‹ Essai sur l'hydrocéphaliteChapitre 11 sur 27 · CAUSES EFFICIENTES · texte numérisé non relu

CAUSES EFFICIENTES

Elles sont très-rnuîfi pliées. Les unes agissent directement sur l’organe qui est le siège de la maladie ; elles sont idiopathiques : les autres, beaucoup plus nombreuses, agissent sur un organe plus ou moins éloigné de F encéphale , qui n’en reçoit qu’une impression secondaire et consécutive ; elles sont sympathiques. Ces

dernières

SU Tl L’HYDÏlOCÎsrHALïTE. Z J

dernières peuvent être envisagées sous deux points de vue; elies sont, ou des agens hygiéniques ou des agens morbides. Nous pouvons donc admettre trois ordres de causes : i.° Idiopathiques ; 2.0 Hygiéniques ; 3.Q Morbides.

I. Causes Idiopathiques. A ces causes se rapportent les coups portés sur la tête , les chutes sur cette partie. Les exemples nJen sont pas rares : l’observation de M. Gondinet et celle de Croker , furent la suite de coups sur la tête. Dans la première du D.r Matlhey , 1’enfant avait frappé de la tête sur le pavé, en tombant de dessus les genoux de sa nourrice. Foihergill et Odier ont mis ces deux causes au premier rang , et avec raison , puisque seules elles produisent bien le quart des Hydrocéphalites. C'est à cette cause que fut due la maladie de ce jeune garçon âgé de 14 ans, dont parle T. Bonet , et qui 9 à la suite d’une chute et après avoir été roulé dans un tonneau , fut pris d’accidens hydrocéphaliques dont il mourut. Les manœuvres de certaines nourrices et gardes-malades qui , sous prétexte de donner au crâne une forme plus convenable , le pétrissent dans tous les sens et le serrent fortement , contonden^la texture délicate du cerveau, et peuvent y produire l’irritation hydrocéphalique.

Ici devraient se rattacher ces causes humoral es 9 trop généralement admises dans les siècles d’humorisme , mais peut-être trop exclusivement rejetées de nos jours. Leurs partisans n’eussent point dû chercher à en déterminer la nature , ils n’auraient point fourni contr’eux des armes victorieuses; et si, au lieu de raisonnement et de théories , ils se fussent contentés de présenter des f aits , la doctrine des humeurs , sans demeurer exclu**

sive , eût conserve le degré de faVeur que l'observation loi aurait assigné et lui assignera un jour. A quoi, en effet , attribuera-t-on ces Hydrocéphalites survenues spontanément chez un individu bien portant, et n’ayant été exposé à aucune cause capable d’apporter la moindre altération dans sa santé ? comme dans bien des cas semblables , à un principe d'irritation. Mais encore quel sera ce principe ?

IL Causes Hygiéniques. Dans l’examen de cet ordre de causes, je ne saurais prendre une méthode plus sûre que celle du savant professeur d’Hygienne , M. Halle,

Circamfusa . Ce que nous avons déjà dit des climats et des saisons , rions porte à regarder un air chaud comme plus propre à favoriser le développement de LHydrocéphalite. Il agira d'autant plus efficacement *, qu’il s’y joindra Faction du soleil ou d'une chaleur factice. Nos tissus et nos humeurs, eh quelque sorte raréfiés , acquièrent plus de volume ; le cerveau trouve dans l’immobilité de sa cavité osseuse, un obstacle insurmontable à sa dilatation ; il en résulte bientôt un premier effet de la compression , le sommeil ; et si la cause est plus énergique ou prolongée , elle nq&tarde pas à produire les maladies du cerveau les plus formidables* comme on le vérifie tous les jours depuis Hippocrate .

Le froid n’est pas étranger à la production de là maladie qui nous occupe : personne n’ignore son influence nuisible sur les person nes nerveuses et délicates; et qui ne les a vues souffrir beaucoup et passer sans dormir les nuits où un froid rigoureux se faisait sentir? Il a deux manières d’agir: i.° il irrite les nefs qui transmettent au sensorium l'impression qu’ils en reçoi-

SUR L*ïî YDKOCEPH ALITE* 39

vent; 2.0 il crispe et resserre les exhalans et les capillaires cutanés ; d’où résultent , suppression de transpiration et refoulement du sang et des autres fluides de la périphérie aü centre. L’activité du cerveau , plus grande dans l’enfance , donne assez à penser qu’à cet âge , c’est lui qui sera le siège des mauvais effets de ce refoulement, avec d’autant plus d’efficacité que le froid aura agi plus près de cet organe. Harris a déjà regardé le froid de l’api ès-dînée , comme la cause la plus fréquente des maladies des enfans, lorsqu'on n’a pas eu soin de les prémunir contre son effet par des vêtemens plus chauds que somptueux. Une température chaude et humide , froide et humide , un air vicié , si fertiles en maladies de tous genres , ne seront - ils pas aussi cause d’Hydrocéphalite ?

