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IV. Réforme Inferieure de l’églktc romaine

On vit rarement dans le monde un changement

LA HÉFOKME.

aussi complet que celui qui rendit à l’Église romaine cette vigueur que la renaissance avait énervée et qui semblait à jamais perdue. C’est alors, au contraire, que l’Église accroît ses forces, qu’elle les concentre, qu’elle leur donne une direction nouvelle, et que, non contente d'arrêter les progrès de la réforme, elle la menace dans ses propres foyers. L’âge des Jules II et des Léon X est passé; le goût des lettres et la passion des arts ne viennent plus détourner les papes de l’œuvre laborieuse de la restauration du catholicisme; moins indulgents pour le génie, ils ne ferment plus les yeux sur les épreuves que l’esprit d’examen prépare à la foi des peuples; ils se souviendront toujours qu’Érasme a précédé Luther. Un concile œcuménique condamnera sans retour les doctrines protestantes; une inquisition nouvelle leur fera partout une guerre sanglante; un ordre religieux dont l’organisation puissante est jusqu’ici sans exémple, enveloppera enfin l’Europe d’un souple et indestructible réseau. Mais il faut se garder de confondre ces grandes entreprises de la papauté avec celles qui ont rendu Grégoire VII immortel. Il n’est plus question pour le saint-siège de revendiquer hautement le gouvernement temporel de la chrétienté, et l’on se garde, au contraire, d’inquiéter, par des prétentions intempestives, la jalouse autorité des rois. L’empire spirituel de l’Europe est le seul qu’on songe à ressaisir, et l’on aspire plutôt à gouverner la conscience des princes que leur royaume. On ne prétend plus affranchir l’Italie, lutter contre la puissance impériale, encore moins disposer des couronnes. Au contraire, de même que Grégoire VII s’appuyait sur

la foi des peuples pour assurer contre les rois l'indépendance et la domination du saint-siège, il faudra désormais s’appuyer sur le pouvoir des rois pour assurer, contre la réforme et contre l’esprit d’examen, la foi des peuples catholiques. Ce grand changement dans la direction des efforts de l’Eglise romaine s’accomplit avec autant de discrétion que de sagesse. On ne renonça pas hautement à la politique des Grégoire Y II et des Innocent III; mais on l’abandonna sans bruit, pour adopter celle que i’état nouveau de l’Europe imposait au saint-siège, et qui exigeait d’ailleurs autant de persévérance et peut-être plus de génie. C’est ce système qui armera Philippe II contre l’Angleterre, Ferdinand II contre les protestants d’Allemagne, et qui, plus tard, dominant la France par la conscience de Louis XIV, en chassera les réformés.

Ce fut par les mains de Paul III, élu en 1534, que commença la réforme intérieure de l’Église. Quelquesuns des abus qui avaient servi de texte aux attaques de Luther, disparurent. L’administration ecclésiastique fut simplifiée et épurée. Mais les efforts de la papauté étaient contrariés de ce côté par la force de la coutume et par la vivace opposition des intérêts particuliers. Le saint-siège fut plus heureux pour la création d’une inquisition nouvelle et de nouveaux ordres religieux. Ces inquisiteurs poursuivirent non-seulement l’hérésie, mais les études qui pouvaient la favoriser. Les académies italiennes furent pour la plupart dissoutes, les livres dangereux pour la foi interdits par la congrégation de l’Index; la confiscation et la mort, prodiguées par l’impitoyable tribunal, combattirent,

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