CHAPITRE PREMIER
SB l'obIGINS et DBS CABACTkBBS DB l'iDÊB BBUQIBQSB*
L'idée de religion et de culte est tellement inséparable de rhomme , que l'histoire de la religion est pour , ainsi dire celle du genre humain. Soit que l'homme ait reconnu les traits d'une souireraine puissance profondément gravés dans son ame , soit qu'il ait trouvé dans la majesté de l'univers la révélation d'une cause suprême et infinie» il est bien certain que, dès ses prejouiers jours sur la terre » sa, faculté religieuse s'est déployée avec une force que toute l'histoire atteste, et avec une bonne foi qu'il est impossible de méconnaître. Il ai'est point de &it historique plus général ni mieux attesté. Partout l'homme a commencé sa carrière par un hymne d'adoration. Ce culte qui élève la créature audessus du monde , ces prières qui semblent réunif par un commerce mystérieux les choses visibles à leur source invisible , tontes ces pratiques diverses forment un acte de souveraineté sur la matière , que l'homme
t BMAI S9I |.'lUâTOyiU «ftHiAALB
t'est empressé d'exercer. En effet , toate prière est un appel à une puissance supérieure à ce monde; tout eulte laisse ?eir ^pm l'ame a eonfianee en un aveni» r4* munérateur. Tout vient confirmer ce premier résultat.
Ce fui subsiste eneore aujourd'hui des premiers monumens que les sociétés naissantes ont élevés » atteste que l'idée religieuse était aussi profonde et aussi im dans l'antiquité que de nos jours. Dans ce temps reculé où le monde sepeuph , des tribus nombreuses descendirent des montagnes de l'Asie centrale et se dirigèrent du coté de l'Occident. Dans le cours de cette lente mig w tion » qui les porta jusqu'aux rivagas de I^Eg^pie ai de la Phénicie , d'où elles peuplèrent, la Grèce , k plusieurs reprises elles se réunirent en nations puissantes » que nous ne connaissons plus aujourd'lini que par dea débris amoncelés ou des traditions incertaines et incom* plètes. Depuis ces plateaux du Thibet, où» pour la première fois, l'homme s'éleva sur la surface de far terre» jusquleiux bords du Nit et de l'Euphrate» on a trouvé de vastes amas de ruines. Ces contrées » théiftre de la plus antique drilîsation » ont été bien souvent vidtées et décrites , et il est sans exemple qulon y ait tecueilK même des souveniia vagues d^nstituttons mo^ raies ou législatives, ni découvert des débris d'é^bes, sans avoir diservé en même temps les traces des idées religieuses et tes restes ées autels élevés ésns les tenip» p^ftnHS^. Le sentim^it religieux cher l'homme est donc aussi ancien que lui-même.
A la preuve par les monumens » on peut ajouter une preuve littéraire. Ce ne sont pas seulement les restes
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Aeg êHÈùe», «{ 1» pihJseDce de fefi[i{>tes 8 MSiU ié^ traits^ qui attestent la généralité et la frofùtiêéttt' âê Pidkte fétt^kvis€. Scft iiifliiefidé 6 élFidettttfefit àîttéles ft^vÊ^mè témposiûédi que Pantiqvïitié hdxj^ inbntT&^ fee^ j^^G^Éïëd épjqiiés» cerdilés nationales', <fÉi otif to^ iêrfê tëé kapt^sskMàs imïyes' êêi ietnp ^hnitit*^. déH pèétéé dés prettifièi's jo^è s^&tient des ^^Strés hi^U fêê. Là «o#tie«!dn d'tine l)iviYâté, ^s^matfiféslfatlotai's , ses Imme^, êes arrêts^, le éiel et lés ëtikt^j Se ttibnfi^tltf dali« te^ys TécÏN séû» le >6iil^ t& plus* impôsàiM. C'é^ aiiHsi ^tte les Grecs d« telbps d'HômèitfpecueilHi'ëât M (^ellë^tfotf dès po«Hvé9 qu^on M aftiO^, aVéc i&oi N ^É q^e tiSék^ë utoe ehrèùiqtie ûafiooîlalé, et àre€ fôdit Jëv ré^ct qa'iiispir^ line révléltftîoir sainte. La musé Aè» ternes afi^ues ^mbler ^oujo^r» avoir' qùeTqùd dM)6é f bisfèrique , et quelque chose d'inspifé; Ain)si les* Mli , les monumens'y et tes* po^ëm^s-, nèùs- dffrënf partout' l'empreinte d'une* faculté religieuse' prtfféndé^- Éfefâk- ca¥actérfséé.
