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Analyse des Symptômes»
Le plus léger coup-d’œil sur les phénomènes dont nous venons de tracer le tableau suffit pour couvain- c cre que l’Hydrocéphalite présente quatre ordres de symptômes essentiels , qui se manifestent par les altérations qu’ils portent sur les quatre sysîèmes principaux , nerveux , circulatoire , digestif et musculaire : on les voit constamment affectés tous les quatre. Les altérations qu’éprouvent les appareils sécréteurs ne sont qu’accessoires ; elles ne sont point constantes et déterminées, et ne peuvent servir de signes à la maladie.
Symptômes Nerveux. Il convient d’examiner ces phénomènes les premiers, parce que le siège de la maladie est dans le centre même de Fappareil sensitif, et que toutes les autres lésions ne sont que consécutives à celles des nerfs, et n’existent que par leur médiation. Tout annonce une altération profonde dans le système cérébral ; aussi les symptômes qui caractérisent la maladie sont-ils presque tous nerveux : céphalalgie variée, fixe ou alternant avec les douleurs vagues des différentes parties du corps; susceptibilité augmentée; cris et soupirs hydrocéphaliques ; état successif de stupeur , de veille somnolente , et d’assoupissement léthargique ; viciations nombreuses de la vision et de l’audition; démangeaison du nez; agitation, rêves, délire, etc. Tout indique l’action pervertie, anéantie ou excitée de l’organe encéphalique. Mais comment ces changemens s’opèrent-ils? Question interminable*
qui nous plongerait dans le vague des discussions $ sans aucune utilité pour la science.
Fothergill , Odier , M. Baumes ont vu les accidens nerveux d’autant plus intenses et plus graves , que le sujet avait joui d’une constitution plus irritable et déjà disposée aux maladies nerveuses.
Symptômes Circulatoires . Après les symptômes nerveux, les circulatoires tiennent le premier rang: ils présentent constamment le même caractère , et c’est sur cette invariabilité que Whytt a trouvé les trois stades de la maladie. Nous avons vu en effet, dans la i.re période , le pouls très-accéléré battre avec force ; dans la 2.e période, au contraire, les pulsations de l’artère se faire sentir à peine, et avec une lenteur qu’on ne rencontre dans aucune autre maladie ; et dans la 3.e période enfin le pouls , quoique faible , reprendre une vélocité indicible , puisque le nombre de ses battemens a pu être compté jusqu’à 160. L’exacerbation fébrile du soir, et quelquefois de la journée ; le battement des carotides et des temporales ; les palpitations de la région précordiale ; la coloration constante, alternative ou partielle des joues; la chaleur de la peau augmentée ou diminuée , sont autant de phénomènes liés à l’altération de l’appareil circulatoire. La violence de ces symptômes n’est pas la même chez tous les sujets ; chez les uns , ils ne sont portés qu’à un degré d’intensité peu considérable ; chez les autres, au contraire, ils annoncent par leur violence le degré de l’excitation inflammatoire. A quelle époque de la maladie ces symptômes se développent-ils? Ils sont dans le plus grand nombre des cas postérieurs aux premiers phénomènes nerveux.
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Déjà le malade a éprouvé des soubresauts, s’est plaint de là tête, a eu des vomissemens, lorsque la fièvre survient. Cependant l’accélération du pouls a bien souvent été le premier indice de la maladie. L’enfant n’a encore éprouvé aucun accident , quoique pendant plusieurs jours , la chaleur brûlante de la peau , différens mouvemens fébriles aient annoncé qu’il est malade. Il serait curieux de rechercher si ces phénomènes sont essentiels et primitifs, ou s’ils ne sont qu’une dépendance sympathique de l’excitation encéphalique. Sans entrer dans aucune discussion , je dirai , par anticipation , que la dernière manière de voir est conforme à mon opinion, et, comme dans la plupart des fièvres, que les symptômes fébriles ne sont ici que l’effet sympathique d^une irritation locale. Au reste, la maladie n’en est pas moins toujours la même.
Symptômes de ï Appareil digestif. Ces symptômes ne sont pas moins constans ni moins essentiels à l’existence de l’Hydrocéphalite , que les nerveux et les circulatoires : peut-être plus variables , on les retrouve cependant toujours dans toutes les observations d’Hydrocéphalite connues. Comme les précédens, ils sont susceptibles, suivant les individus et le caractère de la maladie , d’être portés à des degrés infiniment variés. Langue humide, blanchâtre, quelquefois rouge, et vers la fin sèche , brunâtre ou noire : paralysie du pharynx et de l’oesophage ; envies de vomir et vomissemens , sur-tout après avoir mangé ; constipation pendant les deux premières périodes; puis déjections plus ou moins abondantes : tout cet ensemble de symptômes ne laisse aucun doute sur le dérangement des fonctions digestives. De même que les phénomènes des autres
appareils, ceux-ci sont susceptibles de varier beau-* coup : tantôt les vomissemens persistent avec fureur , tantôt ils alternent avec la céphalalgie, ou quelque autre douleur ; et d’autres fois ils sont presque nuis : la position verticale les augmente toujours. On les a vus être le premier symptôme de la maladie ; pendant plusieurs jours, l’enfant mange de bon appétit et vomit un instant après.