Ici se présente la question d’examiner si i'Hydrocéphalite ne peut pas régner épidémiquement. M. Matihey a recueilli , vers la fin de Pluviôse an XIII 9 tant à Genève que dans ses environs, une série d’ob-* sèrvations qui tendraient à confirmer cette assertion* La maladie fut excessivement meurtrière et très-aiguë : beaucoup de malades sont morts en 12, 24 , 36 heures. La terreur commençait à la faire regarder comme contagieuse; mais des personnes riches et éloignées du foyer de la contagion en furent frappées , et d'autres en furent exemptes , même auprès des malades à qui elles prodiguaient les soins les plus assidus ; et le comité médical , nommé par le gouvernement , s’empressa de dissiper toutes les craintes , en déclarant : « 1 ,° que le nombre des malades n’était pas assez grand pour mériter le nom d'épidémie ; 2.0 qu'elle n’était pas contagieuse ; 3.° qu’à l’hôpital où

le nombre moyen des malades est de 90 , il n’y avait . pas eu un seul individu atteint de ce mal. » L'exposition avantageuse de cette maison l’a mise à b abri de l’influence épidémique, et la rapidité de la maladie ne donnait pas le temps aux malades d’y aller ctiercber des secours. D’ailleurs , comme l’observe M. Royer Collard , de ce que son développement ne se lie à aucun phénomène athmosphérique qui lui corresponde , s’ensuit-il que cette maladie n’ait point offert le caractère épidémique? « Elle s’est manifestée subitement et sans cause connue; elle a indistinctement attaqué des individus de tous les âges , de tous les sexes , de toutes les conditions, riches ou pauvres , délicats ou robustes ; par-tout elle s’est présentée sous les mêmes traits et avec la même série de symptômes. Trente malades en ont été victimes ; un nombre peut-être plus grand a échappé à son génie meurtrier; et l’on ne reconnaîtra pas là la marche et le caractère des épidémies ! Fallaitil que toute la ville en devînt la proie , pour que l’on consentît à lui accorder ce nom? Que l’action épidémique ait été faible, limitée, nous en convenons; mais il est indubitable qu’elle a existé, quelle qu’en ait pu être la cause ; et ce n’est même que sous ce rapport , que Thistoire de la maladie de Genève mérite de fixer l’attention. »

l\i. Malthcy regarda alors la maladie comme nouvelle à Genève , et la rapprocha de la fièvre ataxique cérébrale du professeur Pinel. Jffexamen de ses observations m’a convaincu, au contraire, que la maladie . avait été une véritable Hydrocéphalite dont la marche avait été très-aiguë : quelques faits tirés de son mémoire ? viendront à l'appui de mon opinion. « M.

SUR l’hyd r o ce p h alite. 4ï

âgé de 52 ans, d’une constitution grêle, délicate, mais jouissant d’une bonne santé et d’un bon appétit , travaillait tous les jours à son jardin , exposé à l’ardeur du soleil. Le 20 Mars, en revenant de la promenade sur les six heures du soir, il se plaint de frissons, de malaise général, d’un léger mal de tête. A sept heures M. Matthey est appelé, et lui trouve la peau chaude, mais offrant une moiteur douce ; le pouls fréquent et serré, une soif modérée. Le lendemain matin, céphalalgie augmentée, douleurs dans les poignets et les avant-bras; à midi, perte de la parole , gémissemens , regard fixe , contraction spasmodique des muscles fléchisseurs des bras, mouvemens convulsifs des yeux , point de dilatation des pupilles, pouls lent et déprimé; a six heures du soir mêmes symptômes. — Le deuxième jour 22 Mars au matin, le malade est mieux, répond aux questions qu’on lui fait, se plaint spécialement de la tête, et d’une douleur dont le siège est au-dessus des orbites. L’aspect des yeux est meilleur, le pouls plus développé , la langue blanchâtre et humectée ; point de mouvemens spasmodiques; urine copieuse , limpide , rougeâtre au moment de son émission , trouble et jumenteuse trois heures après. — Poudre purgative. — Dans le jour, une selle copieuse, urine semblable à celle du matin. Le soir , le mieux se soutient ; le malade souffre moins de la tête et a toute sa connaissance ; mais ce mieux est interrompu à chaque demi quart-d’heure par des propos incohérens , bientôt suivis d’une stupeur générale : en même temps , les yeux se tournent, les paupières se ferment à moitié ; le malade n’entend plus et ne répond plus. Cet état dure environ une minute, après laquelle le malade

revient à lui. — Le troisième jour au matin , le mieux persiste encore; visage un peu coloré, urine modérée. Le soir à quatre heures, état permanent de stupeur , pouls ralenti , plus déprimé; point d’évacuations; le malade balbutie. — A huit heures et demie, aphonie complète, visage couvert de grosses gouttes de sueur, pouls serré , battement visible des carotides , sur-tout au côté droit. — Quatrième jour, stupeur augmentée, tremblement léger des muscles , rougeur de la face , pouls serre. — A midi , même état. — A quatre heures , pouls plus développé , moiteur générale , selles et urines nulles. — Cinquième jour, respiration courte, laborieuse; traits du visage altérés, yeux ternes; tremblemens des membres augmentés; mouvemens continuels de la tête. — A trois heures, action bien marquée des sinapismes et du vésicatoire , point décrétions , rougeur de la face et des yeux , sueurs générales , pouls faible et lent. — A six heures , respiration haute, très-difficile , précipitée ; pouls plein , peu résistant. — Mort à sept heures et demie , au commencement du sixième jour de la maladie.

» Ouverture du cadavre. — Vaisseaux des méninges fortement injectés; humeur gélatineuse et teinte de sang répandu sur toute la surface du cei'veau ; eau épanchée dans les ventricules; plexus choroïdes d’un rouge foncé à la partie postérieure des lobes du cerveau ; dans l’intérieur , matière jaunâtre puri forme , sans altération manifeste du tissu cérébral : la même matière s’est trouvée sur la couche des nerfs optiques; elle s’étendait aussi le long de ces nerfs , à la base du cervelet , et à un pouce environ dans le canal vertébral. Le cervelet était fort mol. «

sur l’hydrocéphalite.

