FIN DE LA THÉOCRATIE
Notm Ten<His d'esquisser les causes et les résultats du christianisme , devenu iksocr^lie. Nul doute , s'il se fût eonsolidé sous cette forme , qu'il ne se fût rendu le maître absohi de toute notre race. Bien n'est plus funeste, ni plus enraciiié que la torpeur superstîtiease d'un peuple. Ji finit par ne plus avoir de désirs ni d'idées que celles que la théocratie tolère. Dans fine théocratie y ce n'est pas l'idée religieuse qui est en première ligne 9 c'est le prêtre. Tout dépend alors de la doctrine du prêtre. Mais quand les esprits y sont résîgjaé»v quand les*bomines sans lumières so sont pliéfi à ce joug »-que faut-il pour qu'ils puissent le hriser , pour qu'il» puissent étendre le champ de leurs idées , pour qu'ils puissent mettre la théocratie en contact avec les germes de la philosophie , qui se dissimulent quelq^ie-
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feU dans le» âmes, tnsiis q«i Referment larnuîs sans yetour. Que faol-il enfin , quand hi Ihéoeralie.est Qmwkplète, pour bit porter le premier coup. EvideDinientYil fiiut un ébranlementgénéral / un grand. dépIac^Enent» une secousse imprimée à la masse , un enthousifuime subit. Un tel mouyement ne peut qu'être théocratique lorsque tf ute la société l'est. U arme ainsi ^uela Ihéocratie est la cause involontaire d'une rév-olutien dont l'effet peut s'étendre jusqu'à elle; c'est ce qni a eu lieu du temps des croisades. Rien n'edt plut digne d'at^ tention.
Incontestablement les croisades ont exercé ude longue influence sûr le progrès de la philosophie. Elles devaient avoir pour résultat de plonger les peupleji dont nous descendons dans un abîme de mauii plus grands encore , eu de- briser les liens de l'esprit e| d'ouvrir une càrrièrenouve^e. Elles devaient aggraver leur situation ou décider leur réveil. On doit lesregarr der eomme une crise violente dans la marche de la civilisation. Il faut convenir qu'une foule innombrable d^hommes courant aux armes poiar une cause qu'ils croyaient être celle de Dieu même , présente bfMa ai| premier abord quelque chose de grand et de poétique; mais il faut se borner là. On peut encore s'arrêter sui^ le tableau du concile de Plaisance ^ où l'on vit , chose inouïe dans ces siècles barbares , des prêtres prenant la parole pour les opprimés , et une multitude de guerriers faisant serment de les défendre; mais si Ion des-; cend dans les détails , on ne voit plus qu'un brigandage^ épouvantable. Le9 croisés préludant aux massacre^.
«fA BMAI iM li'ftlStOliB «ftnÊBALB
'liMi librétiefttM qa'ib éunnt IMirersèr pat le» M^M ^ satif el la lueor éeê flammes. Ghemliif Mlaiil iU ëgorgèreiit Im Jtti& ; c'éuit tdti|Mn autatil dé gagné fiouf le eUI.
Bt wpénAanï ; mslgpé ces iiorrears , quel travail éàns les eiprits » un voyage de ce que l'Europe «tdt de plus entreprenaùt dans toutes les classes et dans tous les rangs , ne dut^it pas produire ? Bien atant que TinfloënceintellectoeUe deé croisades se manifestSt , elles commencèrent par produire un mieux sensible en déversant sur FAsie le trop plein de TÊtirope. La coutume' du servage s'était universellement établie i tout homme était soldai , et te fut un bonheur qu'nrfè partie de lîe ffen militaire pût se consumer dans rOrient/
Pourquoi tant d'hommeo se décidèrent-ils si légèt^ ment à se croiser? c'était par superstition et prar igno* ruice , et surtout parce que le sentiment qui nous attache au pays , le sentiment de patrie s'affaiblissait de }(mr en jour chez les nations divisées en mille petites léodalftés belligérantes 9 dont les frontières se confon* dai^tot Tune dans Tautre. Tous ces hommes partireftl pour la Palestine sans regret , parce qu'ils laissaient peu de souvenirs r l'antiquité et son histoire était ou^ btiée depuis long-temps. D'ailleurs c'était une délivraneé du vasselàge que d'aller se battre contre les îafldMes. La féodalité avait isolé complètement dans ses innombrables manoirs les hommes d'un même pays ; des rois s'étaient embarqués avec lëura cours ;