Mais if ne suifil ^as; de ^t^endi^ l'idée* religieuse Cdflafme' uil &it , et- d'en ééfliionti^r lia liisiutë antiqtAté, il ftiuttftdiep d^e^pKquet* conuaiétit cette idée se foriàë ÀHs l'ame'; vient- elle d*'uii^ sentiment instinctif? ésti* eU^ un produit inteHectoél de notice seute raison? se déireIoppe-t>-elle par notre intèlfîgénté , ou" résirlte-teltë d'cm besoin insfinetifdVdMfation. En d^antres^te^-^ mes , fe sën» rélt^eux MV-it ptrrtiè de" notfe âdiitil^ éMMUs le setis^ môMt ?^sonnn^&-nbte religiëtix côitfûld nous sommes poètes , comme nous sommes artistes , entraînés par un mouvement qui part des profondeurs
4 BMAI SVB t'onrOlBB «ÉRiftALB
de notre être ? la religion ettelle un atnoor oo ûù rai- •onnement?
. A£n d*éclairdr cette question » il faut a'arrfter principalement à reconnaître Tinfluence et les progrès des écoles de philosophie religieuse , c*est-à-^re descelles gui ont admis un commerce direct entre rhomme et la cause universelle , et qui ont été conduites par l'a* nalyse ou par la méthode à une adoration transcendante. Le problème que nous posons ici a partagé les philosophes de tous les temps. D*abord la philosophie platonicienne » par sa nature même , ne pouvait qu'admettre la religion comme sentiment, tandis que Técole d'Aristote , du reste assez peu religieuse » a déduit ridée de culte du simple raisonnement. L'ingénieux et brillant dialogue de FAlciphron oppise arec autant de goût que de bon sens la voix de la conscience morale aux subtilités dangereuses du polythéisme populaire; mais ce n'est que dans le Phadron, consacré à la recherche des lois du beau, que Platon a exposé d'une manière à peu près complète ses idées sur. la source de notre feculté religieuse. Il Ta confondue évidemment avec le souvenir ou la réminiscence (i^ , par laquelle l'ame , songeant à ce qu'elle éuûi autrefois dans l'essence divine, et humiliée de ce qu'elle <^^ sur la terre , tâche à s'absorber dans le sein de Dieu par la contemplation mystique d'un passé sublime. Ces magnifiques idées platoniciennes sont la déductipn. naturelle , dans ce dialogue de Phœdron , de la maxione
mu, .i^pp. .. i. ^.um^m&mest^mv^gm^m
m chAistianisme. 5
fondamentale y iout esprit est immortel (i). MaU si, d'an côté » il est facile de voir combien ces conceptions s^iéloignaient du polythéisme dominant, d'un autre côté 9 elles démontrent que l'école académique regardait la religion comme une afiaire de sentiment intime. ' Aristote s'en est assez peu occupé dans la masse de ses écrits. Sa morale même est purement humaine.. L'idéal de la justice était nié par sa philosophie , et il se contente d'insister dans sa Morale sur cette espé-^ rance ,' que puisqu'il est probable que les dieux s'occupent de ce monde , dès lors l'homme juste doit leur être spécialement agréable (2). Il né parait pas d'ailleurs que le fondateur du Lycée ait récommandé l'exercice d'un culte quelconque» positif et extérieur. C'est surtout dsins l'école d'Alexandrie » représentée par Produs, Plotin , Philon et Jamblique, que la doctrine du sentiment religieux a pris naissance. Tous ces philosophes admettaient un rapport instinctif entre la créa-
/ (t) IIata 4^x^ etdflcmroc. Platon admettait aussi expressëment que Pâme délivrée de l'ènTeloppe matërieUe pouvait, par la pensée ou le souvenir , percevoir intuitivement les coneaptionft d« la justice ( J'txàHi^ôvn ), la tempérance {f^fttvm )4 et la science ( fT/0'rM^» ), comme lois absolues, ( Plat. oper. Serr. tom. III. Pbsd. p. 346,^47, ^49.)