Les symptômes et la marche de cette maladie ne laissent pas de doute sur l’existence d’une Hydrocéphalie , dont les phénomènes inflammatoires ont été portés à un très-haut degré d’intensité : ce que l’autopsie a de plus confirmé.

« M. Bonneton , âgé de 44 ans, accoutumé a ne jamais porter de chapeau , reste exposé d’abord à la pluie , puis au soleil immédiatement après. Le lendemain, céphalgie, mal de cœur. Le deuxième jour, le malade se trouve mieux. Le troisième jour , céphaîgie augmentée , assoupissement , perte de connaissance , mouvemens convulsifs. Mort dans la nuit. — L’ouverture du cadavre a fait voir un engorgement léger des vaisseaux du cerveau , et de la sérosité dans les ventricules. » M. Vieusseux a décrit la même épidémie , et a remarqué qu’elle attaquait principalement les enfans et les

jeunes gens.

Je vois avec plaisir que M. ltard , dans Farticle Hydrocéphale du Dictionnaire des sciences médicales, porte de cette maladie le même jugement que moi, et qu'il l’appelle constamment, sans entrer dans aucun détail, Epidémie d' Hydrocéphale aigue. Je suis flatté de me rencontrer avec un médecin aussi distingué.

Applicata. Ce que les raisonnemens et les conseils des médecins n’avaient pu produire, l’éloquence de Rousseau l’a opéré : les enfans ne sont plus garottés* Malheur aux mères encore asservies au pouvoir de cette habitude destructive : leurs larmes seront le fruit de leur ignorance ou de leur entêtement 1 Mais ici je dois laisser les maux innombrables qu’occasionne le maillot , pour ne m’occuper que de ses effets sur Forjgane cérébral, et déterminer comment il peut être

cause prédisposante ou occasionnelle de TOydrocéphalite. i.° Tout le corps resserré , les parties extérieures se refusent à l’abord de la quantité proportionnelle des liquides , dont le reflux s’opère sur les organes profonds , et sur-tout sur l’encéphale qui seul est à l’abri du maillot. a.° La poitrine comprimée n’exécute qu’imparfaitement le mouvement dhnspiration , tout le sang noir ne peut traverser les poumons pour y être revifié : les cavités droites du cœur se remplissent et se distendent , le sang est refoulé dans les veines, reste en stase dans les organes, et y produit les altérations qui sont le résultat nécessaire de la présence d’une trop grande quantité de ce liquide , et sur-tout d’un sang devenu impropre à Tentretien de la vie. La texture délicate et la vie plus grande du cerveau , l’exposent plus que tous les autres à cette funeste influence. Si les effets en sont prompts , l’enfant périt d’apoplexie. 3.° Les points de contact , trop multipliés sur la peau sensible et douloureuse du nouveau né , ont plus d’une fois amené un état d’éréthisme , qui est allé jusqu’aux convulsions. 4*° Hans l’enfant tout est mobilité , le maillot s’oppose à ses mouvemens rapides et sans cesse variés ; il fait d’inutiles efforts pour surmonter l’obstacle; ces efforts infructueux et la contrariété qui en naît, augmentent en même temps l’irritabilité et la circulation cérébrale.

Une habitude non moins préjudiciable, c’est d’habiller l’enfant, dans toutes les saisons, avec le même maillot. Trop chaud en été, il amène de la moiteur , se mouille; et, lorsqu’on le change, l’enfant plus impressionnable à l’action de l’air, en éprouve beaucoup plus facilement une suppression de transpiration.

sur l’hydrocéphalite. 4^

La partie cîü vêtement destinée pour la tête, lebéguin, devient souvent cause des maladies de l'encéphale» Trop étroit , il comprime douloureusement le cuir chevelu ; un pli produit le même effet : trop chaud , il appelle les liquides à la tête et y détermine unepolyœmie locale : trop serré par ses attaches sous le menton , il comprime les jugulaires, et fait refluer et stagner le sang^ dans le cerveau.

Après ce que je viens de dire du maillot, il devient inutile d’observer comment, à un âge plus avancé, un vêtement trop serré, et trop chaud ou trop froid pour la saison , pourra nuire à l’encéphale.

C’est peu que l’habillement soit convenablement disposé, il faut encore qu'il soit fréquemment renouvelé , sur-tout celui qui est appliqué immédiatement sur la peau. De la propreté dépend la santé. La malpropreté s’oppose à une transpiration salutaire , irrite les extrémités nerveuses des tégumens , et par l’absorption introduit des particules délétères dans le torrent de la circulation. Les bains et les lotions sont donc d’une nécessité absolue, mais non pas indistinctement. Les bains froids, administrés trop tôt, irriteront les nerfs , supprimeront la transpiration , et , parmi les maux qui en résulteront , l’Hydrocéphalite ne tiendra pas le dernier rang. L’éloquence de Rousseau et l’exemple téméraire donné par Fourcroy , qui plongea son fils dans l’eau froide le lendemain de sa naissance , eussent fait bien des victimes , s’ils avaient eu le malheur de persuader. Les lotions froides, partielles, n’entraîneraient pas de moins graves inconvéniens ; et d’autant mieux, qffelles seraient pratiquées plus près du siège de rBydrocéphaiite. Observons que je ne condamne

6fi ESSAI

les bains et les lotions froides, que pendant le temps où la trop grande susceptibilité de l’enfant ne lui permet pas de jouir des effets avantageux qu'il doit en retirer dans la suite.

