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CHAPITRE II Bibliographie

Jusqu'à présent aucune tentative n*a été faite en vue de donner, même d^'une manière partielle, une bibliographie de la versification française. Ce qui existe peut aisément être reparti entre ces groupes suivants : a) les Bibliothèques Françaises qui traitent des livres, des chapitres de livres, ou des articles sur des sujets tels que la rime, la poésie et la prose, les anciens et les modernes, les vers mesurés et les arts poétiques. Elles apparaissent avant le xix'' siècle et c'est d'elles que la plus grande partie de nos renseignements bibliographiques ont été tirés tout d'abord ; b) un certain nombre de traités de versification qui ont accordé plus ou moins de place aux ouvrages précédents, mais ils n'ont relativement que peu d'importance ; c) des volumes de critique, de réflexions sur la poésie, d'essais, d'études ou de recherches sur certains sujets qui présentent un résumé de quantité de théories avancées par les auteurs ou les savants. Mais ces derniers donnent rarement des indications exactes et sont par conséquent plus souvent embarrassants qu'utiles; d) au cours des dernières années il a été publié des études et des éditions des arts poétiques primitifs qui contiennent d^ordinaire des renseignements bibliographiques très précieux, mais sur les manuscrits, les diverses éditions, la comparaison des Arts Poétiques et Timportance de tel ou tel, plutôt que sur la bibliographie même en temps que guide ; e) les bibliographies sur des sujets particuliers tels

que la prononciation, le sonnet, etc. ; f) les listes bibliographiques pures et simples.

Ces dilférents groupes permettent de concevoir aisément que la question de la bibliographie embrasse aujourd'hui un champ très étendu et qui compte de nombreuses ramifications ; qu'elle peut être soit uniquement énumérative, soit critique, soit analytique, soit bibliographique; c'est-à-dire soit une compilation, soit une discussion et une appréciation de la matière ou des éléments d'un sujet déterminé. Cet ensemble est Tun des objets du présent ouvrage, et puisqu'on ne saurait prétendre être complet, tout au moins pourra-t-il servir de point de départ.

La Bibliothèque de La Croix du Maine, 158'^, rééditée en 1772 par Rigoley de Juvigny, celles de Sorel, lGGi,et de Goujet, 1740-175G, sont les ouvrages les plus importants de cette nature avant le xix^ siècle. Goujet est d'un prix inestimable en raison de sa plénitude, de sa variété, de ses jugements et de ses comparaisons. On trouve une liste des auteurs des Arts Poétiques avec une courte appréciation de leur valeur dans Richelet, 1071, qui est loin d'être aussi complet, ni aussi important que les Jugemens des Savans de Baillet, 1085-1080. Uy a dans le second volume trois chapitres, pages 4 1-72, sur les jugements des principaux auteurs qui ont traité de Fart poétique, contenant environ soixante-cinq citations plus ou moins exactes, accompagnées de critiques assez curieuses. Sans aucun doute Goujet a beaucoup emprunté à Baillet, mais on le développant «^ un tel point (jue le premier a été presque totalement oublié. La Croix, 1(>'.)4, renferme, en outre d'une liste de vingt auteurs (|uionl écrit sur la poéti([ue française, les noms de vingt poètes anciens, ceux de soixante despoètes modernes les plus ilkistres, de dix-neuf auteurs dramati([ues et de leurs ouvrages, de neuf moindres noms et de neuf noms moindres encore parmi les- (piels so trouve celui de Corneille. Gaullyer, 1728, donne à la

lin de son avertissement une liste de peut-être douze auteurs qui ont écrit sur les Arts Poétiques. Il ressort de tous ces renseignements bibliographiques, qui ont paru avant 1740, que Goujet avait de nombreux éléments à sa disposition, mais il sut s'en servir et la Bibliographie démontre qu'il a touché tous les sujets dont le xyiii" siècle s'est occupé.