('j) Voici comme D. Lambinus traduit ce passage curieux : « Qui vero muncribus fungitur mente eonsentaneis et banc colit* estque optimè animo affettus : eum probabile est Dec cavissùranm esse, ^am si dii immortales curam habent rerum bumanarum, quemadmodum verisimild est : iilud quoque probabile fuerit , eos re omnium optimâ , sibique maxime cognata delectari. » (Aristote^ He Jfori6iM«:Hb'^ X) p« 36S»)
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ji ESSAI SCA I.*I1IST0U» ^i&ALB
t«re el le CrAa^ur, CèUài \k wm Viièt de l|i philosophie orientale , manifeelée dtos les iMft* ^ons de la Perse, daas les bymoes de Zoroaâlie » el d|u^ les épopées théologiqiies de l'Inde. Il n^esl piM éUmnotfil que la philosopine de Platon ait gardé ee cairactère » s'il est démontré que le système de Ykmàé" ime n'est qu'un reflet de la pliilosophie orientale sor* prise en lË^pte par son mettre, reflet épuré par un koa sens admirable , nn eqprit d'analyse rigoureux, et «aaai supérieur aux idées de l'Orient que l'état social de In ISrrèce était supérieur k celui des castes de l'Inde. Telles sont les principales sources de la philosophie rdigieiise, Gomne sentiment de l'ame , et non e<»nme produit de de notre intitîlligence.
I^'Érangile combattit cette tendance, et ne r e co MH rt |i la rel^on d'autres sources que celles de la iiiison et de la révélation ^'adressant k la raison. Ce oara^ttee entiè^ment chrétien ne fut pas eflacé pur l'tilfluenM mystique de quelques-uns des pères , parmi lesquels il faut ranger Clément d'Alexandrie , Lactance et Angus*. tin. Dans la suite des tenqM » l'idée religieuse épreura plusieurs variations très-dignes d'attention. Des dogmes à jamais incompréhensibles et indéfinissables occupèrent les conciles et agitèrent les peuples. Plus tard, l'idée religieuse reprit entièrement le caractère de méditation orientale dans la solitude des cloîtres et dans le Tagne des contemplations. Enfin la réforme lui restitua son caractère positif; elle rendit à la raison tout ce domaine, dont l'imagination s'était emparée; elle mit le culte à la place des pompes , et l'examen k la
jdaee éà la croyaûce i elle t^Mit Uû6 foi philosophique. Aussi les philosophes de son école , et à leur ièHb Bacoû et Descartes, ont attribué positivement les idées religieuses à rinfluence de la raison , réfléchissant sur D΀u, sur elle-mêma, et sur l'univers.-
C'est Ik 9 en e£fet , le réritable point de vne sons le* ^uel nous pensons que Ton doive considérer Hdée religieuse ; Texamen le plus rigoureux mène à cette con- «équenôe. L*anie est d'abord entrateée par la loi éb causalité; elle s'élance au-dessus du visible » eHe brise les appa)rences , elle essaie de saisir le lien de la grande cause , et elle se perd dans Tinfini. Elle accorde dVbord le nom de Dieu à cette force inconnue » qui hii paraît surmonter les phénomènes. €'est akisi que pieilâ naissance la théologie cosmologtque, source des reRgions primitives. Ensuite Famé, méditant sur elfemtoie plus intimement, se recueillant en silence dam la sainteté de son être , y reconnatt cette liaison httime , ce rapport tàiystérieux entre la vertu et le bonlieur, union sublime que ce monde ne peut réaKser. Elle érHve ainsi à la conception d'une source évidétite , dVine tttuse de cette impression , et alors le Père de t^iAes c!hoses , la jM'Oviâence du genre hmnain , Pe^ poir de l'innocence » se présente à la créature troublée. fl%^ éfnsi que par la double voie de Tame et de Pnni>vérs les peuples arrivent d'abord à l'idée d'une canin seliteraine , ensuite aux formes d'adoration , enfin àA nobles espérances de l'immortalité.
