‹ Essai sur l'histoire universelle. 2Chapitre 67 sur 90 · FIN DU DEUXIÈME VOLUME · texte numérisé non relu

FIN DU DEUXIÈME VOLUME

APPENDICES

APPENDICE H. '

(T»age 3*.)

Un passage du Borda, chef-d’œuvre de Scherf Eddin Elboussiri qui a sa place marquée à côté du Coran, peint avec grandeur ce premier élan de la conquête musulmane, nous l’empruntons à la traduction de M. Sylvestre de Sacy.

Disciples de l'islamisme , que notre sort est heureux ! nous avons , dans la protection de Dieu même , une ferme colonne que rien ne peut renverser.

Celui qui nous a appelés au culte de Dieu a été déclaré par Dieu même le plus excellent des envoyés : nous sommes donc aussi le pi us excellent de tous les peuples.

La setde nouvelle de sa mission a jeté l’épouvante dans le cœur de ses ennemis : tel un troupeau d’imbéciles brebis fuit en désordre au seul rugissement du lion. Partout où il a repoussé leurs attaques, il les a laissés percés de ses lances et étendus sur le champ de bataille, comme la viande sur l’étal d’un boucher. La fuite a été l’objet de leurs vœux, ils portaient envie à ceux dont les membres déchirés étaient enlevés en l’air par les aigles et les vautours. Les jours et les nuits se succédaient et s’écoulaient sans que l’effroi dont ils étaient saisis leur permit d’en connaître le nombre, à l'exception des mois sacrés où la guerre est suspendue. La religion était pour eux comme un hôte importun descendu dans leur demeure, suivi d’une foule de braves tous altérés du sang de leurs ennemis, traînant après !ui*une mer de combattants montés sur d’agiles coursiers, une mer qui vomissait des Ilots de guerriers dont les rangs

AI* PKNDICliti.

pressés sc choquaient et se heurtaient à l'envi, tous dociles à la voix de Dieu, tous animés par l’espoir de ses récompenses, enflammés du désir d’extirper et d’anéantir l’impiété. La religion musulmane, qui était d’abord comme étrangère parmi eux, et l’objet de leur mépris, est, pour ainsi dire, devenue par l’effet des armes victorieuses de ce grand prohète, leur proche parent et le plus cher objet de leur amour. Dieu a assuré pour toujours parmi eux le secours d’un père, et les soins attentifs d’un époux à cette religion auguste; jamais elle n'a éprouvé le triste sort de l’orphelin, ou l’abandon du veuvage.

Ces défenseurs de la religion ont été aussi fermes et aussi inébranlables que des montagnes. Demande à leurs adversaires ce qu’ils ont éprouvé de la part de ces braves dans chacun des lieux qui ont été le théâtre de leur courage. Interroge Honein , Bedr et Ohod ’, ces lieux où les ennemis de la religion ont succombé à un fléau mortel plus terrible que la peste.

Les glaives de ces soutiens de l’islamisme qui, avant le combat, étaient d’une blancheur éclatante, sont sortis rouges de l’action, après s’élre abreuvés dans la gorge de leurs ennemis qu’ombrageait une épaisse forêt de cheveux.

Les flèches que distinguent des raies noires et dont A 1k— hatt a armé leurs mains, ont tracé une écriture profonde sur les corps de leurs adversaires; leurs lances, ces plumes meurtrières, n’ont laissé aucun corps exempt de leurs atteintes; aucune lettre n’est demeurée sans point diacritique*.

Ces nobles combattants, hérissés de leurs armes, ont un caractère de piété qui les distingue de leurs ennemis : ainsi le rosier se distingue par ses épines, du bois de sélam qui n’est bon qu’à être la pâture du feu.

Les vents qui t’apportent leur odeur sônt les garants d’une victoire assurée : chacun de ces guerriers , au milieu des

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