‹ Essai sur l'histoire du vers françaisChapitre 3 sur 48 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

aujourdliiii qu'on nous donne confianceen nous-mêmes. K:^oi/ez tranquille, nous nen abuserons pas.

Vous [ailes comprendre enfin combien les nouveautés, à leur heure, sont nécessaires, à quel point les plus violents révolutionnaires qui ont paru tout saccager, font refl'et, au bout d'un certain nombre d'années, de n'avoir jamais rompu l'attache à la traditionnel d'avoir tiré toute la substance de leurs plus téméraires créations des profondeurs même du génie national. Peutêtre pourrait-on vous dire que dans le passé, bien des innovations ont avorté, que nous ne vogons plus que celles qui ont réussi, prouvant ainsi qu'elles n'étaient pas contraires aux principes de la vie; et que, de même, dans les tentatives des vingt ou trente dernières années, le temps fera le discernement de ce qui était français et viable. Sogons prudents à rejeter, prudents aussi à glorifier.

Cependant je crois avec vous que le vers libre est un enrichissement de notre sgstème de versification, à condition qu'on g voie un élargissement, un complément de l'art traditionnel, et non pas une nouvelle loi qui abolit l'ancienne.

Je n'en finirais pas, mon cher ami, si je voulais causer avec vous de toutes les suggestions que fournit votre livre ; et je m'en voudrais d'occujjer trop longtemps le lecteur qui veut s'instruire auprès de vous.

Mais il faut bien que je lui dise un mot de ce que, depuis tant d'années, vous faites pour la culture française, dans la grande Université de Michigan, au cœur de cette région lointaine et pour nous presque fabuleuse des Grands Lacs, où la France avait pénétré jadis ])ar ses soldats, ses pionniers, ses trapj)curs, ses missionnaires, el puis, pendant plus d'un siècle, ne pénétra pins du tout. Seuls

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