Ces conclusions ioieilectaelles que nous venons d*é- ÎMMIétfer se sont prése^téeë pàrtoill; enséi on ne peut
8 KMAl 6UA L*HMTOIBB «BRiBALK
fixer à ridée religieuse une localité spéciale , oh elle se •erait éievée de préférence; on ne peut adipettre que de l*Orient ou de Tlnde soit sorti , pour ainsi dite , un souffle de révélations primitives ^ qui est Tenu s'altérer dans i'Hellénie» au gré de Timagination grecque» et suivant Tinspiration capricieuse de ce beau climat. Le .génie des révélations , c'est le besoin de s'élever audessus du réel et de l'avenir» et il s'est offert partout; sa patrie est le monde entier. Il n'est point douteux que l'antique culte patriarcal des tribus arabes et mongoles y les institutions mystiques et secrètes fou*dées en Asie» dans la Germanie» ou dans la grande Grèce » par les disciples de Brahma» d'Odin ou de Pythagore , ne présentent » soit entre eux » soit avec d'autres rites religieux» des ^apports firappans. Ce phénomène remarquable provient d'une communauté d'origine chez le genre humain , et il démontre le besoin général » et le sentiment universel d'une révélation.
D'ailleurs » les idées religieuses ont porté le joug de la situation et des craintes de l'homme» qui les avait conçues. Retenu» par sa faiblesse naturelle» à une ai grande distance de l*Êlrë In/bûi il s'est appliqué à remplir riptervalle par des créations plus rapprochées de lui. Il a choisi leurs attributs dans les tableaux de la nature qui l'environnait; il leur a donné la forme des passions humaines; enfin il a répandu dans tout l'univers ces produits de ses désirs et de sa faiblesse. Pour trouver. des exemples de ce penchant qui a régné chez tontes les nations , on a recours , de préférence » aux fictions des peuples de la Grèce» parce qu'elles nous
DU CHBISTIAMISKE. 9
offî^nl; le modèle de ces heureuses el douces inspini^tioiis i^i n'excIuèBt. pas la grandeur. Ces nations, émi* nemment religieuse» et politiques , ont fait {ilug que de placer des eriiUèmes déifiés entre elles et le souverain de runifers j elles ont donné des traits et une figure aux sentimens même de Tame. Quelle imposante divlailé que leur Némésis, qui n'avait point de place assi- .gnée dans TOlympe / ni' de rang parmi les dieux; mais qui, ^partout présente dans Tunivers et ne manquant .jamais ses vengeances , étAit rinnge de la conscience qui ne sait pas pardonner. Le Destin des Grecs est une conception aussi vraie et'encore plus proibnde. L'em« ploi qu'ils en Ofut fai^stir la scène, prouve jusqu'à l'é« vidènce, qu'ils fuirent conduits à l'admettre par le trhte tableau qu'offrent si souvent les choses humaines, ob Ja foirtune trahit la vertu et l'héroïsme. Alors il fallut bien inventer une puissance supérieure pour acquitter les maîtres de l'univers, lui faire prononcer des arrêts éternels V lui faire habiter un temple de bronze , et gra» ver sur ses murs des décrets immuables que la main des dieux ne pouvait effacer. Ainsi l'idolâtrie, dans toutes ses iQOfdifications , n'est jamais que le sentiment rel^ieux personnifié.
Une théologie encore superficielle , conduisit quelques philosophes à l'adoration des forces invisible» de de la nature , mais le vulgaire trouva qu'il était, plus simple de se prosterner devant ses productions. Depuis le culte du soleil , la moins grossière des idolâtries, jusqu'à cehii des plantes qui naissent sur les bords- du Nil, tous ces rites, toutes ces erreurs démontrent la
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^MMii» M l a rtii n a nt gravé dans tous les cmirs. Qo^on
^Ni# laa suMliéds» i|u^ob entasse les livre», ^mA
M*« déirttiffa réridenea profonde avec laqurile mtm
f^^^mê Um p a a pg ncer qoa denx classes d'éCrea dÉ«t
Ol f^0fu^ «MM r^MiM équimfjriaki , par M. de HiimMdt. ''••^•»if9.v4,II,p.4aft.
