‹ Essai sur l'histoire générale du ChristianismeChapitre 13 sur 20 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DE GB qu'on Al^PELLB L*UNIT£ CATHOLIQUE.

NoN-SEULBMEif T on pcut prouTor que F unité est une chose tout-à-fait impraticable , mais encore t}u -elle est impossible à obtenir et qu'elle n'a jamais existé. Sous ce rapport, les disputes si vives et si prolongées qui divisèrent l'église gallicane , sont bien dignes d'atten»^ tion. Les longues querelles des jésuites » Taffiiire de la bulle, les chicanes du Formulaire, les convulsions çt les miracles, le tout entremêlé d'épisodes très-tou-; chans quelquefois, sur la dispersion des illustres solitaires de Port-Royal , les professeurs de Louvain , la conduite de Baius , les malheurs et le courage d'Arnauld; enfin toutes ces persécutions, qui furent cause que les protestans et les janséniste^ se rencontraient exilés en Hollande, tout cela, dan^ une église unie, présente un spectacle bien extraordinaire. -Ces interminables disputes , qui Remplissent tant de pages M l'histoire moderne de la France, en elles-mêmes n excitent plus qu'un très-médiocre intérêté. Depuis qu'on s'est occupé de toutes les parties positives de la philosophie, du droit naturel, et de la -religion, on contemple avec une indifférence mêlée de mépris, des

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l5s ESSAI SUR l'hiSTOIBE GiRiEAI.E

débats si futiles. CepeDdant , rien de plus curieux que cette bizarre histoire. Gomment expliquer aujourd'hui celte fureur d'ergotage , qui fut cause qu'on disputa » s'injuria , s'excommunia pendant plus de deux cents ans , dans une Église prétendue unie , et qui certes ne parait pas avoir manqué de moyens de se faire obéir; que la ville , la cour» les tribunaui^ s'en mêlèrent tour à tour sans pouvoir terminer la querelle; que le cham^ de bataille fut jonché d'une masse de livres , au moins égale à celle qui servit pendant six mois à chaufTer les bains d'Alexandrie ; que les partis suscitèrent , à leur profit y des condamnations judiciaires, des délibérations spirituelles, et jusqu'à des miracles : le tout, pour des propositions obscures, inintelligibles, mystiques, qui ne paraissent se rattacher à aucun des grands priacipes felts pour intéresser les destinées de l'homme, propositions qu'il est également impossible de convaincre de tort ou de raison , de bien ou de mal , et que personne n'avait jamais lues ni découvertes clairement dans le gros livré , d^où l'on prétendait les avoir tirées. Tôtit 'semblait se réunir pour rendre vaines et frivoles les querelles du jansénisme, cl pour en dégoûter le public. Cependant! jamais disputé n'excita un intérêt plus vif, plus profond. C'est qu'il est facile de voir que cette Contestation , si stérile en apparence , se rattachait indirectement à des points très-importans. Ce n^est pas pour la seule ^ac^ suffisante que Ton s'agitait ainsi. Même à l'însu des combattans^ des principes plus dignes de la raison s'étaient introduits' dans lé champ de là dispute. On était loin de se douter alors que le goût

bu CHBISTIANISHB. lS3

de l'examen finirait for s'y allumer, et (qu'à force de contradictions des lourds feuillets de VAugustinus devait s'élancer un esprit d'indépeikdance et de raison , qu'aucun des partis n'y cherchait. . ,