Ingcsia, Les alimens, les boissons et les médicamens , ces moyens de première nécessité, qui entretiennent îa vie ou la ramènent à son type naturel, lorsque la maladie est venue en intervertir l’ordre , peuvent, par leur abus ou leur mauvaise qualité , devenir le germe de îa désorganisation et de la mort.

i.° Des alimens . L’enfant qui vient de naître n’a pas rompu tous les liens qui l’unissent à sa mère ; la nourriture qu’il puise dans son sein le retient sous son intime dépendance. La molle organisation, la grande susceptibilité de ce petit être lui font trouver dans le lait toutes les qualités physiques et morales de îa nourrice. Que celle-ci soit entachée de quelque vice, qu'elle se livre à de honteux excès , qu’elle soit dominée par quelque passion véhémente et sur-tout la colère , l’innocente créature en éprouve bientôt les effets les plus terribles : Albinus , Boerhaavc , Tissot , M. Baumes en ont cité des exemples nombreux. La mauvaise nourriture d’une nourrice , l’ancienneté de son lait , seront toutaussi à craindre. C’est principalement chezcesnourrices mercenaires, éloignées des grandes villes, dont Gilibcrt le père a si bien dévoilé l’odieux trafic, qu'on rencontre cette influence fâcheuse d’unmauvais lait. Les observateurs s’accordent à regarder le cerveau comme l’organe qui en souffre le plus ; et les convulsions et l’ épilepsie sont les exemples les plus multipliés de cette corrélation. À mesure que l’IIydrocéphaîite sera plus étudiée, elle trouvera sa place à côté de ces affections

sur l’hydrocéphaiite. 47

nerveuses ( i ). Dans un âge plus avancé , les organes digestifs ne sont pas encore faits à toute sorte de nourriture ' tout aliment qui, chez un adulte, serait difficilement digéré , sera , à cette période de la vie , une cause de maladies. Qu’ils reviennent de leur coupable erreur, ceux qui, sous le vain prétexte de leur faire un bon estomac 9 font nourrir leurs enfans d’alimens grossiers , dont l’usage ne tarde pas d’amener, avec le dérangement des digestions, une susceptibilité nerveuse plus grande et des affections comateuses irréparables. Les bouillies mal préparées, le gros pain , les soupes mal trempées, les châtaignes, les coulis et les ragoûts échauffans, les sucreries même en trop grande quantité, ont été bien souvent les ministres de la maladie et de la mort. Ils ont toujours, été d’autant plus nuisibles, qu'on y a soumis les enfans à une époque plus voisine de la naissance.

Quelle que soit la force digestive de l'estomac d’un adulte ,les excès dans la quantité comme dans la qualité des alimens, impunis d'abord, seront tôt ou tard suivis d'amers repentirs. La réaction sympathiquè entre cet organe et l'encéphale, rendra bien souvent celui-ci victime des excès du premier : combien d’apoplexies à la suite de repas copieux, où la nourriture seule a passé les bornes de la modération !

(i) Harris raconte que dans une paroisse très-peuplée, située dans un très-bon air et à douze mille de Londres, les femmes avaient presque toutes des enfans en nourrice ; que tous , à l’exception de trois, furent enferrés dans l’espace d’n n an, etquele même nombre d’enfans remplit, à diverses fois, la place de ceux qui les avaient précédés , sans que les parens ouvrissent les jeux sur ieur- /uneste sort. *

ESSAI l

2. ° Boissons. L’action et les mauvais effets cîes boissons alcooliques sur le cerveau, sont trop connus pour nous permettre une longue discussion à leur égard : une face vuîtueuse , une excitation d’abord modérée de Fencéphale, mais bientôt suivie d’un vrai coma et quelquefois d’une apoplexie , démontrent tous les jours cette fâcheuse influence. Ces effets seront plus nuisibles lorsqu’ils seront observés à un âge plus tendre. Depuis Hippocrate , tous les médecins ont interdit aux enfans l’usage do vin et des liqueurs. Tous ont vu les convulsions succéder à leur introduction.

3. ° Mcdicamens. Entre des mains inhabiles, les niédicamens les plus précieux deviennent de vrais poisons. En nous reportant toujours plus particulièrement sur les enfans, je ne craindrai point d’avancer qu’un grand nombre sont tous les jours victimes de la tendresse malentendue de leurs mères , qui veulent apporter remède au moindre cri , et médicamentent ellesmêmes leurs nourrissons. Les émétiques, les purgatifs et les vermifuges sont prodigués sans choix, irritent l’estomac et les intestins, et sympathiquement l’encéphale : Oâier cite trois observations où l’émétique fut cause , ou au moins cause participante de la maladie. Les remèdes et les poisons narcotiques , ayant une 'action plus directe sur cet organe, seront plus propres à devenir cause de l’Hydrocéphalite. Harris et M. Baumes , après lui, nous ont avertis du danger de l’opium chez les enfans, lorsque, au début d’une maladie, on se hâte de l’administrer trop tôt, pour calmer les convulsions , compagnes presque inséparables de tous ces débuts. Depuis Harris , on a de plus en plus reconnu que tous les remèdes âcres , irritans et éehauf-

Süii î/hydrocephàlîîë. 49

fans étaient constamment funestes dans l’enfance. Le mercure peut, dans certains Cas, être cause directe de l’HydroCéphalite : il produit la salivation ; les fluides appelés à la tête y causent bien souvent l’inflammation du cerveau et tous les accidens qui en sont le résultat ordinaire. Je l’ai vu , au milieu d’une fièvre mercurielle et d une salivation des plus fortes, amener tous les symptômes d^une Hydrocéphaîite qtii fut mortelle au onzième jour , et dont l’autopsie confirma

l’existence. — Dans les Ephémérides des curieux de la nature , on lit deux observations d’Hydrocéphaîe aiguë causée parles applications arsénicales.