U» «a» 4W4; P9W ^9fi^nf» d'élre é^^vi « iMf éa i ét»a » Ues 9 pesans , figurés , et dont le» attfreè ont four «a^s^ce 4b r^Aécbîr « ^'ab^trakHs , d« «o&oavmr » de pos- ^dw.le» idéen «i{i4rteard9 4t« rmi » au }uite » dn b«aû, ^09( 4qb cjiasses d'êtres «b^Qlqgaent divers^ éiilre kn»qifok ii9Jfe coi9{>arBi9<Hi ne peut éiwéiablie^ qu'tiiia distawe ijxtm^ 9^ar(3 > et qaî û'^eot ^afin de cmninQt
Oa Toit ainsi ifà^ rewtaiiae d'wi ^nd ftié , l'ws*t^i^e» d'une ame usuryivaol; à <»Btte vie , a jiarteiit aoB*i> «ti tailla baae des idée« religieuses* Mais les ferees ua* tgrelles ^ si puissantes et si visiMes , ^ui t'efirenl à i|otii are0 i^uelque^-u^s d»s traits de rinteUigeiiCi& ÉièBie » ont 4:ondiiil; nati9*elkiMat las bomoies à kûr domet une apparence , et ^ leur txwar ime adoratkn. Ls ftv» «jèjce théologie es( née d'uae physique ^na Peafaies; 4iM»f las fMOoaies thialogii{»ea de bOrèw cdmiae dj» rinde , oompr^MKinl due descriptioiiiiiytffiqtta des éié^ jj^mB du monde» dt de la ykÊme d un otdre «aéatevr mr le çbaoa^ Sésioda an prétoeale un exemple frappant dans son ptoM^^o la TAé^fome. ffémésUs bs èm^ gM^M 1 ks Dis$çfijks^^ h FiéUksst , toutes oes ooa^ fiq^ns morales di^iaiiéei^» sent filles de la; Nuii et dk Ciafii* L&mal « daseeodu sur la terra apfèa Ina ^pOor tiop» de b guerva des TiWils. C'eit ainsi que le irieii Hésiode rerêtait'dea oauleura poétiques les idées da la lACt^ Ëlééona , qcù «tait kasé la plulosqrhie sur Vé^ tude 4aa élémens, la morale sur la physi^lue, aTant qipe Platon eût s^aré. netl^meniflas limites dea deux «oimoa^i^ H est d^lCf éWtlaAt ^ les pr^mlèraa idéas
§t wmài icm t.*
Ue là ce* mtàkmê été DUm otmfomim dmme dm «MMtr^qiiioMiierridk kafeà l» Ub6ek»gie» , et Mvtual à oe «rslème • • churté éaoti tes rer» obicars , idéet ai fpenfpie» Im pli» y oit itr i foot amTéft le UKModre Irairail. Qu'auraient &ît ces cieMi , »'ii» avaient pu eoaaaftre ccHnme noos Vi rabb; ttractore du corps humain , et touftes les Itfiof i|ue la nature a prises poor que Tordre p l ijii i |n6 ne puisse jamais être troublé? Un antre camolère général de rhomme ignorant » et par conséquent cninitf , cW que les spectacles terribles de la natne, qui k surptenneot et le font trembler, lui inspirent pins de religion que ses tableaux agréables et rians. C*esl ce qui a bit dire que les premiers Dieux furent ksDieai de la peur. Et cependant , les plus doux ^ectaclea de la ruiture sont quelquefois aussi les plus éloquens. Aux yeux du philosophe , il 7 a autant de divmiU dans la fleur des champs , qui ouvre son calice parfumé aux premiers rayons du soleil , que dans le spectacle de Torage et le mugissement de la tempête. Cependant rhomme grossier n'accorde que fort peu d'attention à ce doux spectacle; mais si le tonnerre a frappé un ro- ^^^ » il imite ' les anciennes tribus de la Grèce , qui s empresftaieut d'y traîner des victimes et d'élever un autel fiu Dieu inconnu qui avait lancé la foudre.