On a long-temps envisagé ces disputes sous le seul point de vue de leurs ridicules » et il faut convenir que de ce côté ^ elles ne laissent pas d'être .riches/ Mais lorsque nous les voyons arriver, par la graee et le libre ar-^ bitre, à renfermer en soi la soiiition d'-me très-grande question , celle de savoir jusqu^à quel point on pouvait examiner les décrets envoyés de Rome, nous apprenons à les considérer sans sonrire, et même nous leur accordons un degré d'importance que nous étions d'abord lc»n de leur attribuer. Il semble , à entendre oertaihs auteurs modernes , qu'une autorité infaillible soit une sorte de panacée universelle , qu'elle puisse calmer tous les débats et concilier toutes les disputes. Ib en reviennent sans cesse sur les avantages d'un pouvoir qui tranche les difficultés en ordonnant qu'on ne s'en occupe pas, qui règle les contestations, dissipe les nuages, gouverne les pensées sous un joug de fer. Mais qu'une telle autorité implique contradiction , qu'elle soit en opposition directe avec la dignité de l'ame humaine , c'est ce qui est clair en théorie; mais il ]t a plus , une autorité semblable n'a jamais eu , chez aucune nation qui pense, un seul instant de succès, ou même d'existence. C'est cette seconde partie de la question, que l'histoire des débats survenus dans l'église romaine a établie sans réplique; et de bonne foi , en songeant à l'étendue , à la variété , à la chaleur de

iSi ESSAI suB l'histoib& GinÊBAiE

tes dûcttssions , doat on ne peul oiter un exemple dans les pays protestons , comment peut-on soutenir que l'Église q«i en fut troublée » ait eu de fwniié? N'oublions pas que ces disputes eurent leurs Êinatiques et leurs martyrs. Nul doute » si elles se fussent élevées dans un siècle moins instruit » qu^elles n^eussent fait répandre des flots de sang. C'est beaucoup dire t mais on s'est égoi^ pour des choses encore plus frivoles»

Que nous apprend Thistoire de l'églisei^llicané, et de l^égUse anglicane ayant le seisième siècle ? Que nous ap* prend l'histoire «cclésiasèique de l'Empire^ de l'Espagnei et de presque tous* les petits états de l'Italie ? Nous y voyons sans cesse les partis en présence. Les uns son-* tiennent que les papes peu vent changer les articles de£û proprio motu ; les autres assurent que l'intervention des cdnciles est de tonte nécessité. Partout ces deux partis en sont^venus aux mains. Ceux qui prêchaient la toutepuissance de Home étaient protégés par Rome, qui a toujours su se concilier une partie du haut clergé par inille moyens » et surtout en distribuantces chapeaoït , qui donnent dea chances de succession éventuelle à la tiare. Ceux qui soutenaient les droits des états cootre Rome » étaient protégés tout naturellement par le patriotisme dû > leur théologie. Ces débats ab^orbètvnt une grande partie de l^histoire ecclésiastique^ Tout le dernier siècle en fut troublé. Plus on s'y enfonçait, moins on pouvait espérer de tes voir finir. Mais aussi , à mesure qu'on s'en occupait davantage , on voyait s'âever » dans le lointain» des questions d'un tout au-* Ire genre» auxquelles cette polémique devait cod-

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diiire. Et on eût ëté très-loiû de les avoir termiiiéés i quand mêfidie on fût tombé d'accord sur ce point , que c'est le pape et le concile rénnis ^ qui ont le droit de décréter les dogmes. Après celli> on avait le droit d'exa* miner 9 comme le fameux historien du concile de Trente l'a fait, la composUion do Concile. On ayail encore le droit de disenter si tel parti avait réussi à introduire ses créatures au concile^ si tel prince ayaii prodigué ses trésors pour Corrompre la majorité ia&il^ lible. £t alors on se réservait la faculté d'en appeler an futur concile i légalement assemblé» Il est évident que cet état de désordre n'a aucune fin possible» parce que plus les hoomies seront éclairés > mt^ins ils consenti*^ ront à se ranger de l'avis de madame de Sévigné/qui , pour calmer les scrupules de Af. de Goiilanges» hii disait : c Croyez que quelque knanège qu^ii y ait au « conclave» c'est toujours le Saint-Esprit qui fait le «pape (i) . »

Ce qu'il y a de vraiment i^nrieuK dans ces disputes » c'est qu'on ne pouvait sq permettre de contester^ méihe légèrement , que l'Elise fût infiûiUUe » car alors les tribunaux étaient là pour punir; mais on se rejetait sUr cette autre question : Oii est cette Eglise infaillible ? De quelle t*éunion de pouvoirs est-elle formée? Quels sont ses caractères essentiels? Ces questions opt été par&itement posées par un dès prélats dont l'église

(i) Recueil de Lettres choisies. Madame de Se'vigne' à M. de Coulanges, ambassadear à Rome ( 26 juillet 1691.) Tom. VIII, pag. 84.