Sécréta et excreta. Convulsio fit aut à repleîione , aut ab evacuatione ( Hipp. apk. 39 , sect. VI ). Cet aphorisme du père de la médecine s’est vérifié par l’observation de tous les siècles. Ainsi excès et défaut d’évacuations sont également nuisibles.

Qu’un enfant ou un adulte éprouve dé trop fréquentes et abondantes hémorrhagies , le système nerveux 5 devenu plus sensible , est plus facilement affecté par les autres causes efficientes. Même remarque pour toutes les autres espèces d’évacuations. Mais la plus nuisible peut-être , celle dont l’action fâcheuse sur le cerveau a été constatée de tout temps, est sans contredit, une évacuation de sperme prématurée ou excessive*

D^un autre côté , qu’une hémorrhagie ou une saignée habituelle n’ait plus lieu , bientôt il y a pléthore générale, et , selon luge, il s’établira en outre une polyœmie locale bien manifeste , chez l’adolescent à la poitrine , chez l’adulte au bas-ventre; chez l’enfant et l’adulte apoplectique , la tête sera le siège de cette congestion : de-là , prédisposition a la maladie et même-

5o Essai

cause efficiente par la durée de te mode diexcitation (i).

La diminution ou la suppression d’une évacuation quelconque entraînera les mêmes inconvéniens , tantôt en déterminant une pléthore humorale plutôt que sanguine, tantôt en agissant sur l’organe encéphalique lui-même, sympathiquement ou par métastase , et en montant ses propriétés vitales au degré qui constitue l’Hydrocéphalite. C’est la suppression de la transpiration , qui est la plus fréquente des causes de ce genre; ses effets sont d’autant plus prompts et plus aptes à produire l’hydropisie des ventricules , qu’elle a lieu dans le voisinage de l’organe qui devient le siège de la maladie : voilà pourquoi les immersions froides sur la tête , quand on est en sueur , la coupe des cheveux longs et touffus sont très-habiles à la causer.

Je rattacherai à cette classe la rétention des matières fécales , et sur-tout du méconium chez le nouveau né, qu’on voit bientôt agité et pris de convulsions , s’il n’est soulagé à temps par de promptes évacuations.

Gesta. Le soir est marqué par une accélération du pouls, qui se calme pendant le sommeil. Les veilles trop prolongées, sur-tout pour des objets qui demandent beaucoup d’application , continuent cet état presque fébrile , et entretiennent le cerveau dans une

(i) On a vu la compression des jugulaires par une tumeur, et plus encore par un lien un peu serré, déterminer celte pléthore locale delà tête. Tel est le cas de ce général, qui faisait serrer la eravaté de ses soldats , pour leur donner uiï W» visage.

sür l’hydrocéphàlite. 5t

permanence d’excitation , qui bien souvent dégénéré en Hydrocéphalite.

Le SQmmeil est nécessaire , mais il doit avoir des bornes; sans quoi il laisse le sang s'accumuler dans le cerveau , y stagner, et y devenir une cause d’irritation sans cesse agissante. Pris dans des lits trop chauds ou trop mous, il devient encore plus nuisible; la chaleur active la circulation , et le sang déjà appelé vers la tête s’y porte alors en plus grande quantité: elle augmente en outre la transpiration , affaiblit et rend le système nerveux plus impressionnable. Dormir la tête plus basse que les pieds, accroîtra nécessairerement la prédisposition hydrocéphalique.

L'exercice , si utile à l’entretien et même au rétablissement de la santé, peut cependant, par son excèé, ajouter à la grande mobilité , et , en causant la fatigué de l’encéphale , déterminer directement l’Hydrocéplpi-v îite. Il est sur-tout plusieurs genres d’exercices propre^ à l’enfance , et qui sont on ne peut plus capables de causer sur-le-champ les maladies du cerveau. C’est ainsi que l’action de bercer avec trop de force pour endormir les enfans, les a bien des fois plongés dans le sommeil de la mort. Le savant traducteur de Rôsen à vu des enfans long-temps bercés sans s’endormir , devenir bouffis et les yeux pfôéminens, tandis que d’autres manifestaient , par des sursauts et des grimaces , l’affection de leur cerveau. L’habitude de les faire tourner, pirouetter et culbuter de mille manières , produira des effets qu’on apprécie aisément. Fothergill n’hésite pas de regarder comme cause de l’Hydrocéphale aiguë, les petits tours de force des enfans, un gant considérable sur un pavé solide , et an exercice

5a ESSAI

assez rude. Les cris excessifs leur sont très-contraires : les poumons comprimés suspendent la circulation et font refluer le sang veineux à la tête.

