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La racine est courte, aplatie, & se termine en lame mince convexe ; l'émail se prolonge assez loin sur la face antérieure.
Entre ces deux grandes incisives, los incisif porte un prolongement médian, dans lequel est creusé un rebord alvéolaire épais, ce qui donne à la dent un solide appui en avant, précisément au-dessus du point où se produit le plus grand effort de l’incisive inférieure.
Au delà de cette première dent, un espace libre précède deux dents plus petites que Dobson prend pour deux incisives, mais qui nous paraissent n'avoir aucun des caractères de ces sortes de dents; nous les appellerons avec Paul Gervais, des avant molaires. (PI. VI, fig. 2.)
Elles sont petites, de forme conique lécèrement déjetées en arrière; la première est un peu plus petite que la seconde.
Dans le Desman de Moscovie, la première de ces avantmolaires est du double plus grande que la seconde; au lieu d'être simplement conique elle porte en avant un talon peu marqué & qui s’unit par une légère courbe avec la pointe unique de la dent.
La troisième avant-molaire est regardée comme une canine par Dobson & par Carl Vogt; mais cette dent porte deux racines très distinctes: il nous semble impossible par cela même de la regarder comme une canine.
Elle est du double plus étendue d'avant en arrière que les deux précédentes; c’est-à-dire qu'a elle seule elle occupe un espace égal à celui que remplissent les deux précédentes.
La quatrième avant-molaire est plus petite, conique
également, mais légèrement comprimée d'avant en arrière
Te & plantée obliquement dans le maxillaire, elle ne porte qu’une racine.
Elle diffère notablement de la quatrième avant-molaire du Desman de Moscovie, qui n’a pas cette implantation oblique, & est absolument semblable à celles qui suivent.
La cinquième avant-molaire porte deux racines, elle est implantée normalement & non obliquement comme la précédente.
La sixième avant-molairc porte également deux racines, elle est un peu oblique sur le maxillaire, mais beaucoup moins que la quatrième. Toutes les deux sont coniques.
L’'obliquité de ces deux dents, quatre & six, très nette chez le Desman des Pyrénées, n'existe pas chez le Desman de Moscovie.
La dent qui suit, & qui est encore comprise par Paul Gervais dans la série des avant-molaires, en diffère complètement, & elle peut, à tous égards, être appelée une prémolaire ; elle a tous les caractères des prémolaires ordinaires, moins volumineuse que les vraies molaires, mais se rapprochant beaucoup de leur forme.
Cette dent est beaucoup plus grande que les précédentes, à base triangulaire, & portant trois racines & trois pointes ; celle du centre plus élevée que les autres est déjetée sur le côté externe, elle est unie par une crête tranchante au talon qui se trouve en arrière & en dehors. En avant, une crête du même genre se dirige en dedans & se termine par une arête transversale peu saillante & occupe l'extrémité de la dent.
Une troisième pointe existe encore au côté interne & postérieur; mais la pointe centrale est seule développée, & elle dépasse de beaucoup toutes les autres.
La première molaire (pl. VI, fig. 2) est légèrement plus grande que la seconde ; elle est divisée en deux parties presque semblables, mais de grandeurs inégales, & qui portent l’une & l’autre deux saillies en V dont les som: mets sont dirigés du côté interne.
Les deux branches des deux V marchent régulièrement vers le bord interne de la dent, pour se relever & former deux arêtes aigues d’inégale hauteur; la postérieure étant la plus forte. Les branches du V antérieur sont plus écartées, plus divergentes que celles du V postérieur, l'extrémité de la branche antérieure est portée en avant & forme un angle saillant. En arrière de ces deux V & formant comme une partie surajoutée s'élève une pointe presqu'aussi forte que celle du V antérieur, celle-ci se prolonge en dehors par deux lignes saillantes qui vont rejoindre la base des pointes du V antérieur; elles portent en ce point un crochet, une petite pointe, & celles-ci se trouvent juste en face des grandes pointes
des V externes.
La seconde molaire est constituée de même façon, mais elle est plus comprimée d'avant en arrière, plus carrée à sa base que la précédente qui est presque triangulaire.
