‹ Essai sur l'hydrocéphaliteChapitre 17 sur 27 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Malgré le nombre considérable de signes dont s’accompagne l’Hydrocéphalite , on ne peut se dissimuler combien il est difficile d’en asseoir le diagnostic* Machride la dit peut-être la plus trompeuse de toutes les maladies. Armstrong dit avoir souvent éprouvé beaucoup de peine à la distinguer. l/opinion d 't/n-* derwood est un peu exagérée : il pense que FHydroeéphale aiguë n’a pas encore été bien comprise , et qu’il est presque impossible d’être sûr qu’elle existe s sinon après la mort et l’ouverture du sujet. Camper a reproduit la même idée dans son mémoire de Hydro pum variarum indoîe : Ilydrocephalüm auiem çuomodè in adulto , nisi post mortem y cognosci possit , omninà non

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concipio\ il donne à entendre que le volume de la tête est pour lui le seul signe d’épanchement dans le cerveau. Gûndinet conclut aussi , d’après la solidité des sutures , qu’on ne peut avoir chez les adultes que des conjectures sur l’existence de l’Hydrocéphalite. M. Coindet nous dit encore , que telle est F obscurité profonde où F on est sur le diagnostic $ qu il ne connaît quun seul cas hors de doute , mais qui est très-rare ; c'est celui où , dans le cours de F Hydrocéphale , il y a augmentation de volume de la tête . Les ventricules peuvent d^ailleurs être eux-mêmes le siège de plusieurs maladies encore peu connues , et qui auront plusieurs symptômes communs avec l’Hydrocéplialite ; ce qui est d’autant plus grave , que plus la maladie a fait de progrès * moins le praticien doit se promettre de succès de l’emploi des moyens auxquels il aura recours. Cependant aujourd’hui , la maladie, mieux observée et mieux connue , ne laisse que rarement des doutes sur son existence. Je sais qu’il est des cas où elle pourra être simulée par une affection, et d’autres où elle pourra se déguiser sous des symptômes qui ne la font pas même soupçonner , mais les maladies les plus communes , les plus généralement traitées , ne sont - elles pas exposées aux mêmes anomalies? Eh ! combien de fois l’ouverture du cadavre n’a-t-elle pas démontré les ravages qu’une vaste et mortelle inflammation avait exercés sur le poumon , le foie , le péritoine, etc. , quoiqu’on eût été bien éloigné de la présumer pendant la vie ! Ne croyons plus que EHydrocéphalile n’a point de diagnostic certain parce que des cas rares en auront imposé aux hommes les plus habitués à la reconnaître. Le diagnostic ne laisse plus d’incertitude que pour • celui

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celui qui ne connaît pas la maladie ou qui ne veut, pas la connaître.- Je fais exception des circonstances où. les symptômes les plus insolites et les plus étrangers à l'affection induiront nécessairement en erreur ; elles ne sont ici pas plus fréquentes que pour les autres maladies. Dans l’enfance, l’Hydrocéphale aiguë sera toujours plus difficile à reconnaître , sur-tout dès le début, parce que l’enfant crie pour la moindre chose , et que souvent elle débute par les symptômes d’une fièvre vermineuse ou mésentérique : les convulsions , les déjections alvines vertes, ^assoupissement , sont ordinairement les seuls signes qui l’accompagnent : chez les adultes au contraire , le diagnostic est facile à établir ; la maladie ne s’écarte guère de la marche ordinaire.

Après avoir reconnu que la plupart des symptômes étaient communs à l’Hydrocéphale interne et aux vers , à la dentition et à d’autres causes irritantes* Folhergill établit le diognostic en ces termes : « Les douleurs des membres , le mai de tête continu et le vomissement me paroissent être les preuves les plus convaincantes du danger. Ils se manifestent bien dans d’autres maladies des enfans , mais jamais d’une manière aussi constante et aussi uniforme. » Cheyne convient que , malgré l’absence de signes certains , néanmoins leur ensemble annonce la maladie, sur-tout lorsque la douleur de tête et du ventre alterne avec une sorte de stupeur ou ddnsensibilité ; ces soupçons sont fortifiés parla grande irritabilité de l’estomac, qui amène le vomissement lorsque l’enfant se met 4ur son séant ou qu’il remue dans son lit , et par l’état

de coma vigil inquiétant où il tombe dans les momens de repos que lui laisse la violence du mal.

Si dès le début les signes vermineux ou gastriques peuvent mettre en défaut l’œil même le plus exercé, il n’en est pas de même à une époque plus avancée , lorsque la maladie a revêtu sa physionomie. Alors j’admets comme signes pathognomoniques et propres à faire établir un diagnostic aussi certain que possible, l’exis-’ tence à-peu-près simultanée de la plupart des symptômes que j’ai discutés: je signalerai sur-tout comme tels la douleur de tête et son alternative avec une autre douleur ou avec les vomissemens , ces vomissemens eux-mêmes et leur alternative , de même que les envies de vomir sans nausées , la constipation , l’impression fatigante de la lumière , puis la dilatation de la pupille , et le mouvement oscillatoire de l’iris , les cris hydrocéphaliques , le mouvement des mains à la tête, le strabisme, la lenteur extraordinaire ou l’irrégularité du pouls, enfin les convulsions variées qui ne manquent jamais de survenir. Le signe le plus propre à faire éviter toute méprise est cet habitus sur lequel a tant insisté Odier , et qui, pris isolément, peut encore devenir cause d’erreur, puisque M. Bri cheteau l’a vu exister de la manière la plus évidente , et cependant il n’y avait pas d’Hydrocéphalite

Voilà pour le genre. Les variétés se reconnaîtront à la prédominence des symptômes nerveux et convulsifs pour l’Hydroeéphalite nerveuse ; des symptômes fébriles et inflammatoires, pourl’Hydrocéphalite inflammatoire ; et des symptômes bilieux , pour l’Hydrocéphalite gastrique.

sur l’hydrôcephalite. io3

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