iMiMbloB et ks Mift iiMtfdmiiMi les éialt 1bMl«ir«iN éU 4e F£uf0p8 éfetient {laftis MMBikIe; il^ av»k n» «onieià «oAiiittii f c'élaîl «m *dil«»«iflti« âttiMiI«Ml9 que e«tte iMicfaé 4e» €f oisés. QociqMs wdlref «eU^ çidux militaire» y quelque* ptêtre* «upérieur» B*iUmm\ riimii êjax M}4ato; maïs en général lé elei^gé r m ifo fBi é dans ks^eloi^re» attendait lea notkmikê. La erahade août le ptétexte de la religm rapprodha lea haMUMM 4'o«e comeaune oatioa; ^'étaii déjà beMeet^. AîMi la mU^n en décidant ce fliouTement fanait an Irta^ f rand service; et ce n'eat pas le seol fait qui permetle d'Atablîp avec quelque lisnideitieûi> que sans le lien d'une mêttie croyance la race européenne au ntéfan âge ne 16 ftt peist-4tre jamais reieirée. Ce qui est t^ snar quable encore , c'est qu'on rapporta de ees^ expéditions désastreuses un dégoût pour les entreprises ioifklakies f et en même ten^ une intell^etice dom la sphère s'étak aggrandie, un esprit plus porté It fa l^eaioD* Etk Ksant les nombreux récits que nous pes*sédons de celle singulière manie , on reeomialt an^ eflM quel dlaii le genre de dévotion dosées saînta gnefflfera. Rien de plus dépravé que leurs tn^tors » de pkts grossier que leurs usages , de plu^îrr^tier que leufs lois , de plu» superstitieux qtfe leur rNigion. Arrivés dansfOrient, ils trouvaient une nontenif nature , ttoe nouvelle croyance ^ de nouveaux hommes. LesTorcs^ vainqueurs des Arahes , héritiers de leurs découvertes et non de leur génie , étaient cependant inlimmelilfltts «Vanoéa à cette époque que les peuples de TE^vcpe;' et ila n'a vaiMt pas oa^ëfe ftlieitil cet élal statioffiMire q[m
8o B8SAI «va l'histoibb einiBALB
iait fa caractère dé Isura gtafeniitaMBS «odeméa. Laa croisés , tout en n»audUsaiit ies aria qu'ils tfouviaieBi «lies Jes iafidèlos» a|iprenaieiU^ne foide de ehoaea doml ik n'avaient aucune idée. Tout eek: éerait étoniker b^aycQup las sujets tgnorans de Philippe et de Richard4 des spectacles aussi fcappana* déposèrent dans le cœur de ceux4[ui étaient accourus pour les détruire une secrète enfie de les imiter » de les surpasser méilie. Ce fut ainsi que des germes précieux .se glisaècent dans J'ame des hommes du moyen âge. Ce fut en Palestine «t «au milieu de leurs ennemi^ que 'les crt>ifés ^éprou* ^èrent les premiers effets.de radmimtbn, ce senti- BmaX si profond et si ?if que produit le tableau du développement de l'esprit humun. Ils répa n di re nt toutes ces improssions ^ leur retour, les transmirehiè leurs contemporains et à Jeur postérité. Il est même permis de croire que les usages.qui rassortent d'u^e minière si tranchée au ^milieu des nueurs générales du éçmps , les usages de la chevalerie , piév^urent bientôt après» surtout à cause des nouveUesidées que ces/entreprises avaîfent fait naître ou avaient i^veiHées. Ces expéditions superstitieuses serviretft de Jeçons k un très-grand nombre de ceux qui les £),vaient entreprises ; /ailes montrèrent que les infidèles ..sont aussi des hommes susceptibles de vertu et même de grandeur.
Ne nous étonnons pas que l'expérience d*un long voyage ait porté une rude atteinte au^ idées rétrécies de la philosophie du temps. Traverser des peuples pombreux» c'est faire un coure 4e philosophie pratique
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{âbost instructif que ceux des écoles. Les idées * reti^euses surtout ne pouvaient manquer d'y gagner, et même b fin déplorable de tes expéditions fut utile à quelque chose; elle servit à prouver que ce n*est pas avec l'épée et la lance que Dieu veut être servi. Sans exagérer l'influence des croisades , qui produisirent certainement des désastres effroyables , reconnaissons qu'eltes arrachèrent lès hommes du moyen âge à leur propre servilité ; qu'elles ouvrirent devant eux une yaste carrjère d'observations et d'études. De toutes ces entreprises lointaines qui coûtèrent tant de trésors et des flots de sang^ on ne retira aucune conquête permanentie, aucun avantage réel; mais on rapporta dans l'Europe une foule d'idées et de sentimens nouveaux. Remarquons encore une fais que les habitudes chevaleresques qui eurent une influence si marquée sur les institutions et les mœurs , et même sur la littérature , y gagnèrent le peu qu'elles avaient de bon. Les descendans deà preux de Charlèmaçne stupidement fiers de letir force physiquç , les nobles féodaux des premières races des rois de France , se montrèrent, en revenant des croisades, encore très-fanatiqûes , trèssuperstitieux et très-jgnorans, n'ayant sur la liberté civile ou religieuse que des' idées fort étroites ou à contre-sens, mais sensibles aux beautés des arts, remplis de goût pour les exploits romanesques , et se disant les défenseurs des opprimés. Quand ou ne devrait aux croisades que ce seul résultat , il suffirait pour mettre en évidence un phénomène remarquable de l'histoire morcde de l'homme ;' c'est que les entreprises lés mieux
«Ifarigées ?eBs.uii']>ut.spàoîal>pc«Bneiit40uv«iit une ^ureftout oppoeée^net quelles «événeaaens qui semlilettt 'tes;plus propres'àarréterllacmlisatioii, sont «partqwe- ^is oeuxinèates qui^la réveillent et la foiit.«^aBii«r.