La troisième molaire, qui est la dernière, est de moitié plus petite que la seconde. Le V antérieur extrême existe seul & sa branche postérieure est à peine marquée. Le V postérieur est remplacé par une crête saillante qui forme le bord postérieur de la dent; une dépression marquée le sépare d’une pointe aigue qu'occupe la moitié interne
de la précédente.
Cette crête saillante postérieure est courbe chez le Desman des Pyrénées ; elle est au contraire droite chez
le Desman de Moscovie, & la pointe interne est moins développée.
A la mâchoire inférieure (pl. V, fig. 4) la série dentaire n’est pas interrompue comme au maxillaire supérieur, & les dents sont toutes serrées les unes contre les autres.
La première incisive est petite, elle ne laisse pas d'intervalle entre elle & celle du côté opposé ; elle se termine en palette aplatie de haut en bas, & elle s'applique sur la deuxième incisive. Son bord antérieur tranchant forme une ligne continue au milieu de la symphise avec Île bord de la deuxième incisive. Par l’usure, il se produit à l’extrémité de la surface antérieure de cette dent une surface plate oblique.
La deuxième incisive beaucoup plus forte que la première, est encore plus proclive, au lieu d’être aplatie dans toute l'étendue de la couronne, elle est triangulaire à la base, & plate seulement à l'extrémité. Celle-ci est légèrement déjetée en dedans, de telle sorte que la dent est plus large à son extrémité libre qu'a sa base.
L’angle postérieur externe est renforcé par une saillie arrondie qui s’atténue insensiblement de bas en haut.
Les deux premières incisives sont fortement projetées en avant, légèrement relevées de bas en haut, elles se terminent toutes deux en forme de ciseaux ; le biseau qui se produit par l'usure à leur extrémité, provient de leur frottement contre la face postérieure des grandes incisives supérieures.
La première avant-molaire est la plus petite dent de la mâchoire inférieure; elle est également inclinée en avant, comme la seconde incisive contre laquelle elle s'appuie.
La seconde & la troisième avant-molaire sont disposées de même façon, mais leur inclinaison diminue régulièrement.
Ces trois dents portent toutes une pointe centrale, mais leur usure est différente; la seconde étant la plus rapidement usée & formant le point le plus bas d’une courbe qui n'est que le prolongement de la crête externe de la deuxième incisive, & qui se continue régulièrement en arrière en se relevant jusqu’à la première molaire.
La quatrième avant-molaire est encore de même forme que les précédentes, elle porte de plus à son bord postérieur un petit talon.
Ces quatre premières avant-molaires sont implantées normalement dans la mâchoire, c’est-à-dire parallèlement à l’axe de chacune de ses branches. Au contraire, la cinquième & la sixième sont légèrement obliques sur cet axe normal.
La cinquième porte un talon à son bord postérieur, plus développé que dans celle qui précède ; un bord antérieur existe aussi au talon, mais il est très petit.
La sixième avant-molaire est également munie d'un talon postérieur externe, mais il est plus fort que dans les précédents; celui de l'angle antérieur est également plus marqué.
L'on ne trouve parfois que cinq de ces avant-molaires; & sur un sujet il existait cinq avant-molaires d’un côté, & six de l’autre.
Les trois molaires vraies sont toutes de même forme, mais de grandeur différente; la première étant la plus grande, & la deuxième la plus petite.
Elles portent toutes cinq pointes; quatre grandes & une petite. Les grandes pointes sont réunies deux à deux
par des ärêtes transversales ; & celles-ci forment un double V dont les branches sont accolées & non enchevetrées les unes dans les autres.
L’angle de chacun de ces V est au bord externe de la dent. ;
Dans le Desman de Moscovie (pl. V, fig. 2) la série dentaire de la machoire inférieure diffère peu de celle du Desman des Pyrénées.
D'après ce que nous venons de voir sur la disposition des dents, tant au maxillaire supérieur qu'a la mâchoire inférieure, nous écrirons ainsi la formule dentaire du Desman :
TRE 5 — 5 2— 72 3 — 3 ET En Ja
HYOIDE.
D'après Dobson l'appareil hyoïdien se composerait d'un basi-hyal étroit auquel sont soudés par ankylose une paire de thyro-hyals minces; de chaque côté sont placés un cerato-hyal, un epi-hyal, & un stylo-hyal long & aplati qui va relier l'appareil hyoïdien au crâne.