W«us pouvons déjà conclure t de ces premières réflewons, la généralité de l'idée religieuse. Nous avons
reconnu de quelle puissance de l'ame elle {nread son origine. Nous la conceyons connue résultai indubitable dés réflexions de la raison sur elle-même et sur l'univers , et nous voyons clairement que la notion d'immortalité a dii s'y mêler. Il n'y a rien là que l'homme ne puisse atteindre par le simple développement de ses finrces pensantes. Dès loirs% nous voyons pourquoi toute l'antiquité a été religieuse , jusque dans sa physique. Le ^ectaclede l'Asie, d<Mit lesgouvernemeos nationtax sont ^dcore aujourd'hui des théocraties dégénérées » n'aura plus rien qui nous étonne. La religion naissant partout aveoila première civilisation 9 occupant toutes les avenues chez les peuple» dans l'enfigmce, ce sera le caractère des nations stationnaires ; de n'avoir pas d'institutions civiles qui ne soient en même temps institutbns religièiises. L'idée religieuse , en pfBdt , sous forme dé pontificat V doit tendre à bannir de la société tout coquf n'est -pa& elle. Chez tous les peuples dans l'en&nce» il -y aura donc confusion complète et proliAide entre lès deux ordres spirituel et matériri , ce qui amène toujours l'esclavage et l'immobilité des idées. NoUs' verrons ciftte confusion reparaître ou disparaître suivant lès phases diverses de la raison. En étudknt las -époques subsé-» quentes , il nous sera de plus en plus démbntré que la religion ne saurait revêtir son caractère réellement auguste et sublime, qu'en se d^ageant dé fouVlien temporel. Elle n'a de dignité que ceHe que lui donne ^a complète indépendance de la société civile. Sa gloire et son privilège » c^est> de n'être pas de ce monde.
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IlMi^to^levkv parlk^de Al Inw, k^IwiMpBatMt Kè b» idée» r«i%ktt«»i( «m 9p#cl««ktde«fl«tt» flwniii* «■wd^iwoliilfecUve), d» dMM^ooe* mjlMliMrflmai
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pmÛBB de PEuMpè , en cercles on en li^iet ptfaBèlM , ces pierres énormes, 4(111. se «raHaGhent sans'doofte è rancien culte des Druides; c'est k méM» opinion ^ a fait construire ces temples Alanoés» on en étages, de tant de nations de l'Asie, les monamens gigantesques deTÉgypte, etceuK yi'on appelle d ft ' Wf a<j > enfin les immuluêt ou monceaux de terre qu'on ofcsenrê dans les plaines du Canada , et les pyramides du Mexique. La constance de forme de la plupart. ée ces monunens » est encoie un fiût très-curiem » soil qu'on les regarde eomme des temples ou des tombeaux , soit qu'on admette que ces édifioeo consacrés au soleil, dans les climats .voisins des trapiques , aient été construite foor ne projeter aucune ombre à des jours fixes , s<»t qn'on suppose que leur figure en pointe représente un frisceau de rayons qui s'épanouit , 60 une -flamme qn s'élève; soit qu'on veuille croire que les obéUsques, ces dtminutiCi des pyramides , aient servi de gnemons , et ainsi aient été à la fois lés symboles et les insirumens du filieu du jour* II parait que chez tontes Jes nations de la terre, le culte des statues déifiées s'est très-lentement établi. On a commencé par adorer, de simples pierres. Ce singulier concours dodrconstances, qui a répandu le/éiicàisme chez quelques peuples africains , s'est bien rarement montré. Les hoides sau* vages qui vivent sur les bords des fleuves qui forment un réseau dans l'Amérique méridionale , ont aussi de la vénération pour certaines pierres , et cette même superstition .a régné dans le nord de l'Europe , puisqu'il iaUut que des conciles , à plusieurs reprises ( con-
IWL ■ I
iv CfiRISTUNI&ME. ij
cHe de Tours, 667; de Tolède, .6fri ) / d^ndis^erifc cet usage grossier.: Charleinagne aussilV interdit pair une loi de ses capitulaires» La marche de l'idôlàtrb ressemble au peribcttoniiemënt jprogressif de* la sculpture égyptienne » depuis les plus anciens temps juàqu'aiix Ptolémées et aux Antooins. On a commencé par adprer des pierres informes, ensuite dés pitres ambnceléea; après, des figures grossièrement tracées; plus tard, des CQlonnes; et enfin, le génie d^s arts se réveillant dans la Grèce , a produit ces formes idéales que nous admirons encore aujouni'hui , sans pouTôir' les; égaler.