Les dangers d’une éducation trop efféminée sont assez connus; j’observerai qu’elle agit principalement sur les systèmes nerveux et cérébral : aussi Rüulin a-t-il remarqué que les enfans élevés trop délicatement étaient les plus sujets aux convulsions ; et le D.r Longe a pu se convaincre que la quantité prodigieuse d’enfans morts d'épilepsie à Copenhague, n’est due qu’à la mollesse de leur éducation.

Perccpta. Une grande contention d’esprit active les propriétés vitales du cerveau. Si cette exaltation passe certaines bornes, elle devient cause de maladie ou maladie elle - même. C’est dans l’enfance et chez les personnes prédisposées aux affections cérébrales, que des études précoces et forcées et une trop grande application acquièrent des propriétés plus malfaisantes.

J’ai déjà remarqué que les organes des sens peuvent, par des sensations trop vives, réagir avec foree sur l’encéphale , et l’exciter au-delà du type nécessaire au libre exercice de ses fonctions.

Et animi pathemata. Le cerveau , premier agent des passions, en reçoit une influence qu'il serait plus que superflu de vouloir prouver aujourd’hui. Toutes n’y produisent pas les mêmes ravages, et ne sont pas également funestes à toutes sortes de personnes : un individu pourra impunément se mettre en colère , éprouver les frayeurs les plus fortes ; tandis qu’un autre en recevra le coup de la mort.

La colère est la première des passions pour les acôidcns qu’elle occasionne. Le cerveau vivement

excité

sur l’hydrocephalïtë. 53

excité appelle à lui une plus grande quantité de sang; le cœur agité de mo&vemens violens le pousse avec force vers les parties supérieures $ et la respiration presque suspendue le laisse s’accumuler dans les cavités droites et refluer dans le système veineux. Voyez la figure d’un enfant en colère pâlir d’abord, rougir ensuite , puis devenir violette, et annoncer de prochaines convulsions.,

La frayeur n’est pas moins redoutable , sur - tout pour le premier âge : selon Tissot , sur vingt épilepsies , quinze au moins reconnaissent cette cause. L’IIydrocépliâlite qui fait le sujet de la première observation de M. Bard ( i ), fut produite par une vive frayeur. Odier a vu un fait qu’il a cru pouvoir attribuer à la peur.

L'amour, dans quelque acception cju’il soit pris 9 s’il est porté à l’excès , ébranle trop le cerveau pour ne pas en altérer souvent les propriétés vitales.

L’effet des passions tristes est bien connu et facile à Saisir.

Lajoie, le rire et toutes les passions gaies n’ont pas toujours été utiles à la santé : transporté de joie 9 l’héritier de Leibnitz tomba mort en ouvrant un coffre plein d’argent : Léon X mourut de plaisir en apprenant les malheurs des Français; Zeuxis , voyant la peinture grotesque qu’il avait faite d’une vieille , se prit tellement à rire qu’il succomba en peu d’instans. Ces exemples ne sont pas rares. L’effet peut ne pas être aussi prompt ni aussi intense , alors le cerveau ne sera monté qu’au

(i) Journal général de Médecine , tome XXXH,

degré diexcitation convenable au développement de l’Hydrocéplialite.

III. Causes Morbides. Aucun organe ne souffre , que le cerveau n’en ait la conscience et ne souffre aussi : ses connexions et ses liaisons anatomiques et physiologiques avec toutes les parties vivantes du corps l’exposent à recevoir le premier et le plus souvent les influences morbides des autres organes malades. Qu’elles soient aiguës ou chroniques , les maladies n’en réagissent pas moins sur l’encéphale. De quelle manière s’opère cette réaction? Est-ce à la manière de Y aura epileptica , qui s’élève d’une partie jusqu’au cerveau? Sera -ce par métastase d’humeur, ou enfin par une pure sympathie? Quel que soit le sens qiCon donne à ces explications , cette réaction est toujours sympathique , c’est-à-dire , inconnue dans son mode. Sans admettre ni matière glaireuse , ni bile âcre , ni toute autre espèce d humeur , on se contente aujourd’hui d’observer les faits, et l’on sait que tout point d’irritation habituelle , tant éloigné soit-il , devient , en entretenant la douleur, une cause d’excitation permanente du système nerveux. C’est ainsi qu’on a vu les plus fâcheux accidens être produits par la compression ou la distension d’un nerf, sa dilacération , etc. Hippocrate nous avertit qu’une douleur continuelle de l’intérieur de l'oreille peut causer la frénésie ; et Sarcone a observé que la simple affection des nerfs, mémoéloignés de la tête , suffit pour produire cette maladie par loi de consensus. Brendel a vu deux enfans succomber aux convulsions qu’occasionna la sortie difficile de calculs vésicaux : les calculs biliaires 5 les matières

& Ü ït ï/HITÎïPlGCÎïPÎÏ AlîTËi §5

focales extrêmement durcies , ne pourront-ils pas en*9 traîner les mêmes désordres?

Je ne doute point qu’en se multipliant , les faits ne viennènt un jour constater que l’Hydrociéphalite est produite par toutes les fièvres essentielles^ L’altération du cerveau dans la fièvre ataxique, le mal de tête et la rétropulsion des liquides à l’intérieur pendant le froid de tous les accès fébriles, viennent à l’appui de ces conjectures, et auront encore plus de poids si nous les examinons chez les enfans où l’activité cérébrale appelle tout à la tête , et sur-tout si un écoulement habituel est alors supprimé. Déjà le D.r Coinâet a constaté , pour les fièvres inflammatoire , bilieuse et catarrhale, ce que je ne faisais que présumer longtemps avant de connaître son ouvrage. Il a beaucoup insisté sur la plus grande fréquence des Hydrencéphales, pendant les constitutions catarrhales.

