COLONNE VERTÉBRALE. (PI. IV
Le Desman des Pyrénées possède sept vertèbres cervicales, treize dorsales, six lombaires, cinq sacrées & trente caudales. Le Desman de Moscovie n'aurait que vingtsept vertèbres à la queue.
Le corps de toutes les vertèbres cervicales est très réduit, comprimé d’avant en arrière, sauf celui de l’axis qui a une hauteur double de ceux des vertèbres qui sui-
vent. l’ensemble de la série cervicale ne mesure pas plus de neuf millimètres de long.
L'atlas porte une très petite apophyse épineuse. Les surfaces articulaires supérieures sont larges & peu profondes, elles se joignent presque sur la ligne médiane.
L’axis porte également une petite apophyse épineuse, & celle-ci est plus étendue en largeur que celle de l’atlas.
Les autres vertèbres cervicales (3, 4, 5, 6, 7) sont en forme d'anneaux; elles n’ont pas d’apophyses épineuses ; le diamètre du canal vertébral formé par la série des anneaux minces déliés qui représentent les lames vertébrales est considérable, sensiblement égal au double du corps des vertébrés. Les apophyses épineuses manquent complètement, & les apophyses transverses sont très réduites.
Les vertèbres dorsales, au nombre de treize, sont presque complètement dépourvues d’apophyses épineuses; & je n'ai jamais rencontré Îles apophyses bifides que Dobson signale chez le desman de Moscovie.
L’apophyse épineuse paraît sur la 8 dorsale, elle est verticale ; elles augmentent de dimensions, tout en restant très réduites, dans la 9, & la 10, au contraire chez les 11, 12, & 13 elles sont projetées en avant. Dans toutes ces vertèbres, même chez les sujets très vieux ces apophyses sont peu développées; il en est de même des apophyses transverses.
La série cervicale & la série dorsale ont toutes les deux ce caractère commun d’être dépourvues d’apophyses très saillantes. Tout au contraire la série lombaire est hérissée de tous côtés, comme dans les musaraignes. Les apophyses superarticulaires sont plus particulièrement développées, & les apophyses transverses relativement réduites,
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Comme chez les hérissons, il existe une sérié d'os sésamoides, entre les dernières vertèbres; ils commencent entre la 12 & la 13 dorsale; le premier est très petit, il mesure un demi millimètre en tous sens; les autres deviennent de plus en plus volumineux jusqu’au dernier qui s'appuie sur le sacrum. Ces petits os sont placés au bord inférieur du corps des vertèbres, & ceux-ci sont légèrement échancrés pour leur donner place.
Le sacrum (pl. VIII, fig. 2) est formé par cinq vertèbres soudées entre elles ; les trois premières sont plus élargies que les autres, elles portent le bassin; les deux dernières sont libres sur les côtés, elles rappellent par leur forme celles de la série caudale.
Les apophyses épineuses des cinq vertèbres sacrées sont très développées, elles se soudent les unes aux autres & forment par leur réunion une crête continue, très saillante à la face supérieure du sacrum.
La dernière vertèbre sacrée (pl. VIII, fg. 1) se distingue des autres par une large apophyse transverse à laquelle viennent s’insérer les ligaments qui l’unissent à lischion.
La série des vertèbres caudales (pl. IV) diffère notablement de celles de toutes les autres espèces d’insectivores, par leur nombre & par leurs caractères. On en compte trente & elles forment par leur réunion une longue série quadrilatère, cannelée sur toutes les faces.
Ces cannelures, ces sillons, sont produits par des métapophyses, composées de deux lames qui règnent tous le long du corps des vertèbres, deux en dessus, & deux en dessous; ce qui fait en somme huit éminences, accolées deux à deux, & circonscrivant entre elles quatre sillons,
Au dessous & au point d’union des vertèbres entre elles, sont placés, comme chez les gymnures, des os en chevrons, à branches droites, bifides à leurs deux extrémités. Ceux-ci donnent attache par leurs branches antérieures aux longs tendons des muscles fléchisseurs de la queue.
La première vertèbre caudale diffère de toutes les autres par une large apophyse épineuse qui fait suite à la crête du sacrum. De chaque côté elle porte des apophyses articulaires qui viennent se placer dans des cavités creusées dans la dernière vertèbre sacrée à la base de la crête du sacrum.
Les diamètres transversaux des premières vertèbres caudales vont en augmentant de la première à la septième, qui est la plus forte, pour diminuer ensuite progressivement jusqu’à l'extrémité de la queue.
THORAX. (PI. VII, fig. 1 & 2.)
Le thorax est court, dilaté en arrière, déprimé sur les côtés comme chez les taupes. Le sternum se compose de six pièces terminées par un large cartilage en palette. La première pièce est en forme de T, à branches légèrement déjetées en bas, tandis que la pointe antérieure s’'abaisse fortement en bas & en avant. Elle diffère notablement de celle du Desman de Moscovie; dans cette espèce le corps de la première pièce du sternum est droit, tandis qu'il est fortement anguleux chez le Desman des Pyrénées.
Les pièces moyennes sont plus courtes chez le Desman
de Moscovie; la dernière est au contraire plus longue;
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elle est perforée à son extrémité postérieure, tandis qu’elle est pleine chez le Desman des Pyrénées.
Les côtes (pl. IV) sont au nombre de treize, les deux dernières sont flottantes.
Le cartilage de la première côte est ossifié de très bonne heure, il est fortement aplati & s'articule par son bord antérieur avec le bord postérieur des appendices latéraux de la première pièce du sternum.
Les cartilages des côtes qui suivent s'ossifient également dans leur tiers inférieur.