Un ouvrage en deux volumes, très peu connu, qu'on ne trouve mentionné nulle part. Querelles littéraires, 1761, de l'abbé A. S. Irailh (attribué à Tabbé Rajnal) présente d^'admirables résumés de différentes questions telles que la querelle des anciens et des modernes, la versification et la rime ; il résume en présentant les arguments des deux parties la question du vers sans rime et de la poésie sans vers ; les querelles entre TUniversité de Paris et les religieux mendiants, Port- Royal et les Jésuites, TEncyclopédie et Tanti-encyclopédie, Marot et la Sorbonne, Furetière et l'Académie française, etc. L'ouvrage de Lacombe, 1766, traite exclusivement des querelles de Voltaire. Les divers ouvrages de Scoppa, 1811-1815, contiennent des indications çàetlà, tandis queDaru, 1813, donne l'analyse des treize ouvrages présentés au Concours de 1813. Le sujet des vers blancs et de la rime, adversaires et partisans, est véritablement épuisé par Bonaparte (Saint-Leu) 1823, de même que les treize traités du concours de 1813. Le Catalogue de Viollet-le-Duc, 1843, contient beaucoup de précieux renseignements sur les Arts Poétiques et les Dictionnaires de rimes, ainsi que sur les collections poétiques jusqu'au xviii' siècle. Cet ouvrage mériterait d'être plus connu en raison des indications qu'il fournit au sujet des livres obscurs.

Les métriciens, les critiques et les grammairiens primitifs forment le sujet d'un chapitre spécial dans Wey, 1848, et Egger, 1869. On trouve dansThurot, 1881-1883, une précieuse bibliographie sur la prononciation, les grammaires, etc. Pellissier, 1882, est le premier qui ait étudié les Arts Poétiques

primitifs. Il fut suivi par Zschalig, deux ans plus tard par Rûcktœscliel, 1889, et Langlois, 1890. L'édition de Vauquelin par Pellissier, 1885, renferme une précieuse étude des Arts Poétiques dans leur ensemble et leur dépendance réciproque. On trouve la même chose dans Delaporte, 1888, et Chamard, 1904. Il y a une bibliographie très complète de l'ancienne littérature française, la littérature épique en particulier, dans Nyrop, 188Q. L'on verra une analyse et une description des principaux ouvrages qui ont trait à la quantité et au vers mesuré dans un livre peu connu, mais très neuf et très original, Ricard, 1887 ; et les principales théories de l'accent dans Holborn, 1905. Hecq et Paris ont publié en 189G une Poétique française qui contient le titre et la substance des principaux traités de poésie française, avec des exemples des diverses sortes de poèmes. Van Bever et Léautaud, 1900, 1909, fournissent beaucoup de renseignements sur les Symbolistes et levers libre modernes. L'étude la plus remarquable des tout premiers Arts de Seconde Rhétorique est celle de Langlois, 1902, qui restera très probablement comme le modèle de tous les travaux de cette nature à l'avenir. Une bibliographie fort complète est fournie sur le sonnet par Vaganay, 1902; sur la strophe par Martinon, 1912. Dcr Rijthmus, etc., de Saran, I90i, est un ouvrage unique en son genre. L'auteur discute, analyse et apprécie toutes les théories qui ont été avancées sur les principes de la versilication française dans leur ordre chronologique. La question de l'origine du décasyllabe en France et en Europe est abondamment traitée par Thomas, I90i. L'on doit consulter les ouvrages de Wullf, 1900» Saran, l'.lOi, Rudniose- Brown, 1905, Aae, 1909, pour la discussion des principes de la versification française, et Brunot, 1892, Ht vue Universitaire^ Mornet, 1907, Thiemo, 1907, Lanson, 19()«.M9I2, p.nir une bibliograpliie générale. L'on doit mentionner particulièrement les comptes rendus réguliers de Métrique Romane de Sten-

gel dans le Kritiscfier Jahresbericht der Romanischen Philologie, 1800 et dans Verslekre, 1893.

On peut citer beaucoup d'autres livres et d^articles contenant des bibliographies, des ouvrages allemands principalement, et des publications périodiques telles que la /?0??2<2?i?'a,Zef/5cAr2/^ fïir Ro}7ianische Philologie et Zeitschrift fur Franz.Sprache iind Literatur. La plus grande difficulté dans Tétude de la bibliographie est le contrôle des indications, surtout en ce qui concerne la versification à laquelle les bibliothèques accordent généralement peu de place. La plupart des livres contenus dans cette bibliographie ont été consultés à la Bibliothèque Nationale. Il n'en a pas été de même des périodiques qui présentent des difficultés plus grandes encore, les périodiques modernes particulièrement.

Pour les vérifier Ton a dû recourir à de nombreuses bibliothèques et à diverses méthodes.

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