Rien n’est plus commun que de voir l’éruption difficile , la marche irrégulière ou la rétropulsion de la variole , de la scarlatine et de toutes les maladies exanthématiques, s’accompagner des affections cérébrales les plus terribles. Les maladies éruptives sont , d'après Odier , une des causes les plus fréquentes de l’Hydrocéphale aiguë, qu’il çroit avoir vu succéder quatre fois à la variole , à la rougeole ou à la scarlatine; et il dit que les autres médecins de Genève partagent son opinion. Gardien assure aussi que la fièvre rouge est, plus que les autres exanthèmes, suivie de l’Hydrocéphalite. Letiscm rapporte plusieurs cas d’Hÿdrocéphale aiguë consécutifs à la variole. C’est l’impression de l’air qui rend la scarlatine si fâcheuse, en la convertissant en anasarque et quelquefois en Hydro*

céphale aiguë. Armstrong donne une observation d'Hydrocéphalite dans un enfant du premier âge , qui reconnaissait pour cause une éruption rentrée. L’observation de Neygenfind , médecin à Furtenstein en Silésie 5 succéda â une éruption cutanée assez légère. Des faits semblables se présentent souvent , et dernièrement le D.r Lusterhourg a vu la suppression d’une éruption miliaire causer une Hydrocéplialite mortelle. C’est sur-tout à la tête et chez les enfans, que les répercussions seront plus aptes à produire la maladie : j’ai vu la fille de M.me Ferlât, âgée de 20 mois, être en proie à une Hydrocéphalite bien caractérisée , quelques jours après la disparition d’un suintement puriforme qui existait derrière les oreilles. M. Coindet a vu un écoulement purulent de l’intérieur de l’oreille, se supprimer et être suivi d’une Hydrocéphale qui présentait des accès en double tierce.

L’inflammation des organes profonds devient aussi une cause fréquente d’Hydrocéphalite. Lhnflammation d’un organe prédispose à celle d’un autre organe, et M. Broussais observe avec raison , qu’une inflammation actuellement existante est un stimulus toujours en action , qui dispose le corps à en contracter une deuxième , une troisième , etc.

A la tête , une ophtalmie , une otite , une angine , un coryza, seront susceptibles de causer la maladie.

Les relations sympathiques multipliées, qui lient la poitrine avec la tête , rendent très-facile la réaction des organes pectoraux malades sur le cerveau. Dans la frénésie qui se joignit souvent à l’épidémie de Naples , Sarcone a eu soin de noter avec quelle facilité la tête peut être intéressée dans les désordres de la poitrine.

SUR l/HYDROciPHALITE.

L’observation du D.r Tropp , insérée dans la Bibliothèque médicale , a été le produit dTine altération organique des viscères du thorax et de l’abdomen , ainsi que le lui prouva l'autopsie. Une des observations à'Odier areconnula coqueluche comme cause efficiente. M. Coindet a de plus observé que certaines épidémies de coqueluche se terminaient plutôt que d’autres par l’Hydrocéphalite. Sans avoir recours à la réaction sympathique , les quintes de toux fournissent une explication satisfaisante. Pendant la quinte ^ le sang noir ne traverse qu’iqnparfaitement les poumons ; il reflue dans les veines qui sont elles-mêmes comprimées; de-là stase vers la tête , marquée par la rongeur livide de la face , l’étourdissement, et quelquefois la couleur de feu que les yeux semblent voir. M*» Coindet a fait connaître la conversion rapidement mortelle du croup en Hydrocéphale aiguë. Perchai , Lieutaud et autres , ont vu la phthisie pulmonaire devenir cause de la maladie.

L’observation de tous les siècles a de plus en plus confirmé la dépendance pathologique des deux ventres supérieur et inférieur. Aussi les cas d’Hydrocéphalite occasionnée par l’inflammation d’un viscère abdominal sont-ils très-multipiiés. M. Lespagnol a vu Pinflammation de l’estomac lui donner lieu. Odier et Ducasse , de Toulouse, ont vu la dyssenterie la produire. Le fils de M.me Godon fut ^ris d’abord d’une entérite non douteuse , dont la convalescence fut arrêtée par les symptômes d’une Iiydrocéphalite à laquelle il succomba. En parlant de l’Hydrocéphalite se manifestant sous la forme d’une fièvre intestinale, Heineken , de Bremen, n’a-t-il pas indiqué tout simplement la maladie cérébrale succédant à l’entérite. Thomson croit

sur-tout à l’influence morbide des organes hépatiques dans la production de la maladie. M. Coindet indique comme la cause la plus fréquente et la plus fâcheuse, les tubercules du poumon, du foie et sur-tout du mésentère.

L 'intimité plus grande qui existe entre les membranes de meme nature, fait présumer que l’inflammation de la plèvre, du péricarde, et sur-tout celle du péritoine seront fréquemment cause d’Hydrocéphalite.

Le rhumatisme est aussi susceptible delà déterminer: Rush, Le It sont et Coindet ont vu cette cause la produire.