On a cherché à décider si le foie , excité par ses rapports sympathiques avec le cerveau , était le premier organe affecté, et si , sécrétant une plus grande quantité de bile , il venait, en la versant dans le duodénum , exciter secondairement les contractions antipéristaltiques de l’estomac ; ou si , au contraire , l’estomac influencé le premier provoquait secondairement une sécrétion plus abondante de bile. D’une part, on a trouvé, à la suite de la maladie, des traces d’inflammation au foie, qui semblent déposer en faveur de la première hypothèse : d 'autre part , les vomissemens sont si prompts , si faciles, et les traces de l 'inflammation hépatique ont manqué tant de fois, qu’on ne peut se refuser à regarder l’estomac comme primitivement affecté dans un grand nombre de circonstances. S’il faut manifester mon opinion, je dirai que le foie et l’estomac reçoivent également l’influence cérébrale; que cette influence pouvant être plus faible ou plus forte sur un de ces deux viscères, celui qui sera le plus excité réagira sur l’autre.
Ainsi , comme pour l’appareil circulatoire , nous reconnaissons l’influence de l’encéphale sur l’estomac dans la production des signes dont ce dernier est le siège, La sympathie entre ces deux viscères est trop
bien
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biëri connue , pour que je me permette lai moindre inflexion. Je crois cependant qu’il n’est pas inutile d’observer que le siège primitif dé la maladie , ou plutôt sa cause réside quelquefois dans l’estomac; mais ÏHydi océphalite produite, quelle qu’en soit la cause déterminante , l’organe qui en est le siège , devient le centre et le principe de tous les phénomènes qui s’y joignent.
Symptômes Musculaires. Us sont aussi constans, aussi essentiels que les précédons; mais, placés sous une dépendance plus directe du cerveau, iis ne sont, pour ainsi dire , ;qu’une variété des phénomènes nerveux* Plus ou moins intenses, selon le degré de force et de susceptibilité du sujet, ils se présentent sous deux aspects bien opposés : excès ou cessation d’action ; convulsion ou paralysie. L’Hydrocéphalite n’a pas encore revêtu sa physionomie , que les muscles se réunissent aux autres organes pour l’annoncer à leur manière. De - là résultent les grincemens de dents pendant le sommeil; les sursauts, le roulement des yeux dans les orbites , et le strabisme ; les grimaces et l’irrégularité des traits de la ligure ; le trismus , le tétanos ; les mouvemens désordonnés de la langue et des membres ; l’hémiplégie , la paraplégie , le prolapsus d’une ou des deux paupières , la face tirée d’un côté , l’immobilité de la langue ? la paralysie de l’oesophage , l’évacuation involontaire des matières fécales , etc. Les convulsions peuvent exister dès le principe de la maladie , tandis que les Iparalysies ne surviennent que vers la fin ; cependant il en arrive quelquefois autrement: j’ai vu la moitié du corps paralysée dès le début.
Je pourrais rechercher^ avec Cheyne , si les convulsions ont lieu du côté où l’épanchement existe , et la paralysie du côté opposé. Ce point de physiologie pathologique a , dans bien d’autres circonstances , excité des débats qui ne sont pas terminés, parce que beaucoup de faits sont contradictoires. Sans lui accorder trop de confiance , je partage l’opinion de Cheyne ; et je crois que , dans le plus grand nombre des cas , cet entrecroisement d’effet existe : paralysie du côté opposé à l’épanchement , convulsion du côté de celui-ci.
Altérations des Secrétions. Elles sont plus variables , et moins propres à faire reconnaître l’Hydrocéphalite que les phénomènes morbides des quatre systèmes examinés; cependant elles existent, mais avec des caractères qui leur sont communs avec bien d’autres maladies. La première et une partie de la deuxième période , de même que dans toutes les affections inflammatoires , sont marquées par la diminution ou même la suppression de toutes les sécrétions. Les larmes moins abondantes ne vont plus humecter les narines ; celles-ci se dessèchent et se remplissent du peu de mucosité qui a été sécrété. La sécheresse de la langue , la soif , la constipation , tout indique une chaleur , un état d’éréthisme , en un mot , un défaut de sécrétion dans toute F étendue de la membrane muqueuse gastropulmonaire. La constipation et la nature des excrémens , annoncent au moins une perversion dans la sécrétion biliaire qui , d'un autre côté , semble augmentée , si l’on a égard aux matières bilieuses rendues par le vomissement. Les urines varient peu; elles sont moins abondantes, plus foncées
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ël déposent, La peau est sèche , excepté à la suite des exacerbations. Lorsque la période d’excitation est finie y les sécrétions se rétablissent en partie ; la salive devient plus abondante; les mucosités sont sécrétées et les évacuations alvines ont lieu ; les urines sont toujours plus rares, à moins que la maladie ne doive se terminer heureusement ; alors elles deviennent la crise , et , Comme dans les hydropisies des autres cavités , on voit diminuer et disparaître les signes de l’accumulation séreuse , à mesure que leur flux augmente. Ainsi les altérations des sécrétions ne présentent rien de particulier à l’Hydrocéphalite. Ces symptômes sont encore sous l'influence du système nerveux : c’est lui qui porte la vie dans les organes sécréteurs , ils doivent donc participer à toutes les maladies auxquelles il est exposé. En dernière analyse , nous voyons que tous les phénomènes qui Composent l’ensemble de l’Hydrocéphalîte sont dans le fait des symptômes nerveux 9 modifiés suivant les fonctions de l’organe qui en devient le siège.