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gallicane s*honore, dans l'assemblée du clergé de 1682. c La difficuitéy disait-il ^ est de déterminer A qui notre Seigneur a communiqué ce beau trésor de V infaillibilité {\\ Dans Tincertitude de déterminer» a qui, on voit qu'il était impossible que la dispute se terminât. Aussi s'est-elle prolongée jusqu'à nos jours. Les débats si yiolens qui ont éclaté , à propos de miracles » vers le commencement du siècle dernier y et qui se prolongèrent jusqu'à ces grands changemêns politiques qui l'ent terminé > furent la suite de ces mêmes querelles. L'assemblée constituante rendait déjà ses immortels décrets, quQ les convulsionnaires s'agitaient encore. On peut dire que la révolution^ française , qui a tant effacé de choses , a plutôt interrompu que terminé ces débats. On rencontre encore une foule de vétérans du jansénisme , tout glorieux de leurs anciennes campagnes, et qui sont très-capables de prendre du service , si Vuhramontamsme insulte leur retraité.

Si nous avons lieu d'être étonnés, avec Tesprît qui nous anime aujourd'hui , qu'on se soit occupé si longtemps de ces questions de polémique religieuse , cependant il serait injuste de nier que les ecclésiastiques français y déployèrent un esprit d'indépendance trèsremarquable. Le dergé catholique de France , si noblement obstiné à préserver ses franchises des usurpations .de la cour de Rome, a eu maintes occasions,

(1) Déclaration du clergé de France , faite dans V assemblée de 168^ , sur les libertés de V église gallicane et l'autorité ecclésiastique, (Recueil de pièces ) Paris ^ 1817. Rapport par M.Choiseiil (lu Plessis-Praslin.

DU CHRISTIANISME. iSy

dans le cours de ces débats , de s'en expliquer avec la plus grande force. II déploya presque toujours une résistance qui ne fut vaincue ni par les intrigues ni par les menaces. Quoique le clergé français ait malheureusement montré , dans les deux derniers siècles , un esprit de fanatisme qui ne se démentit jamais non plus, et auquel il serait difficile de citer une seule exception , cependant on ne doit pas hésiter à reconnaître qu'il rendit des services très-réels à la liberté d'examen. Sans aucun doute , les évêques les plus respectables de la catholicité , furent les évéques gallicans. La faculté de théologie 9 également , fit une fort belle défense contre les prétentions ultramontaines. L'université fut aussi l'ennemie constante des jésuites. Mais ce furent surtout les parlemens qui se mirent à la tête de cette lutte opiniâtre. Presque toute la liberté dans les pensées ou dans les écrits qu'on montra en France , malgré la législation y doit êfre attribuée à la résistance que nos magistrats ont opposée depuis plus de six cents ans , aux prétentions du fanatisme et de la politique ultramontaine. Il n'y a pas , dans toute notre histoire» un exemple de plus belle résistance , que celle qu'ils firent à l'enregistrement du concordat désastreux de Léon X et de Duprat. Avec quelle reconnaissance devons-nous parler de ces assemblées , lorsque nous songeons que dans le cours du seizième siècle, au moment où les progrès rapides de la réformation disposaient Rome , soutenue par les puissances du jour^ à prendre des mesures effroyables , ce fut l'énergie des parlemens , sous le règne de François I" et de ses trois