Il ne serait pas difficile de parcourir tout le cadre nosologique, et de montrer que toutes les maladies peuvent causer celle qui- fixe spécialement notre attem tion. Nous avons indiqua les effets nuisibles des suppressions d'évacuations sanguines naturelles ou artificielles. Nous avons vu que la constitution scn>fuîeuse est une des premières prédispositions , et qu’elle peut devenir cause efficiente (i). L’anasarque a causé la maladie de la première observation à’Odicr, Enfin l’observation de Gondinet a été occasionnée par Ja goutte; Barailon en produit aussi un exemple.

Les vers ont sur le système sensitif une action si variée, déterminent un si grand nombre d’aceidens nerveux , dont on peut voir la longue énumération dans Bréra; ils ont d’ailleurs joué et jouent encore un rôle si important dans les maladies des enfans , qu’il

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( i ) Je ne puis me dispenser de taxer d'exagération l’opinion de Percival sur l’identité des scrofules et de l’Hydrocéphalite. Combien de familles scrofuleuses sansHydrocéphalite , et combien d'Hydrocéphalites indépendantes des scrofules !

SUR l’HYDEOCÉPHALITE. £>9

semble nécessaire d’en parler d'une manière particu** lière. Tantôt regardés comme maladie unique, ou du moins comme unique cause de toutes leurs maladies , c’est contre eux seuls qu’on a dirigé tous les moyens de guérisons. D’autres fois , au contraire , iis ont été regardés comme nuis, et Butter, entr autres , déclare positivement qu’il est absurde d’administrer les vermifuges dans les fièvres des enfans ; que quant à lui , il ne tient aucun compte des vers dans sa pratique , et ne les croit ni symptômes ni causes de maladie. Il ne faut pas avoir beaucoup vu, pour se convaincre combien ces deux opinions outrées s’éloignent delà vérité. Les auteurs citent un grand nombre d’observations où les vers, quelle qu’en soit l’espèce , ont été la cause delà maladie : je ferai observer que, la compliquant fréquemment, on aurait tort de leur attribuer, dans ce cas, un effet dont ils sont bien innocens.

M. Coindet met au nombre des causes de l’Hydrocéphalite , l’intussusception des intestins : il en cite deux observations qui furent mortelles, et en rapporte une troisième de T. W illis.

Quoique je sois bien éloigné de regarder la dentition comme une maladie, je dois en parler à la suite des causes morbides. Ses dangers et son innocuité ont également été exagérés. Arbuthnot, Lorry , Underwood la regardent comme l’époque de l’enfance la plus critique et la plus dangereuse. C ado g an 9 Armstrong , Laf orque , etc. , ne la considèrent que comme une fonction naturelle , qui n’a aucune part à la production des maladies qu’on a tort de lui attribuer. Mais, suivant M. Baumes , quoique la dentition n’expose par elle-même à aucun accident , elle

est cependant susceptible d’en produire , parce que dans la vie civile on ne peut pas juger des choses par ce qu’elles doivent être. En vain trouvera^-t-on su-rpre» nant qu’une opération nécessaire et naturelle puisse entraîner d^aussi graves accidens , les raisonneinens îie pourront jamais détruire les faits. Et l’Hydrocépha= lite est une des maladies qu’elle a occasionnées plus d’une fois : Odier en a vu quatre observations. L’irri-* tation locale réagit sympathiquement sur l’encéphale , et la tête ne tarde pas à s^embarrâsser par l'afflux des humeurs que cette irritation attire (i). Plus la dentition géra pénible , plus son effet sera à craindre. J’observerai aussi que, lorsqu’il s’y joint une constipation opiniâtre, le transport des humeurs est plus facile vers les parties supérieures; et qu’une diarrhée un peu abondante qui se déclare devient, en quelque sorte, un préservatif, en attirant vers le bas-ventre les fluides qui auraient engorgé la tête.

Je ne crois pas inutile de signaler une erreur répan«j due dans quelques sociétés. L’Hydrocéphalite n’ayantf commencé à être bien connue que depuis peu de, temps, c’est alors seulement que les gens du monde ont entendu parler de cette maladie; et comme elle a paru plus fréquente à mesure que les médecins ont mieux su la distinguer 9 il a semblé bien naturel d'en

(i) Le Professeur de Montpellier, déjà si souvent cité, trouve k l’Hydrocéphale aiguë, « une connexion très-forte avec la dentition difficile , parce qu’aucune maladie n’a autant de pouvoir pour déterminer l'engorgement sanguin de la tête , et la lésion des fonctions de l’arachnoïde et des vaisseaux lymphatiques, qui s’ouyrent Sur les surfaces des cayités cérébrales, rç

sur l’hydrocéphàlïte. 6 1

attribuer l’origine à l’introduction de la vaccine dans la pratique médicale. Avant la découverte de la vaccine, dit-on, l’Hydrocéphale aiguë n’était pas connue , donc elle n’existait pas : ainsi la vaccine a remplacé un fléau par un fléau plus terrible.

J’aurais pu grossir beaucoup cette énumération déjà trop longue des causes de l’Hydrocéphalite; mais toutes se rattachent aisément à celles que j’ai indiquées. D’un autre côté , il ne faut pas croire que l’Hydrocéphale aiguë doive survenir , toutes les fois qu’on aura été exposé à une de ces causes , ou ne puisse se développer qu’à leur suite. Combien de fois , en effet , des coups violens à la tête , des chutes sur cette partie ne sont suivis d’aucun accident; tandis que , sans cause connue , des enfans et même des adultes sont pris spontanément de cette terrible maladie !

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