Les anciens Celtes vénéraient leurs vieux diénes, comme les Grecs leurs bois sacrés, et comme les Indiens Delà ware leurs sombres et impénétrables forêts. Dans la.mythologtedes anciennes nations scandiniaivês , ce palais de Walhalla, séjour d'une éternelle ivresse,, où les héros tués dans le combat se racontent leurs exploits, nei ressemblé^t-il pais à ce séjour* des âmes,, que Virgile a si admirablement dépeint , -excepté qi;^ les héros et les sages de' la Grèce et de Rome oui des plaisirs un peu plus philosophiques ? Dans les rites des anciens peuples mexicains, de jeunes vierges se dé^ vouaient au culte des Dieux , et pour première offrande elles suspendaient leur chevelure à l'ajitel. Lqs vierges de Walkiria étaient l'ornement du ciel de la théologie Scandinave et versaient à boire aux- hérof. La vierge Velleda , sibylle et prophétesse , fut divinisée par les peuples du Nord. Il est fort remarquable de voir , chez les nations les plus dissemblables quant ^
'lS BMAl iVB L'mSTOlUt fiilliB4L£
Iran jMMirs, rinMi|p d'une jeune fiUe ae prAsaiiler à tena les hraunes » coaune i'emblàBie de k htnt é et de la Tertu.
Att milieu de l'enfer de l'Edda de rblande, dmt l'entrée est exposée eu souffle glacial du nord , le ooir Tenin Tomi par les serpens qui foment les murs de ee lieu de douleurs , devient un fleuve infi^et» oii les unies des homioides et des Ifiches sont plong é es , oonme , dans la mythologie grecqpe , les grands eriminek sont entratnés dans les eaux brûlantes du Phlégéton.
Il est très-remarquable encore que les peuples aient .partout gardé le souvenir des hommes qui , les premiers , leur ont enseigné des arts ou des sciences jusqu'alors inccmnus. Fohi» dans la Chine; Boudha , dans l'Indostân ; Odin , dans le nord de nos climats , comme l'auteur du Zendavesta dans la Perse» furent amplement des législateurs , et la reconnaissance en fli ées Bieux. C'est ainsi que dans la Grèce on dressa des nutek à l'Égyptien Cécrops , qui tint jeter les fondemens d^Athènes , au Phénicien Cadmus , qui enseignn aiux peupkdes grossières de la Lectonie le précieux usage de l'alphabet , et à cet Orphée » descendu des monta*gnes de la Thrace » qui mariait les hymnes des Dieux aux accords de sa lyre. Des usages entièrement annlogues se retrouvent dans l'autre hémisphère. On a vénéré » par les mêmes motifs, dans l'Amérique, les bienfaiteurs des nations ; dans la haute vallée de Bogota , chea les Indiens Mtryscas , l'une des plus civiKsées des anciennes nations américaines; c'est le vieux Bo^kfea,
qii! vèiidtl h .k .eulture de grands terramé noidét i comme Inaobus» suiraat uneaiiUqiiB tradUIon ^^reé* ^oe » déllTra la Thessalie des eaux d^cvdées dd^ Pe«> née; c'eat Quetzaleoai ( parlidpaat de l'eiiiUème dil serpeirt 9 comme CéciHof»»et Fohi ) » prèth» et l^sla* ienr» qui réalisa un fige dW américaÎA» el laissa chex •ks indiena des impreisioiis que le temps , k mékii^e des races et ks téirolutkDs religieuses n'ont ipasdGi-^ -éées» Ainsi ks premiers bienfaits que les hommes ont reçus de leurs concitoyens se sont gravés dai» fenva idées religieuses.
