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III. Affaiblissement de l'empire et de la papauté

Vingt ans plus tard, Henri, vaincu par ses fils, que l’habileté de la cour de Rome avait armés contre lui, mourait dans la plus profonde misère, cherchant une

place de chantre pour vivre. Le fils rebelle qui l’avait détrôné le poursuivit jusque dans son tombeau au nom de l’Eglise, et fit attendre cinq ans à ses restes exhumés l’absolution pontificale. C’était le successeur de Grégoire, Urbain II, qui avait ébranlé Henri IV par la révolte de son fils aîné ; Pascal II l’avait renversé par la victoire de son second fils, couronné sous le nom de Henri V. Mais cet empereur parricide, qui devait tout au saint-siège, n’en fut pas moins entraîné par la force des choses à reprendre contre le saintsiège les prétentions de son père. Couronné et excommunié tour à tour, maître de la personne de Pascal et lui arrachant des concessions honteuses, excommunié de nouveau par Calixte II, auquel il avait en vain opposé un anti-pape, Henri V, au moment d’en appeler encore une fois à la guerre, fut réduit, par la lassitude universelle et par le vœu de l’Allemagne, à terminer par une transaction cette grande querelle.

Ce fut à Worms que fut conclu ce concordat qui, renfermant l’Eglise et l’Etat chacun dans sa sphère, n’eùt satisfait ni Grégoire VII ni Henri IV, mais qui suffisait aux partisans les plus éclairés du saint-siège et de l’Empire. « Je vous accorde, disait le pape Calixte II, que les élections des évêques et des abbés du royaume teutonique se fassent en votre présence sans violence ni simonie, en sorte que, s'il arrive quelque difficulté, vous donniez votre consentement et votre protection à la plus saine partie, suivant le jugement du métropolitain et des coprovinciaux. L’élu recevra de vous les régales par le sceptre, excepté ce qui appartient à l’Église romaine, et vous en fera les

devoirs qu’il doit faire de droit. » — « Je vous remets, disait l’empereur, toute investiture par l’anneau et par la crosse, et j’accorde dans toutes les églises de mon royaume et de mon empire les élections canoniques et les consécrations libres. » L’empereur renonçait donc à l’investiture des fonctions épiscopales ; il gardait l’investiture des biens féodaux attachés à ces fonctions : sage compromis qui eût pu maintenir la paix entre les deux puissances si, au fond de ces débats religieux, ne s’était cachée la question toujours vivante de l’indépendance de l’Italie et de la domination allemande au delà des monts. Question secondaire sous Grégoire VII, elle devenait la principale après le concordat de Worms, et la lutte du saintsiège et de l’Empire doit renaître aussi ardente et compliquée d’intérêts nouveaux.

Avec Henri V s’éteint la maison de Franconie. Lothaire de Saxe ne fit que passer sur le trône impérial, et, s’abaissant à l’excès devant le pape Innocent II, recevant de lui la couronne et acceptant en fiefs les biens de Mathilde, il blessa l’Allemagne et prépara une réaction contre la papauté. Conrad de Hohenstaufen porte l’empire dans la maison de Souabe, l’arrachant à celle de Saxe, malgré Henri le Superbe. C’est dans cette lutte que prirent naissance ces noms de Guelfes et de Gibelins qui s’étendirent bientôt jusqu’à signifier, le premier tous les ennemis, et le second tous les amis de l'empereur et de l’empire. Conrad III prit part à la croisade et mourut à son retour; mais son règne, paisible en Allemagne, fut signalé en Italie par une tentative des habitants

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