•LoBSique » 'par <rinfltieace des croisades , «ime jd'hoaimes du opoyen ôaeifiireiit mis en eontaot ^des'peuples ibien moins .barbares 'qu^euaL-mêiMB , «n i&yrie et. dans la Grèce, Tidéetlu triste état-de^Wr £patrie.deTait se présenter ayec tofite la force dtt^fsoa- 4oa6te. Aussi un «sprh nouveau se ^manifesta âès^leor U(et6ur.:Les papes, qui se^regardâient comaaieies ^(jt^ -direoteuDS de «es expéditions , «e flattaient d%tondf« >lear domination en d'absenoede 'tant de rois<et'4e gens «de goerDe, «et <de mettre 'la -dernière main 'aux auda- -cieufites entreprises de Grégoire WH.'Hs'furentltrompés tdans Jeur espoir* Le clergé , qui avait tant exciM'ies
ecoisésà partir, fut surpris dfe 'les vdr revei^méins -disposés à lui rendre hommage. 'Ce fut à ^compter He •i€e retour ique ^l'esprit humain jeta qudques %lfi}es
lu^ES^jetqd'on put espérerde voir disparaître la nuit • qui (depuis 41 <iDng-4emps régnait sur'rOceident.
SafiiS les ouvragea de- cette époque , ^ns 'les ^romans «qu'elle produisit en 'foule , genre de compositions . «- ^eonuaux^aficiens, ces guerriers généreux et^bra^es,
œsicaractères par&its formés de toutes^les "vertns^-^ewaielit.acooutumer'kisenstbleiQent les esprits*è ^ske*¥i- «rité ttiès^oBimane aujourd'hui , >mffis qui i9te ^Mlait
pas alom;. c'est que .ppiir^ôtre bon dh^élien '^t *hoytX icbsTOlier, ril rii'test pae de rigueur ^e^e naEieatrer^ieti irateie temps tuu^siHDbre et «npla^sable fiinatique. lies
IJ wi i>i,i«k.-l>«. ■■^""■T. I" " "^^w-J^- '' * »^ " WT^
romans du douzième et du treizième siècle ne font pas la peinture des mœurs dominantes ; cela eût été beaucoup trop beau. Ces ouTrases ornés de tant de figures inspirées par la liàture de TAsie, remplis d'une foule de traits bien différens de tout ce qui se Taisait tous les jou^s , étaient les dépositaires des pensées , des espérances du siècle ; ils renferftent les désirs , les près- JI«rt»PfW*a4qsje§(rib»,^f9»t:iitt'ils pe,^ immi^^ fé¥^lés;^on y découvre la théorie dé la tolérance et d'une
J^ftft^fiW -A"J<^H*' par les exploits çanonicLueSjquî l'ac-
^çpmpçjgqe^t. Ge.fut alors que les nobles, sentiEnens^çe
JC^fiJgi^At d^»s Jes lîvi:ps.,..dans les çhrQ;ttic|ues ,,et
*Wê»e 4^^s,lps,roipaqçes,çqui nous sont parvenues.
..Jlfjf)Q|Qplet8^„p^âCKip..mQm^ïft^ns d'un. âge où l!impri-
,werie . p'^e^ç^^iç JPfts..ÇÏ)lcore., ilsîpo.iis^jppre/ipent^çe
pÇQ49nt iï^s. l^^r,§^yje,fca.r^ar^e;et. leurs, çafa^c^ères'à
^MW^nÏÏ^^^^.>fl^^ le>iiflç[ypps.4e, çe^We, époque él^ieçit
,<(igj>!ÇsXuQ.soçJ;,iAçillejur, etq%e ^es^sièçfes 4e.^ésor-
^.dr^,.(ï!igA^çaaç.e,.çt ^e§pl^v.ag^^ n>yaiept^pu,;effacer
.4*J}^.J^r,^ipe,la te^çp^es .g^u^f:f]^se^Jua^ira^iqi^s et
^des belles |>.çnçi!es,.ççs sentimens 4»^. be^u et du^usfe ,
,çe$,i.é§irs de liberté et di^5i4ïpeîi,.aui. ajlaient^bje^lr^t
^bri§çr4ç^rs fprs Qt^ea se çéyeiUant attacher une^glm^^
.îna>éç|^3ahIe.au,nop dçs,Mi4iç;s-
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