C'est encore à l'influence de ces idées qu'il faut at-» tribuer cette grande idée d'immortalité qui plane aiH dessus de toutes ks> croyances , et que tous les peuples ont connue. Sans doute, après de longues réflexiéBS et une suite de raisonnemens abstraits » on peut se dé^ montrer l'immatérialité de l'ame par k kgique» eu l'im peut la recevoir^ à l'exemple de Platon, comme un pressentiment de l'ame , cooune une connaissance intu^ive qu'efle pfissède de son éteraèUe durée. Mais ca n^est point son» cette ibrme sarante que cette convie** tion a pris pkce parmi ks d<^mes populaires. Lee masses y sont arrivées d'un seul jet » et ensuite la plii« iosophk est venue raisonner kur instinct.
Une autre opinion , presque généidie » ceik do deun principes ou d'un manichéisme plus ou moini com^ pkt, provient évidemment du spectacle uniforme du mal. Des opinions générales sur ce sujet ne prouvent abs^ment rkn en^ faveur de l'existence 4'ttn peupU primitff admis par une foule de philosophes^^t récem^
nient par Court de Gebetin et Bailly. Il était ii de ee donner tant de peine pour démontrer la non- TOauté de la race humaine; ce Dût est rendu incontestable par le souTenir que tous les peuples ont gardé de la catastrophe qui a précédé l'état de repos qui règne aujourd'hui sur notre planète. Ces traditions d'un déluge.existent » non-seulement chei tous les peuples de la tige sémitique» mais che2 toutes les races Caucasiques , Éthiopiennes » Mongoles , Tartares , Aaaéricaines , et a?ec les mêmes circonstances* Savons-nous <]juelles révolutions attendent notre globe ? La rencontre d'une comète deviendra , avec le temps, un événement assez probable. L'astronomie remplira un grand et triste ministère » le jour où elle anncmcera l'époque précise où tout être vivant sera détruit, où le soleil se levant sur la terre, n'éclairera plus qu'une masse aride de granit.
Voici la conséquence des réflexions de ce chapitre : Que l'idée religieuse soit restée terrestre ou qu'elle soit devenue mystique; qu'elle ait revêtu les apparences du fétichisme , de l'adoration de la nature dans le culte des forces, des astres et des animaux; soit qu'elle ait donné à sa croyance un plus noble but en s'élevant au sabéisme; soit que, prenant les apparences de la philanthropie, elt&4iit divinisé les héros: encore est-il certain que dans tous ces états qui semblent sî éloignés, elle a constamment pris pour base un certain fpnds toujours identique , et partout reconnaissable. Quel est ce fonds sur lequel l'ame religieuse a sans cesse travaillé ? C'est toujours la recherche dvme cause , le
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mystère des phénomènes j le besoin de eonSoJalion^eï Fesr pair de timmarUtlité. Ced quatre idées se présentent partout y et presque au même degré. Ce sont elles qui perçant toutes les formes» ont amené cette ressemblance si intime et si tiniTerselIe entre les cultes. Le pontificat de l'antiquité a été obligé de le3 conserver dans les systèmes si prodigieusement compliqués qu'il a donnés à la Grèce, à TÉgypte» aux peuples de l'Inde, idées dont quelques débris seulement sont venus jusqu'à nous. Dans celte question » la Grèce est » pour airisi di're^ hors de ligne; car, dans cette contrée , ainsi qu'un écrivain célèbre nous semble l'avoir établi sans réplique (i) , il est évident que l'idée religieuse a subi toQtes les modifications que le libre examen inspire à un peuple poétique. Dans les théologies indiennes» ces grands principes existent ; mais le fonds du tableau se trouve comme perdu et noyé dans les détails. Des divinités sans nombre , des incarnations monstrueuses et multipliées» des dogmes étranges» hérissés de pratiques inutiles ou obscènes» voilent complètement les idées simples et pures qui ont formé la première pierre du temple. L'imagination orientale s'est complètement substituée à l'idée. Aussi » de telles religions ont réalisé chez les peuples de l'Asie un esclavage cor-" porel et mental qui semble impérissable. Il faudra sans douté encore bien des siècles d'éducation pour apprendre à ces castes avilies» que la foi n'exclut ni la raison ,
(\)Dè la iieligion,iiAr'M.*B. Constant: lîTre»8oa8 tons les rapi>orl8, cUssi(|iie.ci» cette matiérQ.
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ai la poéêie» et qu^il n*efft que le cuhè de rhomme Kbn • qui soil digne d*ctre offert à la seorce dé toota liberté.