‹ Essai sur l'histoire générale du ChristianismeChapitre 15 sur 20 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

■ (taiitn EST tA siTtJXTitm dk i4ot»i^ sociéTifc JiCTifsLix.

E^ihroNS maintenant dé déterminer , non* pbflit hi j^ilo^o^hie spéciale qui règne en France , mais l'idée dominante qui gouverne à la fois et la rdigioir et là métaphysique de notre- temps.

^ ' Je- n'ai pas l'intentibii d'indiquer siiccesàivettkfeifl?!»

priMîpés fo/BÂ MTt wtvi do haie mx ofpnmrïs i^eK^eimè dtetffôtts tefi pemfie9. Ce serarit »n grand ouvrage que ^dsposet FinfhieBce qu'elles ont exercée sur rbomme, et en même t&snfs y* ks modifications qu'il leur a ftiit MMr 9 é'aprôs' sa posHio»» son caractère , ses goAts et $es "Hmik^; mxAs en nous bornànlt k choisir Ains ce f«iil^ cadre le9 traits qui nous intéresCsent spécMe'^ iMnt / es^ayoUd de découvrir oii en est la Franee à- eet êpt&A i et quelle es< ^a sttuatien générale , quant à ses epinîens de philosophie religieuse. Kest impossible de trier que le^ nartions ne soient ark*ivées maintomiift à ttore ^oque décisive de létrr histoire; c'est un poifilt^ et le seul peut'-^fre , sur lequel tous le^ partis soient^ bieil d'accord. La tournure des esprits présente ce ca^âc** tëre cdnstant : o'est qu'aujourd'hui les^ hommes vect^ lent appliquer les théories , après avoir passé surtottt fci dernier siiècle èf les éCabliré Its ont assez raisoniidi «h veofe^t eenclûre. Us out consumé un temps im^ metne à débàtti*e toutes les opinions; ils sont parvenus à' fl^enteodre sur tous lesr points importans r enfiir ii y a iaondatioA de lumières , et ils veulent s'en servir pour mafrcfaei^ drmt.

AussitMque la nuit du moyen âgé se fut'dîstipée> 'les'produîte de la littérature* et des arts occupèrent e»- ^dtement l'Europe. Ce fut un malheur; ear si Ib vrai de l'imagination charme le coeur de rhoinme , c'est l^trai de la philosophie qui lui montre ses devoirs* et % 'Pt îicde ses vertus* En un mot , on dirait que les nattons •modernes, comme les peuples^ anciens, ont eli dii génie avafnt d'avoir de la raison. Mais à k fin du moy^

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fige , il &llut presque tout recommencer sur de nouveaux frais, et les arts se montrèrent à la tête du mouvement de l'esprit humain. L'imagination des hoounes, si long-temps obscurcie , s'est élancée subitement pres^ que jusqu'aux limites de son règne. Tout à coup elle a jeté le plus vif éclat , et bientôt après sont flambeau s'est presque éteint. Leur raison éprouva des phases toutes contraires. Elle ne s'est pas avancée bien rapidement; mais ses progrès furent bien plus assurés et plus' fermes; nous pouvons être certains qu'elle ne doit pas reculer, et alors nous ne regretterons pas qu'elle ait paru'si tard. L'influence qu'elle exerce sur le temps actuel est admirable. Aujourd'hui, il ne peut exister de systèmes , ni dans les sciences morales , ni dans les sciences physiques. On les rejette dès qu'ils sont présentés. Dans la philosophie raiiomieUe surtout, cette belle partie de nos connaissances , les choses se sont beaucoup simplifiées. Il faut que la métaphysique se fasse comprendre, parce que les hommes de nos jours, à qui elle s'adresse, ne se paient ni de mots , ni de subtilités; entre leurs mains, les traditions de l'école se sont heureusement perdues.' Non que maintenant on ait la folie de négliger les leçons des temps anciens; très-loin de Ih; on étudie l'histoire; on pèse lès mérites des produits d'une philosophie passée; on recherche avidement les traces de tolérance et de liberté que des grands hommes y ont laissées malgré leur siècle; et on sait faire , à qui de droit , la part du fanatisme et de l'esprit d'exclusion dont elle abonde. Aussi les sciences morales ont-elles pris une nouvelle

