir que je vous entends dire qu après tout « les Français eux-mêmes ont seuls le sens intime\et subtil de leur propre vers et de son rgthme ».

Vous faites bien voir V opposition de la conception allemande et de la conception française de notre vers : les philologues d'outre-Ilhin ramenant tout à l'accent et à la quantdé, et chez nous le « principe logique-mathématique » dominant en général.

Vous évaluez aïK'c une belle impartialité l'apport allemand et l'apport français dans cet ordre d'études; et sans refuser à nos iH)isins leur mérite, vous nous dites clairement le nôtre. Merci. Nous qui fûmes jadis si chauvins, si contefds de nouSy nous avons besoin

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