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faibles ou cruek successeun, qui empêcha rioquifition et ses bûchers de s'établir parmi. nous, etpréaenra notre patrie de cette période honteuse d'avilissement, d'ignorance, et de barbarie, où l'Espagne, le Portugal et l'Italie , restèrent si long-tenaps plongés ! Quand la France ne devrait à ses parlemens que ce seul service, c'en serait assez pour qu'on eût beaucoup de vénéra? tion pour leur mémoire. — Que l'intervention des parlemens, en matière législative, fût irrégulièro-, et qu'il y eût confusion dans la forme et dans le fond de leurs arrêts législatif, c'est ce qu'on ne peut contester; mais que , dans la monarchie absolue qu} existait «lors ^ il fût très-utile, très-important et très«heureux , que les oi|;anes de la justice fissent des remontrances au pouvoir lorsqu'il s'égarait , c'est ce qui est également incontestable. Sans doute, ces cours fureat très-jalouses de leurs prérogatives, très- fanatiques, et souvent même très-cruelles; mais dans ces tristes temps où le peyple françab n'était aucunement représenté , on doit s'attacher à ce qu'il y avait de moins arbitraire et de moins mauvais. Il &ut le dire hautement aujour^ d'hui , c'est à la courageuse résistance du clergé , et h la vigueur des parlemens , que nous devons tout ce que nous. avons fait, tout ce que lious avons été comme nation. La cour eût cru déroger en se souvenant du peuple. Enfin , les débats de ces assemblées n'ontils pas donné le signal de la révolution? Malgré la brillante esquisse qu'en a tracée l'auteur de la Henriade^ l'Histoire des parlemens est encore à faire, et, jointe au récit des convocations si rares des états?

DU GHJII6TIANI8X£. 1 Sg

géoéraiix » ce sera la Téritable Hktoire de France.

De ces violentes disputea» sur le jansénisme» qui déchirèrent le sein de Tëglise unie , on peat déduire une autre conséquence qui mérite d'être remarquée. Elle démontre é?idetiiment qu^il faut , de toute nécessité , qu'un peuple. discute sur quelque chose; que si on lui défend de s'occuper du fond de sa religion > il se rejettera sur la forme , et que c'est une entreprise raine de prétendre interdire les d^I^ts. Il n'a jamais existé d'autre anàé que celle que Tintolérance et la fonse ont établie pour un instant, 0te2 la force, et tous n'areii plus d*unùé en rien.

D'ailleurs il est étonnant et vraiment inconcevable ,

qu'au milieu de ces débats , si violons et si compliqués , le pouvoir de l'église de Rome n'ait pas davantage souffert. Ce fait prouve combien d'intérêts et d'ambitions se rallient autour d'elle. C'est pitié d'entendre dire que tout cela va finir. Rien de plus durable que ce qui dat0 de^si loin , et une chaîne dont le premier araieau esifixé à quinise cents ans de notre époque , ne se désr unit pas si jEacilement. Toul ce qui branle ne ïambe pas, a dit Montaigne/ On ne peut se faire une trop grande idée de Fempire qu'exerce sur l'homme même le plus éplairé , la puissance de l'habitude et des vieux souve^ nirs. L'Europe (ut-^lle bien plus philosophique qu'elle ne l'est aujourd'hui , la dynastie des papes se continuera toujours 9 sans que cela doive le moins du monde nous inquiéter. M. Hallam, dans son bel ouvrage historique , a &itli ce propos une réflexion également pro-r fonde et vraie, jl remarque qqè tous les grands pou-

l6o BSSÂI SUR l'hISTOIAB QàllÉRALE

Toirs qae les hommes hardis et persévérans ont exercé» sur les autres hommes , que tous les grands prestiges qui fascinent les yeux de la multitude , si jamais ils se dissipent, se dissipent subitement , et tombent du fatte de la puissance au plus bas degré de la faiblesse. Cette observation est parfaitement juste. Hais tel n'a pas été le sort de cette singulière puissance des papes , qui s'est maintenue depuis tant de siècles sur les nations les plus éclairées de la terre. L'empire des papes , considéré depuis ce fougueux Grégoire qui fît faire antichambre à un empereur , jusqu'au doux Pie YII , sollicitant patiemment et enfin obtenant l'établissement de concordats 9 s'est progressivement affaissé et tend à disparaître » a comme la marche progressive du vieillard vers le tombeau , ou comme la retraite de la mer qui s'éloigne lentement du rivage. » Le décroissement progressif du pouvoir des papes , iformera une série infinie dont le dernier terme est bien loin de nous. Remarquons , en résumé , que dans cet état de choses , tout en défendant la liberté d'examen et les croyances qui l'admettent , il né faut plus attaquer les papes. Craignons de déranger ce retour à l'équilibre intellectuel que h raison seule saura bien accélérer, et adoptons , à leur égard , comme à l'égard de beaucoup d'autres abus , cette sage maxime des économistes , o laissez faire ^ laissez petsser. »