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direction; les édifices habités naguère par la ténébreuge

scolastîque sont ouverts aujourd'hui aux leçons de ^

la sagesse et d'une tolérante raison. On a renouvelé

l'air de la Sorbonne. >

^ Parmi nous les arts ont également chiingé de facei

Brisant la glace de l'usage et de l'étiquette » un nouveau système de peinture est allé puiser dans l'antî- 1

qaité. sets inspirations et ses modèles. Ressemble* t-il i

en rien à ce dont le génie des^ arts s'était contenté en

France? Qu'on, veuille bien comparer les froides allés^ i

gories qui décorent Versailles» avec les ouvrages de

notre école moderne» et on découvrira à l'instant la

différence des régimes qui les ont produits : on verra

que les artistes qui ont fondé notre nouvelle école»

remettant les arts à leur place» qui est d'instruire. les

hommes en touchant leur cœur et de lier d'une manière indissoluble le beau et le juste, doivent ^ toute

leur gloire ^ux leçons que donnèrent leurs pinceaux

tant qu'ils, ne devinrent point serviles. S'ils refusent

encore de couvrir d'un voile les formes des héros de

la Grèce , dont ils nous retracent l'histoire , c'est qu'ik

savent bien que leurs ouvrages ne seront point livrés à la critique des courtisans » ni aux sarcasmes d'une cour licencieuse , mais seront jugés par des règles nouvelles et une race d'hommes libres.

Cette ardeur pour le vrai et le positif, qui consume tous les esprits , bien qu'elle ait dirigé avec un brillant succès les progrès des sciences , n'a pas eu une heureuse influence sur le développement du génie poétique. Si c'est un reproché nous l'acceptons volontiers.

if^ ^éutm mémù ^at c W parce que Ton raisauiê tccf «ettevMt aii)Ourdttt»i , <[u'on M peot produire aïKQtte de ces ooncepidôiM originales de rinogittaUcii» «ukquelles Tart de faire des vers est entièteiaent «ubor^ àtmné. D'aîMeiirs ia Fraie poésie doit avoir un oal'ac* %èrfl Mtiooali el où sent les parties de noùne liistoite SkièÊB pftur înapirer «ine imagÛMitioa créainoe ? £a géaBApal l'tiatoit'e. «noderae n'est pas poëtkjue > «laUmÉ mUs dflia FraMe, où. le peu^ ne se aaoafere pres<pie p«. Jhma le «èole briJJant.de notre Uttératuris , la saiioa ae donnait signe de vie que lorsqu'il fallait pai^ «NI 'se batkre. ijnelques beaux esprits smrant Ja ecMv étatent les gardiens officiels du bon goiH » et l'air des Donrs est ftmeete au gènae; aussi les ouvrages h^ pbis rdmarqiàibles que noire littérature possède » ùaNsat "Mviposés pendant la disgrâce de lears auteurs. IWque tous les homnaes qui ont écrit à l'ombre du pouvrâr -ont été gênés de sa protection. On a beau fains , la nature bumaiae qo s'avilit pas volontiers, et c'est ^e qui interdit de cumuler les qualités de poète ei de €0uiiisan.

finns l'état de ia philosophie religieuse notts .peur- «e«s mieux reconnaître encore les traces ^ue l'eqirit de «être leao^ a laissées. Par quel phénomène eet^n parvenu à s'entendre si parfatteioe&tsur tamt de peials «î memeatet «i leogement débattus? Sans une ^vèm iH^ère ei agitée , règne le silence et la pak. Quelle -magie a glacé k laqgue de nos sophistes ? La tbéolegie aeoiastlque a*t-eUe eu le sort de la chevalerie ? eet-ee le ridicule qm en a &U justice? Gomment la soîenoe

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juarAte a-t-elle pris cet aàpeet sévère ? par la marche iiatiireUe de l'esprit htH»aiD« Et commeot ne pas croire à Boire tendaDce vers la perfection » quand on observe où BOUS en étton» vers la fin du moyen âge > et où nous en sommes aujourd'hui ? Qu'on me cite en effet fine seule école, une seule secte dominante? La pUiosoplde semble n'eiister nulle part; mais ses vrais prmcipes régnent dans tous les cœurs. Après la renaissance des lettres, le premier mouvement des hommes fut un mouvement de surprise; ils s'étonnèrent de tout ce ^'ils avaient devant les jeux; et cependant leur génie captif soupirait après la liberté. Le seul point dont ils fiissent bieil certains , c'est que leurs religions et leurs prêtres s'opposaient à ce mouvement. Chose bien dignis dé remarque 1 le culte d'une grande partie ée l'Ettrope défeadait les lumières , et ses ministl?es, entraides par le torrent» ont contribué à les raUumer; il commandait l'intolérance , et les peuples ont désobéi. I^es progrès ont été tellement rapides , sous une fbdle de rapports, qu'un écrivain qui conteste de nos jiours le principe de la tolérance universelle , par exemple , ùit une grande sensation , et , en reculadt d'un siècle » nous trouvons qu'un homme qui avait alors la har diesse de le pfoclan^er, était remarqué comme un prodige. Nous devons ces heureux changemens k une réunion de causes assez délicates. Une des plus évidentes, c'est l'influence d'une foule de génies supérieurs, qui ont éclairé presque tout le cours du dix-huitième siècle. On est afrivé à être d'accord sur tous les points impertans. Systèmes religieux compatibles aVec la Kr

