SUE L’ H YD II O CEP H ALITE
des bras est dans un mouvement perpétuel (1). Le strabisme , le trismus, le grincement de dents, les traits de la face tirés d’un côté attestent quelle part y prennent les muscles des différentes régions de la tête. Tout annonce qu’une grande quantité de sérosité est amassée dans l’intérieur du cerveau.
Le tissu cellulaire épicranien s’infiltre, par sympathie plutôt que par continuité de tissu ; ce cas est rare,, mais il a été observé. Enfin les os du crâne s’écartent et laissent entr’eux un espace considérable : J. limiter 9 Ferriar et M. Baumes en citent des exemples. M. Bailli a vu, chez un enfant de 7 ans, les os déjà réunis se séparer à une distance considérable dans une Hydroeéphaiite subaiguë qui fit périr le malade au bout de 10 mois.
Ce n’est bien souvent que lorsqu’une partie de ces symptômes dangereux a répandu l’alarme dans la famille , qu’on a recours à l’homme de l’art ; mais il ffest plus temps ; il n’arrive que pour être le triste spectateur de la destruction prochaine du malade. Les progrès du mai sont rapides ; la faiblesse augmente , et les convulsions qui se succèdent ne tardent pas à amener la mort.
La durée ordinaire de cette période est de 4 h 5 jours: on l’a vue se prolonger au-delà, ou être à
(1) Sur les deux derniers malades que j’ai eu occasion de soigner, j’ai remarqué une disposition couvulsive particulière des doigts : le pouce tendu était ramené en dedans et venait se loger entre le médius et l’annulaire. Une disposition presque semblable se présente aussi dans quelques affections verni-: neuses.
peine cîe 24 heures. De même que la marche toute entière de la maladie, elle est subordonnée à l’intensité du mal , à 1 âge, au tempérament du sujet , et aux circonstances qui l’environnent. Les malades semblent succomber à chaque instant et prolongent quelquefois leur existence de plusieurs jours.
La marche de l’Hydrocéphalite n’est pas toujours aussi régulière- La première période peut sur-tout être ou très-longue ou très-courte. Des enfans gais et bien portants ont passé du moment de l’invasion au plus haut degré d'intensité et de gravité de la maladie, et sont morts en un, deux ou trois jours. Des malades ne présentant qu’une suite d’indipositions légères, incapables de troubler la sécurité ni des parens ni du médecin, ont été pris subitement de convulsions hydrocéphaliques , qui les ont fait périr en peu d'instans. Souvent aussi l’ensemble des symptômes les plus graves diminue d’intensité, laisse croire à une prochaine guérison, et dans un moment imprévu sévit avec plus de force qu’auparavant, entraîne le malade, et change en deuil et en larmes la joie et l’espérance auxquelles on commençait à se livrer.
On ne peut se refuser à reconnaître , dans un concours de différentes circonstances , une influence marquée sur la rapidité ou la lenteur de la marche de LHydrocéphalite. Mais regarderons-nous, avec Gondi net , l’enfance seule comme une prédisposition à l’espèce aiguë ? Trop d’observations déposent contre cette opinion exclusive. Lorsqu’elle prend un caractère épidémique , elle semble acquérir beaucoup plus d’activité, puisque, dans les observations recueillies par MM. Matthey et Vieusseux 5 sur 3o morts, les uns
sur l’hydrocephalite. 79
ont succombé en 24 ou 36 heures, les autres du troisième au cinquième jour; et que ceux qui ont été guéris, Font été les nus en peu d’heures, les autres en peu de jours; les premiers, après Faction d’un émétique; les seconds, après Faction combinée des émétiques , saignées , sangsues , vésicatoires , et quelques potions excitantes. Lorsque FHydrocéphaîite succède à la scarlatine , la première période manque , et la maladie débute par l’épanchement et les symptômes nerveux; alors les urines plus rares font 5 selon M, Coindet , un dépôt d’une couleur brime tirant sur le violet , 11 ne faut pas croire non plus trouver réunis tons les signes que nous avons énumérés; il en manque toujours un plus ou moins grand nombre , et quelquefois même la maladie se présente sous un aspect trèsinsidieux, revêt la forme d’une fièvre vermineuse ou mésentérique , et l’autopsie seule vient découvrir l’erreur,
Hydrocephalite Subaigue.
Elle a été admise d’abord par le professeur Baumes , ensuite par M. Coindet , et depuis peu par le B.r ïtard y sous le nom d’Hydrocéphale chronique essentielle. On Fa observée bien des fois, quoiqu’elle soit beaucoup plus rare que FHydrocéphaîite aiguë. L’observation publiée en 1704, par Duverney le jeune, dans les mémoires de l’Académie des sciences , la plupart de celles dont J. L. Petit a enrichi son mémoire , la troisième citée par Armstrong et qui lui est propre , celle de M. Baumes , et beaucoup d^autres recueillies par les DD.™ Matlhey , Gondinet , Cheyne , Bard } Rasori s
Bo ESSAI
etc. , sont de vraies Hydrocéplialites subaiguës. Rosen , entremêlant la description donnée par Vf hjtt avec celle cle l’Hydrocéphale chronique, a fait une histoire assez mal digérée , où brillent cependant les vues les plus, profondes. Whylt ^ dans son excellente monographie , n’a décrit que i’Hydrocéphalite subaiguë , et il suffirait de le copier textuellement pour donner de cette espèce une histoire complète ; mais comme les symptômes sont les mêmes que ceux de FHydrocéphalite aiguë, je me contenterai, pour éviter les répétitions, d^observer que la différence n’est presque que dans la rapidité moindre de la maladie ; qu’elle succède le plus ordinairement à des céphalalgies prolongées, ou à la foule des indispositions qui sont ordinaires à l’enfance ; que les signes de paralysie , d’altération des fonctions intellectuelles, ne se développent que lentement ? et quelquefois de . manière à ne pas même faire présumer la véritable cause ; que la première période dure 4 à 6 semaines et plusieurs mois; la deuxième, 2 à 3 semaines , ainsi que la troisième ; que cette marche n’est pas toujours aussi régulière; qu’elle présente de nombreuses anomalies , est souvent intervertie par des apparences de rétablissement et de rechute ; que les symptômes les plus alarmans succèdent quelquefois aux signes jusqu’alors les moins propres à faire soupçonner du danger ; que d’autres fois les symptômes aigus cèdent tout-à-coup , et font place à une marche vraiment chronique ; enfin , que les médicamens ayant plus de temps pour agir, le traitement offre plus de chances de succès.