Les arrêts du concile de Trente n'ont pas été reçus en France , malgré tous les efibrts des papes. On eut la maladresse d'y étendre outre mesure les juridictions eléricales , et dès lors les parlemens furent inflexibles.

DU CHBISTIANISME. l6l

l'Les évéques et autres supérieurs ecclésiastiques pourront contraindre le clergé régulier à prêcher rÉvangile , par la saisie des revenus bénéficiers, 2*. Ils devront procéder contre les prêcheurs d'hérésie » comme délégaés en cela du saint-siège. ( Session Y» Dec» de refor-tnàiione, cap. 1 et 2. Séance du 7 juin i546. ) Ces deux articles» de pure forme , gâtent cette session Y, assez sage d'ailleurs. Le parlement de Paris jugea ces clauses contraires au droit du roi et non-recevables dans le royaume. ( Séance du 10 mars i547* ) ^* ^^* éyéques accusés de crimes graves ( pro qualiiale critninis )y devront comparaître devant le pape et être jugés par lui. ( Session XIII , D, de ref* , c. 8. Séance du 10 mars i547. ) Nouvelle protestation de nos parlemens^ 4^ Les évéques , comme délégués du saint- siège , connaîtront ( summariè et extrajndicialiter ) des difficultés qui pourraient s'élever à l'occasion des testamens ( Session XII , De réf. , c. 6 ) , et pourront suspendre ou interdire les notaires ( eciam aposiolicâ, impériale ^ aut regiâ auctorilcUe creati Juerint t c, 10. 17 septembre i562 ). Ces articles sont très-maladroits; on les eût dit inventés tout exprès pour soulever les parler mens et tous les gens de loi : aussi > nouvelles et énergiques protestations. 5"* Le pape pourra prononcer dans les accusations contre tous les évéques. ( Sess. XXIY, De réf. , c. 5. 3 et 4 décembre 1675. ) Protestation du cardinal de Lorraine» au nom de la France catholique » deyant le concile. 6** Tous les gouvernemens seront tenus de mettre à exécution les constitutions papales relatives aux ecclésiastiques. ( Session XXY» c. 20. ) :

|6s ESSAI Sttll l'uISTOIBA diKÈRALE

Protestations et réserTes des parlemeHs de FreBeé à l'oceask)» de cet article évideiainent contraire avirt lil^rlés de l'église gallicane. Ces dispositions , et im grand nombre d'autres du même genre , mais mem importantes , ont trouvé dans nos parlemens des ennemie inflexibles. Fra Paolo est d'avis quo ce concile, loin d^avoir guéri les plaies de l'Église , les a oonfir^ mées. < Ëyîdente leçon , nous dit l'inlfègre tbéol^^iea dff Venise , de nous résigner» nous et nos pensée» » à la eoàdulte de Dieu » et de ne point nous fier à la conduite des hommes. » €'est aussi l'avis du savant M. Liagno. { Répertoire de V histoire d Espagne et de Pbftugui, t. I , p; 368. ) S'iF est incontestable oependatit que ee couoile n'a pas écrasé l'hérésie ( et co ne fut pas fliute d'anathèmes ) , il Êiut convenir qu'il a réformé Tégllse romaine sotrs une foule de rapports. On ne petit s'empêcher de remarquer d'ailleurs combienf il faut qtie les papes aient déployé de génie pour mener ce concile à leur gré , pendant vingt ans^ malgré les intérêts el les amours-propres opposés des cours d' Allemagne , d'Bs^ |>agne et de France. C'est un beau fait de dSplotnalie -relîgiense, et, sans contredit, le chef-d'œuvre de la -poiitiqtie italienne.

ne chbistiakismJë. a6S

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