l8o ESSAI SUR L*HISTOIRB GÉNÉRALE

berté et Tindépendance nationale , avec les principes de la tolérance et les devoirs des citoyens , avec ces sentimens innés de justice sans lesquels rien ne peut dorer; cultes également protégés; pjrêtrès se renfermant dans le spirituel de leurs charges : ce sont aujourd'hui des conditions sur la nécessité desquelles il n'est plus permis de discuter. Quelques grands hommes , qui semblent envoyés du ciel pour instruire la ierre, ont proclamé une foule de vérités auxquelles le public avait librement accès. Leurs maximes ont été recueillies et appliquées. Le. moment est venu enfin où les peuples mo<fcrnes ont fait sortir les principes des livres et des traités, comme autrefois la Grè&e les fit sortir des lycées et des académies pour animer ses citoyens. Si les anciens peuples divinisaient toutes les passions et semblaient dresser des autels souvent au crime comme à la vertu , combien de fois ne les vit-on pas laisser au fond du sanctuaire les statues de marbre et de bronze » et s'emparer des sentimens dont elles étaient l'image; combien de fois ne les Vit- on pas , dans des momens de péril , oublier dans leurs systèmes de théologie la partie matérielle ou poétique , pour ne prendre que la partie.morale , cette vertu adorée sous tant de noms diflférens , mais qui produit des effets identiques partout où elle est invoquée? On dirait que l'homme a devant lui un chemin tracé où il s'engage dans tous les temps. Les nations modernes ont suivi la môme marche. Elles se sont élevées aq-dcssus des pratiques et des cérémonies; elles ont brisé le joug de l'habitude et de ces coutumes qu'une longue vénéra-

^ nv CHAlSTlAl^ISliE. l8l

lion consacrait. Elles 'n'ont pas reçu les antiques tra* ditîons sans les examiner; elles'n'ont redouté aucun travail , ni aucun effort; elles ont appris que la vérité dédommage des sacrifices qu'on fait pour elle; et il n'est pas de malheurs qu'elles n'aient bravés pour l'atteindre.

Enfin » l'on n'a rien conservé de la vieille philosophie; les noms, les sectes ont disparu; mais on est tout disposé à croire ce qui est vrai ; on est tout prêt à recevoir ce qui est juste. Les hommes de notre temps sont impatiens de se fixer; ils voudraient croire: iU appellent de tous leurs vœux une religion éclairée » rais'bnnable et libre; la terre est toute préparée pour qu'elle y prenne racine et s'y élève. En France Von a essayé de tout ; d'un fanatisme cruel , dtine élégante incrédulité, d'un farouche athéisme, et, de toutes parts ; on en revient au besoin général et profond d'iine doctrine jsimple et pure , qui puisse garantir tous les droits et consacrer tous les devoirs. De tous côtés on se demande , où peut se trouver cette doctrine , ce système consolant ? Qu'on le montre une fois , et il suffira de lui seul pour le recommander. Il ne sera pas nécessaire d'appuyer sa réception ; on l'acceptera comme un besoin ; on l'implore comme une grâce. Que d'espérances il doit réaliser I que d'erreurs et de doutes il va détruire ! C'est à lui à rétablir le c(flmedans des esprits agités par tant de secousses, occupés tour à tour par les opinions les plus incertaines , troublés par les objections les plus désespérantes; c'est à lui de réfuter cette deïni-philôsophie qui excite l'esprit loin de le contenter»

i8% ESSAI tVtt l'rISTOIRB GiNÉRALR

et FeDtratne dans les voies les plus obscures , sans cours , sans consolations et sans guide; c'est lui qui dressera nos autels domestiques , qui mettra la religion dans nos mœurs , dans nos lois , dans notre littérature , dans nos pensées. Quel est le grand homme qui doil appuyer de son éloquence ce système nouveau? Où est te sage qui jettera sur li|i tout l'éclat de ses vertus? Vei^rons-nous un philosophe parcourir la terre , pour le répandre parmi les hommes , et , ainsi que Platon , visiter une foule de contrées pour apprendre et pour enseigner la sagesse ? Ce ne serait pas la première fois que des peuples , qui se croyaient les plus éclairés de la terre , auraient reçu des leçons nouvelles. Au milieu de Télégante Athènes , encore dans les jours de sa splendeur, un modeste apôtre de l'Évangile Àonaa l'aréopage de sa simple éloquence, et vint annoncer 'h la Grèce , qui avait eu de si grands maîtres et de si grandes écoles , une morale ignorée et un Dieu inc&nnUé

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